Marcotte Alimentation: Trois-Rivières perd 60 emplois

Une soixantaine de travailleurs de Marcotte Alimentation perdront... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Une soixantaine de travailleurs de Marcotte Alimentation perdront leur emploi en raison du transfert de la majorité des activités vers Saint-Nicolas.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Quatre mois seulement après avoir acquis l'entreprise Marcotte Alimentation de Trois-Rivières, le Groupe Colabor de Boucherville annonce le transfert de la majorité des activités vers Saint-Nicolas, entraînant ainsi la perte d'une soixantaine d'emplois dans la région.

Jean-Guy Ladrière, l'ancien propriétaire de Marcotte Alimentation, demeure... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Jean-Guy Ladrière, l'ancien propriétaire de Marcotte Alimentation, demeure propriétaire de l'entrepôt de Trois-Rivières. 

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Une tuile de plus s'abat sur l'économie de la région, pourtant représentée à Québec entièrement par des élus libéraux, dénonce le maire Yves Lévesque.

Les travailleurs ont appris la nouvelle lors d'une rencontre avec la direction qui s'est tenue mercredi à 15 h. Le Groupe Colabor affirme que le domaine de la distribution alimentaire est «compétitif et très féroce».

L'entrepôt de Saint-Nicolas, qui est plus moderne, plus gros et dont les congélateurs sont mieux adaptés, répondrait donc mieux aux besoins de l'entreprise. Les inventaires seront transférées vers Saint-Nicolas dès le 27 mars prochain, date où les travailleurs perdront leur emploi. Malgré la volonté de conserver les emplois à Trois-Rivières lors de l'acquisition de Marcotte Alimentation en septembre dernier, les plans ont changé.

«Nous avons une surcapacité au niveau de l'entreposage. Nous avions un choix à faire», explique le vice-président aux ressources humaines et aux communications de l'entreprise, Denis Desaulniers. 

La soixantaine de pertes d'emplois représente, selon la direction de l'entreprise, «le pire scénario envisageable». L'entreprise offrira la possibilité à des employés de déménager vers Saint-Nicolas en supportant certains frais et une firme en reclassement a été embauchée. 

Une vingtaine d'employés des services de la vente, de l'administration et de la livraison conserveront par contre leur emploi à Trois-Rivières. 

Le conseiller syndical des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC-FTQ), Mario Blanchette, ne croit pas que les employés seront nombreux à accepter de changer de région. «C'est très dramatique cette situation pour les travailleurs. Certains avaient plus de 30 ans de service. Mais nous avions anticipé le coup lorsque l'entreprise avait été vendue.»

Bien que le Groupe Colabor a acquis en septembre dernier Marcotte Alimentation, l'entrepôt demeure la propriété de Jean-Guy Ladrière, l'actuel président et directeur des bureaux de Trois-Rivières ainsi qu'ancien propriétaire de l'entreprise. Le Groupe Colabor a un bail de location du bâtiment valide jusqu'en septembre prochain.

M. Ladrière assure qu'il ne laissera pas son bâtiment vide. Il recherche présentement un client pour le louer. «L'entrepôt de 50 000 pieds carrés est un bel actif dans la région. Je veux avoir des projets. Je ne payerai pas les taxes et les assurances sur un bâtiment vide pendant bien des années.»

Lors de la vente de Marcotte Alimentation en septembre dernier, M. Ladrière affirmait que le nouvel acquéreur désirait conserver les emplois à Trois-Rivières. Il souligne toutefois que ça devenait de plus en plus difficile pour l'entreprise d'atteindre la rentabilité. 

«Pour avoir les contrats des grandes chaînes de restaurants ou hôtelières comme Delta, il faut obtenir les contrats pour l'ensemble du Canada», soutient-il en précisant que cela ne favorise que les très grandes entreprises dans le domaine.

Pour l'ancien propriétaire de Marcotte Alimentation, la perte en 2013 du contrat d'approvisionnement des hôpitaux et centres de soins longues durée de la Mauricie et du Centre-du-Québec, au profit d'un concurrent américain, a donné un dur coup à l'entreprise. La différence dans les soumissions entre Marcotte et l'entreprise américaine pour ce contrat de cinq ans de 7,5 millions $ par année n'était que de 35 000 $. La perte de ce contrat avait entraîné la suppression de 30 emplois à Trois-Rivières.

«Le gouvernement du Québec a donné le contrat aux Américains, qui ne créent pas un maudit emploi dans la place pour sauver 35 000 $», dénonce M. Ladrière. «Aujourd'hui, il y a [environ] 50 personnes au chômage de plus.» 

Le maire de Trois-Rivières déplore que les pertes d'emplois se multiplient dans sa ville, malgré que la région soit représentée à Québec que par des députés du parti au pouvoir. «Les citoyens de Trois-Rivières ont choisi de donner les trois comtés au Parti libéral. On s'attend à un retour. On veut voir les résultats, avoir une oreille attentive de la part du gouvernement. Après les coupes dans les organismes de développement économique, on a bien hâte de voir ce qu'Investissement Québec va faire pour la région», a affirmé le maire Yves Lévesque.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer