«On peut être solidaires et prospères», affirme Robert Dutton

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L'ancien président et chef de la direction de Rona, Robert Dutton.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) «N'attendez pas après le gouvernement. Faites un mapping des talents de la région et une planification stratégique. Il y a de la volonté, c'est la première étape. Vous avez un défi, mais aussi le loisir de vous réinventer. Dans dix ans, on pourra donner l'exemple du Centre-du-Québec et de Trois-Rivières».

Voilà l'un des nombreux messages laissés, mercredi, par l'ancien grand patron de Rona, Robert Dutton, à la quarantaine de membres de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec venus l'entendre au Club de golf Godefroy de Bécancour.

D'entrée de jeu, le conférencier du jour a rappelé que plus des trois quarts de l'économie québécoise relèvent du secteur privé. «Ça nous dit quoi pour l'avenir? Ça nous dit que notre succès, que le maintien de notre niveau de vie, est d'abord entre les mains de nos entrepreneurs. Et si nous sommes aujourd'hui devant ces choix difficiles, c'est parce que notre économie n'a pas généré assez de richesse pour payer l'intégralité des services que nous voulions. Or, le meilleur moyen de générer plus de richesse, c'est d'avoir plus d'entrepreneurs», a-t-il fait valoir.

Ensuite, M. Dutton a mis en évidence le fait que le Québec soit moins riche que les autres, son PIB par habitant le mettant dans le peloton de queue des 20 pays de l'OCDE.

«Si on faisait seulement rejoindre la moyenne canadienne, huit millions de personnes fois 7749 $, ce qui est l'écart entre le Québec et le Canada, notre économie grossirait d'un coup de plus de 60 milliards $. Imaginez-vous ce que ça représenterait en taxes et en impôts? On n'en aurait plus de déficit. On ne se casserait plus la tête avec le financement des universités. L'augmentation des coûts du système de santé nous ferait pas mal moins peur», affirme-t-il.

«Si nous étions plus riches collectivement, on ne serait pas en train de se demander où couper, mais on se demanderait où investir», renchérit M. Dutton.

Selon lui, cet écart de richesse entre le Québec et le Canada ne s'explique pas par ses mesures sociales car les pays scandinaves tels que la Suède, le Danemark et la Finlande démontrent «qu'on peut être solidaires et prospères». Et ce n'est pas non plus parce que les Québécois sont moins bons que les autres, avec les Bombardier et les Cirque du Soleil de ce monde, en plus d'être parmi les plus importants sur la planète dans les domaines de l'aluminium et du jeu vidéo.

«Ce n'est ni une affaire de talent, ni une affaire de savoir, ce n'est pas à cause de nos valeurs sociales, ce n'est pas par manque de ressources ni par manque de capitaux. Alors, qu'est-ce qui fait que le Québec n'atteint pas le niveau de prospérité qu'il devrait atteindre?», demande cet ambassadeur de la campagne pour la prospérité du Conseil du Patronat du Québec qui écarte aussi, comme raisons, la langue et la question nationale.

À son avis, le noeud du problème pourrait se situer dans le fait qu'un Québécois sur deux croit que les entreprises nuisent à la société, selon un sondage CROP réalisé il y a un an.

«Contre toute logique, il existe un fort courant de pensée selon lequel les entreprises sont des adversaires du bien commun. Des voix nombreuses opposent encore le secteur public et le secteur privé alors que ce sont pourtant des alliés. Au Québec, on entend aussi que les entreprises nuisent à l'environnement. Encore là, c'est une vision tronquée de la réalité», souligne M. Dutton.

Pour lui, «il est urgent de se redonner au Québec une envie collective de prospérité». Et la bonne nouvelle, dit-il, «c'est qu'on semble vouloir y arriver» avec un goût d'entreprendre plus élevé chez les jeunes Québécois que dans l'ensemble de la jeunesse canadienne.

«Il y a un lien direct entre la volonté d'entreprendre dans une société et tous les autres déterminants économiques: création d'emploi, élévation du niveau de vie, amélioration de la productivité», se plaît à énumérer celui qui a aussi traité de l'importance de la productivité, du défi de la main-d'oeuvre et de la question du transfert d'entreprise.

Finalement, cet entraîneur en résidence de l'École d'entrepreneurship de Beauce dit «rêver à des États généraux surl'entrepreneuriat au Québec» afin de favoriser des actions concertées.

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