Quarante-sept pertes d'emplois chez Olin à Bécancour

Près d'une cinquantaine de travailleurs de l'usine Olin... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Près d'une cinquantaine de travailleurs de l'usine Olin ont appris hier matin qu'ils allaient perdre leur emploi à compter de février 2015. La raison est que l'entreprise refuse d'injecter 50 millions $ et préfère se tourner vers les États-Unis.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Une nouvelle tuile vient de tomber sur le tissu industriel de Bécancour. À deux semaines de Noël, près d'une cinquantaine de travailleurs de l'usine Olin ont appris vendredi matin qu'ils allaient perdre leur emploi à compter de février 2015. La raison? Les hauts dirigeants ont décidé de renoncer à la reconstruction de la partie endommagée par une explosion en juin dernier.

«C'est une journée difficile pour tout le monde», a commenté brièvement la directrice des ressources humaines, Lyne Robillard.

Si celle-ci n'était pas en mesure de départager le nombre précis de syndiqués et de cadres affectés par la nouvelle, le représentant national d'Unifor, Luc Deschênes, estime de «30 à 35» le nombre de membres, parmi les 47 mises à pied confirmées, qui seront touchés par cette rationalisation. «Il n'y a pas beaucoup de gens qui étaient près d'une retraite», a-t-il confié par rapport à d'éventuelles offres de départ.

Pourtant, à la fin du mois de septembre, le directeur régional des opérations canadiennes de Olin Canada, Pierre Ducharme, parlait de «signaux positifs» découlant de la visite des dirigeants de l'entreprise aux installations de Bécancour.

«La réponse finale du conseil d'administration devait venir en novembre. Mais au cours des dernières semaines, on sentait que l'optimisme baissait», avoue le porte-parole syndical.

On se souviendra qu'à la suite d'un arrêt non planifié dans la salle d'électrolyse, une explosion était survenue dans le circuit de chlore liquéfié à la reprise des opérations. Heureusement, aucun blessé et aucune perte de vie n'avaient été déploré à la suite de cet incident qui avait rapidement été maîtrisé.

«Même si la moitié de l'usine était fermée, nous avons gardé tous nos employés depuis le mois de juin, ce qui fut apprécié des représentants syndicaux», a tenu à souligner Mme Robillard tout en précisant que les licenciements s'étendront de la mi-février jusqu'à la fin novembre 2015.

Du côté du syndicat, on rappelle que trois scénarios étaient sur la table à la suite des événements de juin dernier: une reconstruction avec les technologies des années 80, une reconstruction avec une nouvelle technologie plus efficace et la non reconstruction.

Selon Luc Deschênes, la corporation a choisi d'investir ailleurs aux États-Unis pour se rapprocher des marchés. Les coûts du transport du chlore sur les voies ferrées ainsi que les tarifs d'électricité, pour lesquels des représentations avaient été initiées afin de les faire baisser, auraient découragé la haute direction à investir les 50 millions de dollars nécessaires à la reconstruction. «Ce n'est pas une question d'argent», soutient le porte-parole syndical, faisant allusion aux assurances de la compagnie.

Une enquête approfondie, menée en collaboration avec les experts dépêchés sur les lieux par le siège social de l'entreprise, aura permis de démontrer que l'explosion avait été causée par une concentration élevée d'hydrogène dans le chlore. La présence de l'hydrogène est normale dans le processus de production du chlore. Toutefois, les pratiques utilisées précédemment n'offraient pas un temps de réaction adéquat pour réagir efficacement, lors de la détection d'une concentration élevée d'hydrogène.

À la suite de ces constats, Olin a procédé à des modifications importantes: la procédure de redémarrage lors d'arrêt du processus de production a complètement été revue, de nouveaux équipements ont été installés afin de permettre en tout temps la réduction de la concentration d'hydrogène présent dans le chlore, le protocole de surveillance continue des concentrations d'hydrogène dans le chlore a été amélioré et une nouvelle procédure préventive prévoyant l'injection d'air de dilution a été adoptée pour maintenir la concentration d'hydrogène à un niveau sécuritaire.

Avec la fin de «l'usine Bécancour 1», le nombre d'employés chez Olin passera donc de 182 à 135 d'ici un an.

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