Du bois contre des emplois

L'arrêt de production de l'usine représente un coup... (Émilie O'Connor)

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L'arrêt de production de l'usine représente un coup dur pour la région, mais son approvisionnement en bois annoncé par le gouvernement du Québec au début de l'année pourrait permettre un important investissement à La Tuque.

Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Produits forestiers Mauricie réclame au gouvernement du Québec un approvisionnement supplémentaire de 150 000 mètres cubes avant de confirmer un investissement de 10 millions $ et la création d'une cinquantaine d'emplois à la scierie de Rivière-aux-Rats.

Cette demande arrive au moment où le Forestier en chef vient d'annoncer une baisse de 4,5 % des possibilités forestières en Mauricie pour la période 2015-2018.

Alors que le niveau de récolte annuelle autorisé atteignait 4 163 500 mètres cubes pour la région depuis le 1er avril 2013, Gérard Szaraz vient de donner un avis pour établir plutôt ce volume à 3 977 500 mètres cubes pour les quatre prochaines années. Cette décision est notamment motivée par les ravages des feux à l'été 2010 et la mise en place de nouvelles aires protégées.

Dans ce contexte, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a décrété une baisse de 90 000 mètres cubes dans les garanties d'approvisionnement aux scieries de la Mauricie, ce qui correspond à une baisse de 6,8 %. Au même moment, PFM réclame une bonification de 38 % de son approvisionnement pour réaliser ses plans.

Pour la scierie de Rivière-aux-Rats, le salut pourrait venir, en partie, d'un volume de 100 000 mètres cubes annoncé par le gouvernement péquiste au début d'année pour l'usine Laurentide de Shawinigan, dont l'autorisation officielle ne s'est finalement jamais rendue jusqu'à Produits forestiers Résolu.

Concrètement, PFM réclame 150 000 mètres cubes, qui s'ajouteraient aux 396 000 mètres cubes déjà réservés annuellement pour cette scierie jusqu'en 2018, dans les essences de sapins, d'épinettes, de pins gris et de mélèzes.

Une réponse positive du gouvernement entraînerait des investissements totaux de dix millions de dollars sur une très courte période. L'ajout d'un troisième quart de travail et la création d'une cinquantaine d'emplois se retrouvent aussi dans la balance.

«C'est ce qui a été présenté au ministre», confirme Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut, l'un des commanditaires de PFM. «Ça représente huit millions $ à la scierie dans les séchoirs, la bouilloire, l'unité de rabotage et la ligne de sciage et près de deux millions $ en équipements roulants dans la cour.»

Amorcées depuis environ un mois, les discussions se sont poursuivies cette semaine avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

«Nous avons des échanges sur le volume, parce que l'un ne va pas sans l'autre», indique M. Dupuis. «Si on n'a pas de volume garanti, l'investissement ne se réalisera pas. On ne peut pas investir sans un minimum de bois garanti.»

Outre les 100 000 mètres cubes promis pour la papeterie Laurentide, les volumes de bois non récoltés pourraient permettre au gouvernement de satisfaire l'entreprise. Pour la Mauricie, on parle de 1 331 700 mètres cubes entre 2008 et 2013 dans les résineux. Dans son rapport, le Forestier en chef précise toutefois que seulement 399 300 mètres cubes peuvent être récoltés sans contrainte... toutes essences confondues.

«Des choses peuvent être possibles, mais le ministère doit aiguiller ça pour que ce soit acceptable pour tout le monde», s'encourage M. Dupuis. «On parle quand même de la création d'une cinquantaine d'emplois. À La Tuque, ce n'est pas rien!» La scierie emploie actuellement 125 personnes.

Produits forestiers Résolu, autre commanditaire de cette scierie, tient évidemment à cet investissement. Par contre, la fermeture définitive de l'usine Laurentide ne lui facilite pas la tâche dans ces discussions.

«À un moment donné, il faut arrêter la politicaillerie», suggère M. Dupuis. «Il y a Résolu, mais il y a aussi la coopérative, les gens du haut Saint-Maurice. Moi, je ne suis pas dans Laurentide, mais dans l'usine de Rivière-aux-Rats et en forêt. Je dois créer des emplois à La Tuque. Je dois consolider les activités de la coopérative.»

Le résultat de cette demande risque d'influencer fortement l'avenir à long terme de la scierie latuquoise.

Déjà, la fermeture de l'usine Laurentide a entraîné douze mises à pied chez des camionneurs et des employés assignés à la cour. L'entreprise emploie aussi 150 travailleurs en forêt, où les manoeuvres ont ralenti depuis la condamnation de la dernière papeterie shawiniganaise, sans conséquences fâcheuses sur la main-d'oeuvre pour le moment.

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