Ventes d'actifs de GLV: un important actionnaire refuse des suggestions

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La Presse Canadienne
Montréal

Un important actionnaire du Groupe GLV n'adhère pas aux conclusions de deux cabinets-conseils qui suggèrent aux investisseurs de la société de se prononcer en faveur de la vente de la division des pâtes et papiers pour 65 millions $.

Alain Chung, gestionnaire de portefeuille chez la firme montréalaise Claret, a estimé lundi que l'entreprise a «acheté» des opinions pour justifier la vente d'un actif rentable à l'actuel président et chef de la direction de GLV, Richard Verreault, ainsi qu'à son fondateur et président directeur du conseil d'administration, Laurent Verreault.

«C'est facile d'acheter des opinions un peu partout pour dire que c'est bon. Je le vois comme ça», a-t-il dit au cours d'un entretien téléphonique.

À un peu plus d'un mois de l'assemblée extraordinaire des actionnaires de GLV, l'Institutional Shareholder Services et Glass Lewis suggèrent de voter en faveur de la transaction, notamment parce que l'entreprise n'a trouvé aucune proposition supérieure à l'offre actuelle.

Parmi les raisons évoquées par les cabinets-conseils pour recommander l'acceptation de la transaction, on note «l'inclusion d'une période de sollicitation (qui prend fin vendredi) permettant à l'entreprise de considérer une éventuelle proposition supérieure».

M. Chung, qui a l'intention de s'opposer à la transaction, croit au contraire que la famille Verreault devrait allonger entre 15 et 20 millions $ de plus pour mettre la main sur les activités de pâtes et papiers de GLV.

Si la transaction va de l'avant, la société montréalaise changera de nom pour adopter celui de sa filiale Ovivo, spécialisée dans le traitement des eaux.

Son siège social demeurera au Québec, une décision, qui, selon M. Chung, vise à obtenir l'appui de la Caisse de dépôt et placement du Québec et du Fonds de solidarité FTQ.

«Ce ne sont pas des institutions qui ont tendance à voter pour des raisons économiques, souligne-t-il. Je ne veux pas dire qu'ils ne votent pas pour des raisons économiques, (...) mais il y a toujours un aspect politique.»

Le gestionnaire de portefeuille rappelle que malgré la présence du siège social d'Ovivo au Québec, cette société n'a obtenu aucun contrat relié au traitement de l'eau dans la province.

Irrité par cette situation, M. Chung reproche à la direction de GLV de ne pas traiter les actionnaires comme des «partenaires» en vendant des activités rentables à la famille Verreault pour conserver une division qui éprouve des problèmes. «Ce n'est pas normal qu'une famille qui contrôle l'entreprise décide de racheter l'actif profitable de la société elle-même», fait valoir le gestionnaire de portefeuille chez Claret.

Dans la foulée de problèmes rencontrés dans le secteur du traitement des eaux, GLV a essuyé des pertes financières entre 2010 et 2012 en plus de voir son action dégringoler de près de 40 pour cent au cours de la dernière année. «Ils (la direction) devraient changer les actions à droit votant (...) pour ne pas qu'ils puissent continuer à contrôler la compagnie après avoir extrait ce qui rapportait de l'argent, dit M. Chung. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.»

M. Chung a déploré le silence des actionnaires mécontents, mais a espéré qu'ils voteront contre la proposition le 14 novembre. Il semble vouloir conserver ses actions, du moins pour le moment.

«J'attends et je vais voir comment les gens vont voter, explique-t-il. Ça donne un mauvais goût aux actionnaires des entreprises où il y a des actions de classe A et B. Il y en a plusieurs qui pensent être des citoyens de deuxième classe.»

En fin d'après-midi, à la Bourse de Toronto, le titre de GLV demeurait inchangé, à 2,30 $.

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