Oléoduc Énergie Est: les maires admettent leur impuissance

La mairesse de Batiscan, Sonya Auclair est de... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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La mairesse de Batiscan, Sonya Auclair est de ceux qui s'inquiètent du passage d'un oléoduc dans la région et qui traversera les terres de sa municipalité.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Batiscan) C'est mercredi soir, de 16 h à 20 h, qu'aura lieu au centre communautaire de Batiscan la séance d'information de TransCanada sur le projet de construction d'un oléoduc visant à transporter le pétrole provenant de l'ouest vers l'est du Canada.

Le mot «information» est ici important, car il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'une consultation. C'est bien cet aspect qui chiffonne parfois les maires concernés de la Mauricie qui tous, les uns après les autres, ont dû adopter une résolution en rapport avec ce projet, tout en avouant leur impuissance à l'empêcher malgré leur inquiétude.

La dernière résolution du genre a précisément été adoptée par Batiscan, lundi soir dernier, une des rares municipalités de la région, avec Charette, à avoir joint en avril dernier la région de la Gaspésie dans sa lutte contre les pétrolières, via le Fonds intermunicipal de défense de l'eau, dit de Saint-Bonaventure. Batiscan acceptait ainsi de contribuer monétairement à raison d'un dollar per capita, soit un peu moins de 1000 $. Le but de la création de ce fonds commun était de doter les municipalités d'outils juridiques pour la défense de la source d'eau potable de leur territoire respectif.

Tout en avouant son inquiétude et son impuissance face à ce projet, la mairesse Sonya Auclair a tout de même tenu à ce que son conseil soumette à la Commission du territoire agricole une résolution par laquelle il l'informe que la demande d'Oléoduc Énergie Est n'est pas conforme à ses règlements d'urbanisme, plus particulièrement à l'un de ses règlements de zonage et donc qu'en principe, on ne peut utiliser à une fin autre qu'agricole une partie des terrains regroupant 69 parties du lot visé par la compagnie pétrolière, le long de l'autoroute 40.

«Notre résolution ressemble beaucoup à celle que la Ville de Trois-Rivières a adoptée, note Mme Auclair. On s'est dit que si on n'a d'autres choix que de le permettre, au moins on le dénoncerait en même temps par une résolution qui dit que, non, ils ne respectent pas nos règlements de zonage, et qu'on est conscients qu'on ne peut l'empêcher parce qu'on sait tous que le gouvernement est en faveur.»

Du côté de Trois-Rivières, le maire Yves Lévesque a confié qu'il n'avait pas grand-chose à ajouter au contenu de la résolution adoptée en son absence le mois dernier et par laquelle la Ville signalait effectivement que la construction, l'exploitation et l'entretien d'un oléoduc allaient à l'encontre de sa réglementation... tout en faisant remarquer qu'un tel projet ne relevait pas de ses compétences.

«Comme on dit, l'élément décisionnel, ce n'est pas les municipalités, remarque le maire Lévesque. Ça relève du fédéral et il y a des gens qui sont là pour surveiller que ça se fasse correctement. Le transport par oléoduc, c'est moins dangereux que du transport ferroviaire. Dans toute chose, il y a des aspects dangereux, mais si on ne prend pas de risque, on fait rien. Ce sont des risques calculés», conclut-il.

Par ailleurs, soulignons qu'en juillet dernier, le conseil de Sainte-Anne-de-la-Pérade adoptait une résolution autorisant le projet sur son territoire. On y lit que la Municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade appuie la demande «puisqu'il n'y aura aucun effet sur la protection des terres agricoles du secteur et qu'elle respecte la réglementation de la municipalité, de son plan d'urbanisme et l'homogénéité du territoire ainsi que le schéma d'aménagement de la MRC des Chenaux.

Du côté de Yamachiche, le maire Michel Isabelle suit ce dossier avec intérêt, lui qui a déjà participé à quelques séances d'information sur le sujet, mais doute qu'il y aura foule à Maskinongé le 9 octobre, alors que Trans Canada y tiendra une autre séance d'information, précisément parce que les gens, dont lui-même ont été plutôt rassurés et que l'expérience passée avec le gazoduc s'est avérée assez concluante.

«Ce ne sont pas les premières rencontres. Il y en a eu une autre, il y a 7 ou 8 mois, dont une à Yamachiche, où on a présenté un tracé préliminaire. Il y en a eu une aussi l'hiver dernier, initiée par notre députée Ruth Ellen Brosseau, pour les municipalités concernées dans Maskinongé. Vous savez, on ne peut pas encore se passer de pétrole. La compagnie semble suivre le même tracé que le gazoduc. Et si on se fie à ce qui s'est passé avec le gazoduc, ils ont suivi les règles de l'art. On a protégé le sol arabe pour le remettre en surface et on s'est occupé du drainage. Ça n'a pas causé vraiment de problèmes.»

Le maire de Yamachiche rappelle qu'il n'y a pas eu de mouvement de masse dans sa municipalité et qu'il serait donc surpris qu'il y en ait un à Maskinongé. «Peut-être qu'on va nous annoncer le tracé définitif et nous donner des dates. Pour nous, le monde municipal, et pour le monde agricole dont je fais partie, ce qui est un peu inquiétant, c'est que le projet est de juridiction fédérale et que la Commission de protection du territoire agricole n'a pas juridiction.»

Rappelons que la rencontre qui aura lieu jeudi, à Maskinongé se déroulera au centre communautaire de la rue Marcel, de 16 h à 20 h.

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