Offre hôtelière à Trois-Rivières: condamnée aux ligues mineures

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Pour le moment, avec un taux d'occupation moyen de 52 %, la ville ne possède tout simplement pas assez de chambres pour offrir l'hospitalité à plus de  congressistes de front.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À l'approche des grands événements estivaux - comme le Grand Prix de Trois-Rivières et le Festival de l'Assomption - qui saturent momentanément les lieux d'hébergement de la région, certains appellent de leurs voeux la construction d'un nouvel hôtel de luxe afin d'attirer des activités d'envergure et ainsi mettre la cité de Laviolette sur la carte nationale des rencontres corporatives.

Car malgré le boum touristique propre à l'été, c'est d'abord par la tenue de réunions corporatives d'importance que Trois-Rivières pourrait se détacher du lot et faire rouler son économie hôtelière à l'année. Sa situation géographique centrale en ferait une destination privilégiée pour les compagnies et organisations qui souhaitent planifier un congrès.

Dans l'immédiat, avec un taux d'occupation moyen de 52 %, la ville est reléguée aux ligues mineures, car elle ne possède tout simplement pas assez de chambres pour offrir l'hospitalité à plus de 600 congressistes de front.

«Nous sommes limités dans la grandeur des événements qu'on peut recevoir. Pour une ville comme Trois-Rivières, nous avons un beau centre des congrès mais, dans certains cas, avoir plus de chambres de qualité quatre étoiles au centre-ville aiderait. La venue d'un nouvel hôtel serait positive pour Trois-Rivières, sachant qu'il y a ici un énorme marché de congrès», avoue Martin Gilbert, directeur général de l'hôtel Delta.

Un point de vue embrassé par Tourisme Trois-Rivières. Selon la directrice de l'organisme, Yolaine Masse, plusieurs événements de calibre national ne peuvent tout bonnement pas se dérouler à Trois-Rivières faute de place où héberger leurs membres. Indépendamment des campings et des chambrettes universitaires, la ville compte un peu plus de 1000 chambres disponibles par soir.

«On ne peut pas accueillir certains événements parce que les hôtels sont déjà complets. Par exemple, dans les mois de septembre et octobre, c'est difficile de trouver des disponibilités sur semaine. À la base, ce sont les congrès qui génèrent le plus de retombées à Trois-Rivières et non les événements estivaux comme le Grand Prix», souligne Mme Masse.

Grosso modo, entre les mois de mai à octobre, le taux d'occupation dans les hôtels trifluviens se ventile comme suit: 40-45 % pour la clientèle corporative et les congressistes, 5-10 % pour les amateurs sportifs, 10-15 % pour les circuits en autocar et 35-40 % pour les touristes participant aux activités événementielles.

«En dehors du Grand Prix, ça arrive plus souvent qu'avant qu'il n'y ait plus de chambres de disponibles dans la région. Trois-Rivières est de plus en plus populaire. Tourisme Trois-Rivières travaille fort pour en faire une ville très appréciée par les compagnies», se réjouit France Carpentier, directrice générale de l'hôtel Gouverneur.

«Un événement comme le Grand Prix, c'est très ponctuel, ça arrive une fois par année, ça ne dure qu'une fin de semaine. Ce n'est donc pas avec ce genre d'événement qu'on boucle notre chiffre d'affaires. Sur une base annuelle, c'est le milieu des congrès qui est le plus important», renchérit Francine Bouffard, directrice des ventes de l'Auberge Godefroy.

Y aurait-il donc de la place entre Québec et Montréal pour déposer la première pierre d'une nouvelle chaîne hôtelière? De l'avis de Tourisme Trois-Rivières, la réponse est claire comme le jour.

«Si on a un nouvel établissement hôtelier, on va être en mesure d'aller chercher d'autres types d'événements qu'on n'est pas en mesure d'aller chercher actuellement. Il y a un marché pour le milieu corporatif à Trois-Rivières», conclut Mme Masse.

Le promoteur immobilier Jean-Claude Fortin abonde dans le même sens, à quelques bémols près.

Pour lui, un hôtel pris isolément n'est pas viable à Trois-Rivières. S'il ne veut pas trop préciser pour le moment les projets esquissés sur sa table à dessin, M. Fortin assure avoir en mains des études de marché qui détaillent les caractéristiques indispensables à la rentabilité d'un nouvel établissement hôtelier.

La proximité du centre-ville et d'une voie d'eau comme le fleuve Saint-Laurent est une première condition sine qua non.

Qui plus est, l'hôtel devrait obligatoirement se greffer au coeur d'un site récréotouristique, par exemple un centre de foire ou un centre des congrès.

«Si je fais juste un hôtel, c'est impossible de le rentabiliser. Un hôtel seul ne peut pas survivre. Toutes nos études démontrent que ce n'est pas possible. Qui plus est, il faut que le centre récréotouristique soit impérativement situé au centre-ville, près du night life. Quatre-vingt-deux pour cent de nos études le prouvent», soutient M. Fortin.

Le hic, selon le promoteur, c'est que les espaces commerciaux vacants au centre-ville de Trois-Rivières sont de véritables merles blancs. «Bien que...», laisse-t-il tomber à la dérobée.

Non vacant pour le Grand Prix

À l'aube de la 45e édition du Grand Prix de Trois-Rivières, les amateurs de grosses cylindrées auront du mal à se dénicher une chambre dans les hôtels de la région. À l'hôtel Delta, la quasi totalité des places disponibles ont déjà trouvé preneur, tandis qu'à l'Auberge Godefroy de Bécancour, il restait seulement deux chambres lundi dernier. Idem pour l'hôtel Gouverneur.

La nouvelle série FIA World RallycrossRX est particulièrement bénéfique pour les hôteliers, car la course s'inscrit dans le cadre d'un circuit international.

Des écuries de Russie, de Suède, des États-Unis, de Lettonie, de Norvège, de Pologne, de France, de Grande-Bretagne, de Belgique, de Finlande et d'Irlande sont attendues, traînant dans leur sillage autant de partisans susceptibles d'occuper la région sur une plus longue période.

«La plupart des équipes sont déjà arrivées à Trois-Rivières. Ce sont tous des gens qui couchent dans les hôtels. Comme c'est leur seule présence en Amérique du Nord cette année, ils attirent beaucoup de touristes des États-Unis et de l'Ouest canadien», souligne David Cossette, directeur général adjoint du Grand Prix.

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