Stephen Harper annonce des baisses d'impôt pour les familles

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Stephen Harper

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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La Presse Canadienne

Le gouvernement conservateur avait prévenu qu'il réduirait les impôts, mais pas qu'il ratisserait aussi large. Le premier ministre Stephen Harper a annoncé jeudi une flopée d'allégements fiscaux destinés aux familles canadiennes.

On aurait pu jurer que la campagne électorale était déjà en branle au pays en ouvrant le téléviseur, jeudi après-midi. La mise en scène avait visiblement été réglée au quart de tour par les spécialistes en image du chef conservateur.

L'air détendu, M. Harper a d'abord conversé avec des familles assises à ses côtés, parlant sport avec l'un, blaguant avec l'autre, tout en prenant soin de mentionner au passage à des parents de jeunes sportifs que «de toute évidence», le programme de crédit d'impôt pour la condition physique des enfants les servait bien.

La table était mise. Il était temps de passer aux choses sérieuses: le premier ministre est monté sur scène à Vaughan, près de Toronto, avec un gigantesque drapeau canadien comme toile de fond, pour présenter les grandes lignes de son programme budgétaire.

Il a d'abord confirmé que son gouvernement allait de l'avant avec le fractionnement du revenu pour les familles - une mesure dont le bien-fondé est loin de faire l'unanimité et que le gouvernement appelle «baisse d'impôt pour les familles» dans son document d'information.

En vertu de cette formule, le conjoint au revenu plus élevé pourra attribuer jusqu'à 50 000 $ en revenu imposable au conjoint assujetti à un taux d'imposition inférieur aux fins de l'impôt fédéral, pour un bénéfice maximal de 2000 $.

Sourire aux lèvres, M. Harper a poursuivi en affirmant que son gouvernement bonifierait la prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE) en plus d'instaurer une PUGE pour une nouvelle catégorie d'âge.

Ottawa fait ainsi passer de 100 $ à 160 $ le montant de la prestation mensuelle pour les frais de garde pour les enfants âgés de moins de six ans et instaure une nouvelle prestation de 60 $ par mois pour les enfants de 6 à 17 ans, le tout à compter du 1er janvier 2015.

La PUGE majorée remplace le crédit d'impôt pour enfants actuel pour les années d'imposition 2015 et suivantes, a précisé le gouvernement dans un document d'information.

Enfin, le premier ministre a souligné qu'il augmentait de 1000 $ les montants maximaux qui peuvent être demandés au titre de la déduction pour frais de garde d'enfants, et ce, à compter de l'année d'imposition 2015.

Toutes ces mesures permettront à environ quatre millions de familles avec enfants de bénéficier d'un allégement fiscal totalisant 4,6 milliards $ annuellement, selon les calculs gouvernementaux.

Fractionnement du revenu

La formule de fractionnement présentée jeudi par les conservateurs semble être une version édulcorée de celle qui était dans les cartons au départ - il faut d'ailleurs s'attendre à une guerre de chiffres à ce chapitre au cours des prochaines semaines.

N'empêche, il y a fort à parier que les partis d'opposition prendront un malin plaisir à rappeler sur toutes les tribunes que l'ancien titulaire du ministère des Finances avait de sérieux doutes sur les bienfaits du fractionnement du revenu.

Jim Flaherty, qui est décédé en avril dernier, avait fait savoir quelques mois auparavant que personnellement, il préférerait utiliser les surplus budgétaires pour «rembourser la dette publique» et «réduire les impôts».

L'ancien grand argentier d'Ottawa avait rapidement été désavoué par le premier ministre Stephen Harper.

Contrairement au chef libéral Justin Trudeau, le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, refuse de dire si le Nouveau Parti démocratique (NPD) renverserait la mesure en cas de victoire électorale.

Il a soutenu jeudi que sa formation concentrerait plutôt ses énergies à «se battre contre M. Harper et sa manière d'augmenter l'inégalité dans notre société» - car à ses yeux, le gouvernement conservateur s'apprête à commettre «une erreur sociale».

M. Trudeau a déclaré au cours des dernières semaines qu'il avait l'intention d'annuler le fractionnement du revenu pour les couples avec enfants si les libéraux étaient portés au pouvoir lors de la prochaine élection, qui est prévue le 19 octobre 2015.

Il a écrit jeudi sur Twitter que les familles de la classe moyenne ne devraient pas payer davantage pour accorder un allégement fiscal de 2000 $ «à des familles comme celle de M. Harper ou la mienne».

Le fractionnement du revenu pour les couples ayant des enfants âgés de moins de 18 ans étant conçu comme un crédit fédéral non remboursable, il n'aurait pas d'incidence sur les revenus provinciaux, a spécifié le gouvernement.

Cette mesure privera le gouvernement fédéral de revenus fiscaux de 2,4 milliards $ pour l'année 2014-2015 et de 1,9 milliard $ l'année suivante, d'après les calculs du ministère des Finances.

La promesse d'instaurer le fractionnement du revenu pour les couples avec enfants - les aînés y ont droit depuis 2007 - remonte à la campagne électorale de 2011. Elle était conditionnelle à l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

Le premier ministre Harper a déclaré le 2 octobre dernier que le déficit du gouvernement fédéral pour son dernier exercice financier serait largement inférieur aux prévisions initiales.

Précédemment estimé à 16,6 milliards $, le déficit de l'exercice 2013-2014 devrait plutôt être d'environ 5,2 milliards $, a-t-il spécifié.

Le gouvernement pourrait faire une mise à jour économique qui s'apparenterait à un «mini-budget» pour faire le point sur l'état des finances publiques.

Peu d'appétit pour les baisses d'impôt

Selon un sondage rendu public le 19 octobre dernier par Radio-Canada, seule une minorité de Canadiens - soit 15,5 pour cent - estime que les surplus budgétaires qu'Ottawa a promis de dégager devraient être utilisés pour baisser les impôts.

La vaste majorité des répondants (43,8 pour cent) préconisait plutôt une hausse des transferts en santé et en éducation ou encore, dans une proportion de 30,4 pour cent, un remboursement de la dette.

Le coup de sonde réalisé en collaboration avec iPolitics a été effectué au téléphone et par Internet du 10 au 15 octobre 2014 auprès de 1671 Canadiens. À l'échelle nationale, il comporte une marge d'erreur de plus ou moins 2,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

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