Arrêt de l'aluminerie de RTA: une année en deçà des attentes

Les célèbres cheminées de l'aluminerie Rio Tinto Alcan... (Sylvain Mayer)

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Les célèbres cheminées de l'aluminerie Rio Tinto Alcan ont disparu du paysage de Shawinigan au cours de la dernière année et elles n'ont pas encore été remplacées. La cicatrice de FerroAtlántica n'est toujours pas guérie, mais Michel Angers demeure confiant de donner une seconde vie à cette vaste propriété industrielle.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Au-delà du vide bien légitime ressenti par la communauté shawiniganaise lors de l'arrêt de la dernière salle de cuves de l'aluminerie de Rio Tinto Alcan le 29 novembre 2013, le maire de Shawinigan pouvait se consoler à l'idée que les perspectives pour le site industriel lui apparaissaient fort prometteuses. Or, un an plus tard, la reconversion du site ne s'est pas déroulée tout à fait comme prévu.

Si on lui avait posé la question l'an dernier, Michel Angers aurait prédit la poursuite de l'exploitation du centre de coulée et l'arrivée d'une grosse usine qui remplacerait pratiquement tous les emplois perdus à l'aluminerie. Sotrem-Maltech a bel et bien pris le relais pour la fabrication de billettes, mais FerroAtlántica a finalement mis le cap sur Port-Cartier, semant la consternation dans un milieu qui avait tout misé à court terme sur la multinationale espagnole. 

Le plan A consistait à accueillir l'usine de silice et convaincre RTA de poursuivre les opérations du centre de coulée après le 31 décembre 2014, comme à Beauharnois. Mais le géant de l'aluminium a plutôt  décidé de trouver un repreneur spécialisé dans la transformation, comme le groupe Sotrem-Maltech. 

Parallèlement, le maire tenait à FerroAtlántica et à ses 300 emplois. En devançant d'un an l'arrêt des salles de cuves, Rio Tinto Alcan donnait à la multinationale espagnole un portrait clair du potentiel de reconversion du site, ce qui pouvait accélérer son implantation.

«Nous n'avons jamais travaillé sur d'autres dossiers que celui de FerroAtlántica», convient M. Angers. «On ne voulait pas discuter avec d'autres promoteurs potentiels quand on savait que FerroAtlántica nous fournissait de plus en plus de garanties comme quoi c'était le site qu'ils souhaitaient. On se disait qu'on remplirait le site au complet avec Sotrem et FerroAtlántica.»

Complications

À partir du printemps, les perspectives pour une reconversion rapide du site se sont assombries. Sotrem-Maltech se butait à de nombreux écueils, dont l'approvisionnement en eau brute, les tarifs d'électricité et les négociations d'une nouvelle convention collective qui confrontait les travailleurs à de douloureux compromis sur le fonds de retraite et les salaires.

Pierre Achim, directeur, Développement économique régional chez Rio Tinto Alcan, convient que le parcours de la dernière année a été parsemé d'embûches.

«Nous avions une date cible pour le mois d'août (pour la vente du centre de coulée)», explique-t-il. «Il y a eu de petits pépins à régler. Nous avions aussi la date butoir du 31 décembre 2014 et on est bien contents que ça se soit finalement bien terminé. C'était une transaction complexe, avec des négociations avec le syndicat et le gouvernement.»

Ces complications se digèrent mieux aujourd'hui, puisque le consortium Sotrem-Maltech et Pluri-Capital a pris possession du centre de coulée le 1er novembre pour créer Shawinigan aluminium. Mais en juin, le Groupe FerroAtlántica annonçait qu'il établirait finalement son usine de silicium à Port-Cartier, une bouchée qui est passée de travers.

«FerroAtlántica, ça aurait été un coup de circuit», convient M. Angers. «Nous remplacions presque la totalité des emplois de Rio Tinto Alcan par d'autres emplois industriels.  Je ne comprends pas encore pourquoi FerroAtlántica n'est pas ici, mais c'est comme ça.»

De passage à Shawinigan en début de semaine, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, ne doute pas que son Groupe tactique d'intervention économique accompagnera tout projet sérieux susceptible d'aboutir dans la partie de l'ancienne aluminerie.

«Quand il arrive un vrai projet, un gros projet, nous intervenons de la façon la plus appropriée», pointe-t-il. «Nous supporterons les projets viables, pas n'importe quoi. Il n'y a rien de pire que de mal ficeler un projet.»

M. Achim convient que même si tous les employés de Rio Tinto Alcan auront quitté le site après le 31 décembre, la multinationale n'abandonnera pas Shawinigan.

«Nous avons gardé une vingtaine d'employés pour le démantèlement des cuves», fait-il remarquer. «Après le 31 décembre, il va rester quelques cadres pour la gestion du site, dont les projets de démolition qui vont commencer à petite échelle. Pour le reste, on supporte la Ville de Shawinigan pour les projets de reconversion.»

«Rio Tinto Alcan me dit toujours la même chose», s'encourage le maire. «Ils vont décontaminer, démolir ce dont nous n'aurons pas besoin et ils nous céderons le site pour 1 $. Nous avons encore deux ou trois promoteurs dans la mire. Ça reste un site intéressant, avec 220 mégawatts qui entrent là.»

M. Angers rappelle que lors d'une visite en Europe en 2012, il a constaté que tous les sites industriels appartenant autrefois à Rio Tinto Alcan avaient été convertis. Ce qui lui laisse croire que même si cette première année sans aluminerie n'a pas rempli toutes les attentes, ce n'est que partie remise.

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