Lourd climat au bureau municipal de Saint-Boniface

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Au centre, Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN, s'adressant à quelques militants avant la séance du conseil municipal de Saint-Boniface, mardi soir.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Boniface) Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs municipaux de Saint-Boniface (CSN) dénoncent vivement le climat qui s'est installé cette année, malgré la signature d'une convention collective longuement négociée en janvier dernier.

Appuyés de plusieurs collègues de municipalités environnantes, ils ont fait savoir leur mécontentement aux élus lors de l'assemblée publique régulière de mardi soir.

Le ton est demeuré très courtois à la période de questions, malgré un degré d'inflammabilité assez élevé dans la salle. En fait, neuf mois après la signature d'un contrat de travail qui prendra fin le 31 décembre 2018, pas moins de 57 griefs ont été déposés, qui impliquent dix des dix-huit syndiqués. Un 58e impliquant un 11e employé sera déposé la semaine prochaine.

Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec à la CSN, ne se souvient pas d'avoir vécu pareil climat quelques mois seulement après l'entrée en vigueur d'une nouvelle convention collective.

Selon lui, le nombre de griefs déposés à Saint-Boniface représente plus du double du total de ceux signifiés dans la vingtaine de municipalités où la CSN représente des employés municipaux ou paramunicipaux dans la région.

«Ce qu'on demande aux élus de Saint-Boniface, c'est de respecter leur signature», commente-t-il. «Des griefs sont en lien avec des primes ou des congés fériés qui ne sont pas payées, le climat de travail, du harcèlement. Nous demandons à l'employeur de jaser avec les gens plutôt que d'intervenir à coup de mesures disciplinaires.»

Céline Lemay, présidente du syndicat local, souligne que ses membres n'ont vécu aucune période d'accalmie après la signature de la convention en vigueur. La précédente était échue depuis le 31 décembre 2013 et les dernières négociations, très pénibles, ont visiblement laissé des traces.

«Au quotidien, les gens sont de plus en plus stressés, angoissés», remarque-t-elle. «Ils sont inquiets pour leur sécurité au travail, puisque nous avons eu des départs au cours des dernières années. L'employeur fait cavalier seul; il nous ignore.»

Les syndiqués se sont arrangés pour ne pas passer inaperçus mardi soir. La salle du conseil était remplie d'une cinquantaine de personnes, la moitié environ pour appuyer les revendications des travailleurs.

La Fédération des employées et employés des services publics (CSN) avait mis la table la semaine dernière, en faisant parvenir une lettre dans les foyers de Saint-Boniface pour alerter la population au sujet des frais juridiques encourus pour régler ces griefs. 

Les élus n'ont visiblement pas apprécié la manoeuvre. Candidate à la mairie, la conseillère Marie-Paule Caron a pris la parole pour dénoncer ce «manque de respect envers le conseil municipal». Son collègue Louis Lemay «s'insurge» contre la stratégie syndicale de s'immiscer dans une campagne électorale. 

Questionné à savoir pourquoi 57 griefs s'étaient accumulés, le maire, Claude Caron, a répliqué que «ça ne veut pas dire que ce sont tous des griefs significatifs».

«Des gens lèvent des griefs pour s'amuser?», a questionné un syndiqué. «Je pense que oui», a répliqué le maire.

Son prédécesseur, Gilles Bellemare, a pris la parole pour déplorer ce climat. «Ce n'est pas le rôle d'un maire de prendre position dans des relations de travail», souligne-t-il. «J'ai passé 19 ans autour de la table, dont 13 en tant que maire et j'ai toujours eu une bonne entente avec les employés municipaux. Les élus devraient se demander si ça a du bon sens, ce qui se passe. Questionnez-vous et vous aurez la réponse.»




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