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Déjà 27 mises à pied à la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice

Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière... (Photo: archives Le Nouvelliste)

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Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Claude Dupuis se réjouit de constater que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs ne souhaite pas laisser dormir du bois qui peut créer de l'activité économique. Mais en attendant que cette volonté prenne forme un peu plus concrètement, le directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice a dû mettre à pied 27 travailleurs et si le gouvernement ne fait pas connaître avant les Fêtes le sort de la fibre non récoltée, 25 autres employés deviendront à risque.

M. Dupuis ronge son frein pendant que les fonctionnaires du ministère étudient la situation. L'arrêt des activités de l'usine Laurentide a déjà entraîné des pertes d'emplois prévisibles en forêt, qui auraient toutefois pu être annulées par un projet d'investissement de dix millions de dollars à la scierie de Rivière-aux-Rats de Produits forestiers Mauricie, propriétée de la coopérative et de Produits forestiers Résolu.

Pour réaliser cet investissement, la société en commandite doit toutefois obtenir un approvisionnement supplémentaire de 150 000 mètres cubes. Un volume qui pourrait être puisé à même le bois non récolté entre 2008 et 2013, qui s'élève à plus de deux millions de mètres cubes en Mauricie selon le Forestier en chef, dont 1 331 700 mètres cubes pour le sapin, l'épinette, le pin gris et le mélèze. La conjoncture économique défavorable explique ces surplus.

Produits forestiers Résolu compte aussi sur un volume de 100 000 mètres cubes promis par le gouvernement du Parti québécois en début d'année pour l'usine Laurentide, un approvisionnement qui n'a finalement jamais été livré.

M. Dupuis fait remarquer que des représentations sont faites aux députés et aux ministres depuis octobre, mais la décision se fait toujours attendre. Jusqu'ici, il a dû mettre à pied 27 travailleurs au sein des équipes de coupes, du transport, de la voirie et dans les bureaux. La baisse d'activités en forêt est durement ressentie.

«Pour nous, c'est cinq millions $ sur un chiffre d'affaires de 22 millions $. Je gratte les fonds de tiroirs ces temps-ci!», soupire M. Dupuis.

Comme la coopérative et PFR le martèlent depuis le début de l'automne, l'investissement à la scierie de Rivière-aux-Rats permettrait de créer une cinquantaine d'emplois à cette usine qui en compte déjà 125. De plus, les 27 mises à pied en forêt des dernières semaines pourraient être récupérées et les autres postes seraient sécurisés. À elle seule, la coopération emploie environ 150 travailleurs.

«Tant qu'on ne fait pas le projet de Rivière-aux-Rats, on n'a pas besoin de bois supplémentaire pour la troisième faction», explique M. Dupuis. «Et on ne coupe plus le bois qu'on faisait pour l'usine Laurentide.»

Les conséquences en terme de pertes d'emplois s'étendent jusqu'au camp forestier Vermillon de Produits forestiers Résolu, qui approvisionnait aussi l'usine Laurentide en plus de la scierie. Là aussi, une vingtaine de travailleurs en forêt ont été retournés à la maison.

À ce portrait s'ajoute l'incertitude qui touche d'autres employés dont les heures ont été réduites, une mesure qui frappe l'équivalent de 25 personnes sur une base annuelle à la coopérative. Du personnel à risque si la réflexion du gouvernement se poursuit au-delà des Fêtes.

«Nous avons rencontré Mme (Julie) Boulet à trois ou quatre reprises, nous avons rencontré le ministre (Laurent) Lessard à la fin octobre, nous avons rencontré les haut fonctionnaires pour leur signifier que nous avons vraiment besoin de ce volume de bois, nous faisons des appels à toutes les semaines; c'est presque du harcèlement!», explique M. Dupuis.

«Le bois est là, nous avons un projet de dix millions $... Quand entendez-vous parler d'investissements en forêt ces temps-ci? Nous voulons créer des emplois et on n'est pas capable de se mettre un pied devant l'autre! Ils regardent où est le bois. On se fait dire ça à chaque fois qu'on les appelle. Arrêtez de regarder et faites des actions!»

Avec l'hiver qui s'installe, M. Dupuis déplore que même si le gouvernement statuait au cours des prochains jours, les investissements ne pourraient venir avant le printemps.

«On perd encore un six ou sept mois d'opérations... alors que le bois est là!», s'étonne le dirigeant.

«Les politiciens doivent bouger. S'ils ne veulent pas donner le bois, qu'ils le disent! Il faut arrêter de faire poireauter les gens. Tout le monde est sur les nerfs, en forêt.»

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