Trop de billets de faveurs?

L'Amphithéâtre Cogeco... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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L'Amphithéâtre Cogeco

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Les élus municipaux de Trois-Rivières reçoivent-ils trop de billets de faveur lors de la présentation de spectacles à l'Amphithéâtre Cogeco? C'est la question que se pose le directeur général de l'Institut sur la gouvernance, Michel Nadeau.

Chaque année, les élus municipaux doivent déclarer les dons, marques d'hospitalité ou autres avantages reçus au cours de l'année dont la valeur pourrait excéder 200 $. Ce registre pour l'année 2016 a été produit et déposé au conseil municipal le 19 décembre dernier.

En le consultant, on constate qu'une grande majorité des conseillers municipaux ont déclaré avoir reçu chacun huit billets de faveur pour le spectacle Tout écartillé en hommage à Robert Charlebois, produit par le Cirque du Soleil. La valeur de ces billets de faveur a été estimée par certains à 754 $ pour les huit billets.

Dans le cas du maire Yves Lévesque, le registre indique qu'il a reçu six billets de faveur pour le spectacle hommage à Robert Charlebois en 2016. En 2015, il avait reçu dix billets de faveur pour le spectacle en hommage à Beau Dommage, alors que la majorité des conseillers municipaux ont déclaré une nouvelle fois avoir reçu huit billets de faveur pour ce premier opus du Cirque du Soleil à Trois-Rivières.

Pour Michel Nadeau, directeur général de l'Institut de la gouvernance, le nombre de billets de faveur distribué est discutable.

«À mon avis, les élus ont un travail de représentation à faire et ont un devoir de présence. C'est donc normal qu'ils reçoivent des billets de faveur. Par contre, il faut y aller avec modération. Quand on commence à parler de huit billets ou dix billets, ça commence à faire beaucoup.

Normalement, on devrait penser à une paire de billets, pour y assister avec son conjoint ou sa conjointe. Mais il ne faut pas qu'on en profite pour amener sa gang ou, encore, distribuer des billets gratuits et se faire du capital politique», indique Michel Nadeau, ajoutant que ça peut laisser une drôle d'impression pour le public.

Selon lui, la modération a bien meilleur goût. «Les élus doivent être présents à ces activités. Ça fait partie de leur travail. Mais ils doivent aussi se donner un devoir de réserve. Ils peuvent rappeler leur présence et leur implication, mais avec modération», croit M. Nadeau. 

Ce dernier ne remet toutefois pas en question que les élus reçoivent des billets de faveur de la part de corporation ou d'organisations financées par la Ville et pour lesquels ils auront, au moins une fois par année, à se prononcer sur le budget octroyé par la Ville.

Outre la Corporation des événements, les plus grands donateurs de billets que l'on retrouve dans ce registre sont le Festivoix de Trois-Rivières et le Grand Prix de Trois-Rivières, deux événements qui reçoivent une importante contribution financière de la Ville.

Pour le maire Yves Lévesque, il n'y a pas lieu de crier au scandale. 

«Ce n'est pas comme si c'était caché ou qu'il y avait du favoritisme. Nous devons déclarer ces dons et en faire mention publiquement au conseil chaque année. C'est ce que nous avons fait et que nous faisons toujours à la fin de l'année. Ce n'est pas caché, c'est public. Alors je ne vois pas où est le problème», a-t-il indiqué au Nouvelliste.

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