L'économie verte a du plomb dans l'aile

Steven Guilbeault, porte-parole de SWITCH et Donald Angers... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Steven Guilbeault, porte-parole de SWITCH et Donald Angers du C3E.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'économie verte ne demande qu'à prendre son envol, mais les obstacles pour y parvenir sont nombreux: guerres de pouvoir menées par les fonctionnaires, manque de ressources pour mettre les idées en oeuvre, manque de sensibilité de la part du public, mode de distribution de l'aide financière inadéquat et manque de flexibilité des programmes gouvernementaux.

C'est ce qui est ressorti, en résumé, d'un entretien de 90 minutes entre une vingtaine d'intervenants régionaux et deux représentants de l'Alliance pour une économie verte au Québec (SWITCH) qui étaient de passage à Shawinigan, mardi, pour amorcer une tournée de consultation provinciale.

Autour de la table, quelques entreprises de la Mauricie, des organismes de développement comme le CLD et le CNETE, des organismes de recherche, des caisses populaires, la Chambre de commerce et le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Représentée par Steven Guilbeault, d'Équiterre et Denis Leclerc, président et chef de la direction d'Échotech Québec, SWITCH est venue entendre les participants, mais aussi présenter les objectifs de ses cinq comités de travail.

Le comité «Marché public», propose la création d'une politique cadre obligatoire sur les achats responsables pour les organisations gouvernementales. Le comité «Main-d'oeuvre» vise la création de programmes de formation sur la question de l'économie verte. Le comité «Innovation sociale», se veut un forum de leaders de l'économie verte et de l'environnement.

Le comité «Levier financier» entend créer des réseaux afin d'accélérer l'émergence des entreprises globales dans le secteur des technologies propres et la création de crédits d'impôt pour la commercialisation des innovations. Finalement, le comité «Écofiscalité» souhaite une réforme de la fiscalité afin de renforcer l'expertise en écofiscalité qui est à peu près absente, présentement.

Les participants se sont montrés intéressés à brasser les cartes et même à donner un coup d'épaule à la roue. La libre discussion qui a suivi la présentation des objectifs de SWITCH a d'ailleurs donné l'occasion aux participants de se vider un peu le coeur face aux nombreuses frustrations vécues dans le cadre de leurs tentatives de faire émerger des innovations vertes en Mauricie.

Les participants en avaient long à dire, en particulier, sur les difficultés à faire bouger les fonctionnaires. Obtenir des certifications pour des essais et des projets-pilotes, par exemple, peut prendre des années, a illustré Nancy Déziel, directrice générale du CNETE. Des projets sont carrément morts dans l'oeuf pour cette raison.

Les subventions aux centres de liaison et de transfert et aux incubateurs virtuels ont fondu comme neige au soleil. Même les crédits d'impôt ont été revus à la baisse, autant d'irritants qui inquiètent les organismes d'aide à l'innovation.

Les participants estiment qu'il faut rapprocher la fonction publique de la réalité. Il est très difficile de trouver, par exemple, des experts pour évaluer le potentiel de commercialisation d'une innovation.

Ils étaient plusieurs, aussi, à en avoir long à dire contre le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Certains ont dit qu'ils se retenaient même de dire tout ce qu'ils en pensaient parce qu'il y avait des médias dans la salle.

Les fonctionnaires du MDDEP ont quand même été qualifiés de «gens de pouvoir» qui tuent les initiatives. Le ministère, lui, a été pointé du doigt parce qu'il «n'a pas de culture de développement» et qu'il «n'est bon qu'à trouver des fautes.»

À la défense du ministère, toutefois, Steven Guilbeault a vanté le Fonds vert. Pour la coordonnatrice du développement durable à Shawinigan, Jeanne Charbonneau, toutefois, le Fonds vert est «difficile d'accès et extrêmement politique». L'innovation se trouve donc immobilisée par la succession d'élections au Québec presque chaque année, dit-elle.

Les gouvernements qui se succèdent n'ont pas le souci, non plus, de respecter les compétences des régions. Ces dernières s'en trouvent inutilement dédoublées ailleurs alors que l'argent est rare, a déploré Donald Angers du C3E de Shawinigan.

Les participants de la Mauricie ont été invités à se joindre aux divers comités mis en place par SWITCH.

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