La Tuque veut la première bioraffinerie forestière au Canada

Les membres de la délégation latuquoise sont revenus... (Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Les membres de la délégation latuquoise sont revenus très satisfaits de la mission économique en Europe. Sur la photo: Patrice Bergeron, directeur forestier et développement économique de la Ville de La Tuque, le maire Normand Beaudoin et le directeur général, Marco Lethiecq. Absent : Patrice Mangin, professeur et chercheur du Centre de recherche sur les matériaux cellulosiques de l'UQTR.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les membres de la délégation de la Ville de La Tuque étaient tout sourire, mercredi, alors qu'ils ont fait le point sur la mission économique eu Europe. Ils sont revenus très confiants de la Suède et de la Finlande où ils ont rencontré les leaders mondiaux dans le domaine du bioraffinage. Maintenant, La Tuque veut avoir la première bioraffinerie forestière commerciale au Canada d'ici 2023.

«Ils sont tellement avancés dans ce domaine. Ils sont des années en avance. Alors nous sommes allés vendre notre ville. On a un grand territoire. On a beaucoup de biomasse. On a un site presque parfait. Alors on leur a proposé de s'installer chez nous. On a rencontré plusieurs personnes. Ils étaient intéressés, mais surtout impressionnés par la quantité de biomasse disponible», soulignait d'entrée de jeu le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Cette mission économique a permis de faire connaître les projets de La Tuque dans le domaine et pourrait mener au développement de nouvelles entreprises en Haute-Mauricie.

«On a fait des rencontres préliminaires très fructueuses et on s'attend effectivement à ce que l'on nous rappelle et qu'on nous demande d'avoir d'autres contacts», a souligné le directeur forestier et développement économique de la municipalité, Patrice Bergeron.

D'ailleurs, des entreprises se seraient montrées fortement intéressées. Les membres de la délégation s'attendent même à voir des entreprises débarquer à La Tuque. Certaines compagnies auraient démontré de l'intérêt à venir voir de plus près. Selon le maire de La Tuque, la municipalité a tous les atoutsnécessaires pour un projet de bioraffinerie, soit la matière première, la proximité avec cette dernière, un site adapté et la volonté politique.

Lors de cette mission, la délégation latuquoise a véhiculé le même message en trois points. Premièrement, la biomasse est disponible en quantité suffisante sur le territoire latuquois pour assurer la rentabilité de plusieurs projets.

«Là-bas, ils n'ont pas la quantité de matière première comme celle disponible ici. Pouvoir garantir sur des longues périodes l'approvisionnement d'une usine de bioraffinerie comme ça, c'est la clé. La distance est aussi raisonnable parce qu'on sait que le plus gros coût de la biomasse c'est le transport. C'est pour ça, entre autres, qu'on est un endroit privilégié», a expliqué Patrice Bergeron.

Il y a également une volonté politique et régionale avec l'appui des gouvernements pour la réalisation de projets concrets. Puis, la délégation a aussi fait valoir que la Ville de La Tuque cherchait activement des partenaires et des investisseurs pour réaliser ses projets.

En plus de visiter des entreprises et des centres de recherche, la délégation latuquoise a présenté ses projets aux ambassades du Canada de Stockholm en Suède et Helsinki en Finlande, ainsi qu'aux gens d'Investissement Québec basés en Suède.

«Nous avons rencontré une trentaine de personnes qui travaillent au sein d'une quinzaine d'organisations ou d'entreprises différentes. Nous avons vécu une très belle expérience. Je reviens de là-bas confiant et la tête pleine d'idées. [...] C'est impressionnant de voir tout ce qu'ils font avec les résidus forestiers là-bas. Les gens que nous avons rencontrés ont compris que nous sommes sérieux dans nos démarches, ils ont démontré de l'ouverture à nous aider et certains sont intéressés par nos projets», a lancé M. Beaudoin.

Le principal projet queLa Tuque espère créer est celui d'une bioraffinerie capable de transformer et de rentabiliser les quelque 650 000 tonnes par année de résidus forestiers disponibles sur son territoire liés à l'exploitation forestière locale et régionale.

«Le projet d'exploitation des résidus forestiers proposé par Ville de La Tuque est certes l'un des plus pertinents projets de bioraffinerie que j'ai pu évaluer à travers le monde. La mission a montré que La Tuque possède de nombreux atouts qui intéressent les investisseurs et partenaires potentiels. La présence du maire, du directeur général et du directeur du développement forestier et économique de la municipalité a donné un message fort aux personnes que nous avons rencontrées. Le projet de La Tuque est réalisable et nous le réaliserons», a mentionné Patrice Mangin, professeur et chercheur du Centre de recherche sur les matériaux cellulosiques de l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui était lui aussi de la délégation de la Ville.

L'échéancier prévoit qu'un choix technologique devrait être fait en 2017 en fonction du meilleur marché. Le projet pourrait générer plusieurs emplois dans la région.

«On en a vu une usine construire en Finlande, alors on sait qu'un projet comme ça c'est réalisable. C'est un projet qui coûte entre 250 et 300 M$ d'investissement alors ça prend des partenaires majeurs et ça peut créer entre 250 et 300 emplois directs plus tous les emplois indirects», estime Marco Lethiecq, directeur général de la Ville de La Tuque.

«C'est un projet majeur, il faut prendre le temps de faire les analyses. [...] C'est un projet qui peut prendre entre 7 et 8 ans et c'est pour ça qu'on l'a appelé Vision La Tuque 2013», a-t-il conclu.

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