Michel Angers est déçu du manque d'ouverture de Résolu

Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations... (Photo François Gervais)

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Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La toute première rencontre entre la direction de Produits forestiers Résolu et la Ville de Shawinigan depuis l'annonce de la fermeture de l'usine Laurentide ne s'est pas éternisée, vendredi matin à l'hôtel de ville. En 45 minutes, le maire et son équipe ont compris que la compagnie ne souhaitait pas participer à de grandes stratégies de reconversion du site et que le plus tôt qu'elle quitterait serait le mieux.

Pas question de céder la propriété pour une valeur nominale, ni de chauffer les installations au-delà du 10 novembre. Mais si la Ville possède une carte dans sa manche, qu'elle la dépose sur la table, résume Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez PFR. 

«On entend dire qu'ils ont plein de projets», soulève-t-il. «Soumettez-les! On ne veut pas nuire au développement économique de Shawinigan, ni causer des problèmes à la collectivité. Mais nous avons des responsabilités et nous allons les assumer.»

La multinationale laisse jusqu'au 31 décembre pour recevoir les projets. Après cette date, le site ira au plus offrant. Pas question de céder ces vastes installations pour 1 $.

«On n'est pas là du tout», tranche le porte-parole. «Pour l'entreprise, le site, le bâtiment et les équipements ont une valeur!»

M. Blackburn dissimule mal un certain agacement lorsqu'il entend le maire de Shawinigan déplorer un manque de sensibilité chez Produits forestiers Résolu. Encore après la rencontre vendredi matin, Michel Angers ne cachait pas ses états d'âme.

«Les gens de Résolu sont fidèles à eux-mêmes, c'est-à-dire aucune espèce d'ouverture sur quelque demande que ce soit du côté de la Ville de Shawinigan», déplore-t-il. «La fermeture est prévue lundi. Après, ils feront le nettoyage le plus rapidement possible, ils iront en appel d'offres le plus rapidement possible pour raser le site dans les plus brefs délais.»

«C'était assez difficile d'étirer la rencontre, compte tenu de leur niveau d'ouverture», laisse-t-il tomber. 

M. Blackburn comprend que Shawinigan traverse une période difficile, mais il souligne que la bonne foi de la compagnie ne doit pas être tournée en dérision pour autant.

«Nous avons toujours joué un rôle important dans la communauté», explique-t-il. «Nous avons payé des salaires de 45 $ l'heure. De plus, nous avons maintenu nos fonds de pension malgré la situation précaire que l'entreprise a traversée au cours des dernières années. Ça représente une injection de 30 millions de dollars par année en fonds de pension avec nos retraités à Shawinigan.»

«Depuis 2000, plus de 410 millions de dollars ont été versés à la communauté en salaires, en dépenses d'infrastructures, d'équipements ou en achat de matériel», ajoute M. Blackburn. «Je pense que nous avons assumé notre rôle de bon citoyen corporatif. C'est sûr qu'à partir du moment où nous devons annoncer une fermeture, personne ne peut se réjouir de cela. Mais de là à oublier tout ce qui a été fait dans le passé, c'est faire une histoire un peu courte.»

Du temps

Michel Angers aurait aimé bénéficier de plus de deux mois et demi pour développer un projet sur ce site. Le maire craint que le modèle de démantèlement chez Belgo soit transposé chez Laurentide si aucun projet de développement n'apparaît à court terme. 

«C'est un dossier unique», nuance M. Blackburn. «Ailleurs, ça s'est passé dans un laps de temps beaucoup plus court et le terrain est laissé en bon état. Ce n'est pas ce qu'on voit à la Belgo. Ce n'est pas chic, mais il ne faut pas faire croire à la population qu'il arrivera la même chose avec Laurentide. Les règles ont changé et c'est beaucoup plus sévère en matière d'environnement.»

Au cours des prochaines semaines, M. Angers reviendra néanmoins à la charge au gouvernement du Québec pour travailler sur la patience de la compagnie. L'approvisionnement supplémentaire de 100 000 mètres cubes accordé à PFR en 2014 pour l'usine Laurentide se retrouvera sans doute dans ces discussions, puisque la multinationale veut maintenir ce volume, notamment pour améliorer les perspectives de développement à la scierie de Rivière-aux-Rats.

Le syndicat Unifor sensibilise aussi les élus de la région à l'importance de ne pas précipiter le site vers une issue irréversible.

«Nous demandons la production d'une étude sur le potentiel résiduel de l'usine», mentionne Steeve Saint-Pierre, conseiller syndical chez Unifor. «Nous avons une expertise régionale, un site, une bonne machine à papier. Peut-il exister d'autres possibilités?»

M. St-Pierre endosse la persévérance du maire sur l'importance de maintenir les équipements en bon état.

«C'est sûr qu'il y aurait des dégâts irréparables si on ne maintient pas le chauffage et l'entretien», prédit-il.

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