La mosquée de Trois-Rivières possiblement relocalisée

La mosquée de Trois-Rivières, où les témoignages affluent... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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La mosquée de Trois-Rivières, où les témoignages affluent depuis les tristes événements survenus à Québec, pourrait bien déménager dans un avenir rapproché.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Des négociations sont présentement en cours entre la Ville de Trois-Rivières et les représentants du Centre culturel islamique de la Mauricie afin de pouvoir relocaliser la mosquée de Trois-Rivières, qui se trouve actuellement sur le boulevard des Forges. C'est que l'endroit est devenu trop petit pour pouvoir accommoder tous les fidèles qui souhaitent s'y rendre.

Le premier scénario envisagé par la communauté musulmane de Trois-Rivières était d'agrandir le bâtiment qu'elle occupe depuis plus de 30 ans maintenant. Elle s'est cependant vu refuser par la Ville le permis nécessaire afin d'effectuer ces travaux.

Le porte-parole du Centre culturel islamique de la Mauricie, Malik Hammadouche, confirme que son organisation discute présentement avec les représentants du département de l'urbanisme de la Ville afin de trouver une solution pour remédier au problème de manque d'espace.

Toujours selon M. Hammadouche, le local actuel est trop petit pour la tenue de certains événements rassembleurs, notamment des fêtes religieuses très prisées par les musulmans. Les organisateurs doivent alors louer des locaux pouvant accueillir plus de monde.

«La Ville nous a demandé certaines choses, mais nous, nous faisons tout simplement valoir nos droits. Cette mosquée est là depuis environ 32 ans et c'est bien connu de tout le monde. Comme la Ville a refusé notre demande d'agrandissement qui a été faite en juillet, nous avons dû nous retourner de bord.

Nous nous sommes donc questionnés à savoir si nous devions insister pour obtenir le droit d'agrandir, si nous étions mieux de nous relocaliser ailleurs ou de construire un nouvel immeuble. Mais il va falloir que ça respecte des critères précis. Comme on est déjà dans la ville, on ne veut pas se retrouver dans un champ ou un parc industriel. [...] On est en train de voir ça avec la Ville», explique M. Hammadouche.

Selon le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant, le règlement municipal ne permet pas que le bâtiment soit agrandi.

«Ça ne respectait pas les normes pour ce bâtiment-là alors en vertu des règlements municipaux, nous n'avons pas pu approuver leur demande. Toutefois, nous nous sommes offerts pour les accompagner afin de trouver un endroit où ils pourraient se relocaliser, et ils ont accepté notre proposition», indique M. Toutant.

Dans un monde idéal, la mosquée devrait être relocalisée non loin de son emplacement actuel, afin de demeurer à une distance raisonnable de l'université, où se retrouve une grande concentration d'étudiants de confession musulmane qui aiment pouvoir venir à pied à la mosquée lors des prières.

Afin de s'assurer que tout soit fait dans les règles de l'art, chaque partie a mandaté un procureur pour l'accompagner dans ces discussions. Le porte-parole de la Ville assure qu'aucun conflit n'est à l'origine de cette décision et que les discussions sont cordiales. Même son de cloche du côté de M. Hammadouche, qui laisse tout de même sous-entendre que le ton pourrait changer si les parties ne trouvent pas prochainement un terrain d'entente.

«Nous suivons les rouages réguliers pour l'instant. Mais il y a des choses que nous n'acceptons pas. Tout ce que l'on veut, c'est qu'on respecte nos droits. En face de notre modeste mosquée, il y a une grosse église. Alors ce qui est bon pour minou est bon pour pitou. Nous espérons que les discussions suffisent. Nous faisons preuve de collaboration et d'ouverture présentement, car nous voulons garder de bonnes relations», déclare M. Hammadouche.

«Tout le monde veut trouver une solution en ce moment, et on travaille tous dans le même sens pour y arriver», affirme quant à lui Yvan Toutant.

L'élan de solidarité continue

Dans un autre ordre d'idées, les témoignages de solidarité relativement au drame qui s'est produit à Québec continuent d'affluer à la mosquée trifluvienne. Selon M. Hammadouche, le téléphone ne dérougit pas et plusieurs membres de sa communauté ont reçu personnellement des messages de soutien. Il a lui-même été très touché par les bons mots qu'ont eus ses collègues de travail à son égard au cours des derniers jours.

«Ça n'arrête pas. C'est touchant. On sent que les gens sont proches de nous. [...] Je dirais presque malheureusement, ce malheur-là est en train de nous réconcilier et de faire de nous un seul peuple. Mais c'est attristant de dire cela pour les gens qui ont vécu ce drame», laisse-t-il tomber.

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