Usine laurentide: «les gens ont hâte de finir»

Les heures sont maintenant comptées à l'usine Laurentide,... (Émilie O'connor)

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Les heures sont maintenant comptées à l'usine Laurentide, où la production de papier cessera définitivement tôt lundi matin.

Émilie O'connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La dernière page de l'histoire de la production du papier au Centre-de-la-Mauricie sera tournée tôt lundi matin, à l'usine Laurentide.

Steeve St-Pierre, conseiller syndical chez Unifor.... (Émilie O'Connor) - image 1.0

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Steeve St-Pierre, conseiller syndical chez Unifor.

Émilie O'Connor

Les effectifs demeureront pratiquement intacts la semaine prochaine, mais à compter du 23 octobre, les départs se multiplieront rapidement. Le 10 novembre, il ne restera plus qu'une vingtaine des 275 travailleurs sonnés par la condamnation prononcée par Produits forestiers Résolu le 2 septembre dernier.

Dans une fin qui rappelle celle de la soeur jumelle Belgo au printemps 2008, les employés ont accompli leur boulot sans esclandre au cours des dernières semaines. Chacun d'eux a été filmé dans ses fonctions pour la réalisation d'un DVD souvenir, qui aura comme moment fort l'arrêt des activités de la machine no 11 lundi matin, à la fin du quart de travail de nuit.

«Les gens ont hâte de finir», soupire Francis Dupont, président du local 139 chez Unifor. «On s'en va sur le ménage et personne n'est motivé pour faire ça.» 

«Ça ne change pas beaucoup», renchérit Céline Pronovost, présidente du Syndicat des travailleurs du papier de la Mauricie à la CSN. «On vit des hauts et des bas.»

Cette semaine, les employés ont voté sur le protocole de fermeture chez Laurentide, qui a été adopté par une très forte majorité. Les représentants syndicaux sont notamment parvenus à obtenir l'intégration de trois travailleurs supplémentaires, à qui il ne manquait que quelques semaines afin de pouvoir bénéficier d'une période de transition de 24 mois avant de pouvoir toucher leur rente à 55 ans, qui comprend tout de même une pénalité de 18 % à cet âge. En tout, 81 personnes deviendront éligibles au régime de retraite au moment de la fermeture. Elles peuvent quitter sans pénalité à compter

de 57 ans.

Dans ces conditions, les travailleurs au début de la cinquantaine tenteront de compléter leur vie active dans le réseau afin de minimiser les pertes dans leur capital de retraite.

M. Dupont sait qu'une dizaine de travailleurs ont obtenu la confirmation d'un transfert dans une autre usine du groupe au Québec jusqu'ici.

L'un d'eux, au début de la cinquantaine, avait été embauché aux opérations à Baie-Comeau... avant que Produits forestiers Résolu annonce, le 3 octobre, la fermeture de deux des trois machines à papier de cette usine à la fin novembre et ce, pour une durée indéterminée.

«Il avait été engagé, mais on l'a rappelé pour lui annoncer la nouvelle», raconte M. Dupont. «Il sera embauché, mais il ne sait pas quand! Si ces deux machines ne repartent pas, il devra oublier ça.»

Rappelons qu'une cinquantaine de postes demandent à être pourvus chez Produits forestiers Résolu au Québec. Par contre, le contexte demeure difficile. 

Outre la nouvelle peu encourageante à Baie-Comeau, des arrêts de production de deux semaines ont été annoncés à Alma et d'un mois à Amos au cours des derniers jours.

Le sort réservé à Laurentide entraîne aussi un casse-tête à l'entreprise Comaintel, située tout près de la papeterie. Cette PME d'une douzaine d'employés spécialisée dans la fabrication de systèmes de contrôle industriels était approvisionnée par l'usine pour son chauffage à la vapeur, de même qu'en électricité. Le fondateur de l'entreprise, René Larivé, demeure toutefois confiant sur l'issue des négociations, compte tenu des excellentes relations entretenues avec la compagnie. Plusieurs avenues sont étudiées, dont l'acquisition du bâtiment.

«Il y a de la compréhension de la part des deux parties», assure M. Larivé. «On ne peut pas transférer les activités de notre entreprise ailleurs en un mois. Les négociations vont bon train.»

Fin digne

Autant les parties patronale que syndicales s'entendent sur la qualité du travail abattu par le personnel chez Laurentide au cours des dernières semaines, dans des circonstances peu réjouissantes.

«Les gens sont professionnels jusqu'à la dernière minute», se réjouit Steeve St-Pierre, conseiller syndical chez Unifor. «Le moral n'est pas à son plus haut, mais les gens agissent avec le plus grand professionnalisme. Ils font leur travail du mieux qu'ils peuvent malgré des circonstances pas évidentes.»

«Les travailleurs ont été professionnels, respectueux», insiste Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu. «Ils ont gardé la tête haute et ils ont fait leur travail jusqu'au bout. C'est remarquable de la façon dont ça se passe et on est très fiers de ça.»

Aucune activité particulière n'est prévue lundi pour souligner cette fin de production. Par contre, M. Blackburn s'attend à ce que la direction organise quelque chose au cours des deux prochaines semaines, alors que les effectifs seront maintenus presque intégralement.

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