Gare du Canadien Pacifique: il n'y avait pas foule...

La Ville de Shawinigan souhaite restaurer l'ancienne gare... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La Ville de Shawinigan souhaite restaurer l'ancienne gare du CP, mais pas à n'importe quel prix.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À peine une dizaine de personnes se sont déplacées à l'hôtel de ville de Shawinigan, lundi soir, dans le cadre de la séance publique du conseil local du patrimoine portant sur la citation de la gare du Canadien Pacifique, sur l'avenue de la Station.

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Les membres du conseil local du patrimoine étaient aussi nombreux que les citoyens intéressés par l'assemblée publique sur l'avenir de la gare du Canadien Pacifique, lundi soir à l'hôtel de ville.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Même si la volonté du conseil municipal de restaurer cet immeuble ne fait aucun doute, deux citoyens ont profité de l'occasion pour se demander si la Ville possédait les moyens de ses ambitions.

L'acquisition de cette gare, confirmée par résolution en février, s'est produite après huit ans de négociation. Il faut maintenant savoir ce que la Ville compte en faire. En avril, le conseil municipal a officiellement entrepris un processus de citation patrimoniale de cet immeuble inauguré en 1927. La rencontre de lundi soir visait à recueillir des commentaires sur cette démarche.

Si des citoyens semblent très satisfaits de la volonté de conserver ce bâtiment, d'autres se demandent quels sont les plans précis de la Ville et surtout, possède-t-elle les moyens financiers de se lancer dans cette aventure. Rappelons que le programme triennal d'immobilisations, adopté en décembre, estimait à tout près de deux millions $ les sommes nécessaires pour rénover cette gare, déjà acquise pour un montant de 150 000 $.

La question des coûts chatouille notamment Patrice Bolduc. Il déplore que les élus expriment déjà une volonté sans savoir si la restauration de cet immeuble répondra à un besoin dans la communauté.

«Quel est l'intérêt collectif de sauver la gare du CP?», se demande-t-il.

Le maire, Michel Angers, assure que jamais Shawinigan ne se lancera dans un projet semblable sans aide financière. Il s'est récemment rendu à Lachute pour visiter une gare jumelle du CP, transformée en immeuble à bureaux. Selon lui, la reconversion a coûté environ 2,5 millions $, mais la municipalité a reçu une aide financière d'un million de dollars.

Le maire s'est plu à rappeler des exemples tels que la Maison de la culture Francis-Brisson, l'ex-Wabasso devenue le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, le Complexe Jacques-Plante et l'ancien Foyer de Grand-Mère converti en 7e Ciel pour illustrer la réussite de l'audace dans la conversion d'immeubles historiques.

«Ça ne se fera pas à n'importe quel prix», prévient M. Angers à propos de la gare. «C'est une question de choix et de préoccupations exprimées par les citoyens. Si nous n'obtenons pas de subvention substantielle, on va attendre.»

De son côté, Yvon Leclerc se demande comment la Ville établit ses priorités dans la conservation du patrimoine de son territoire. Il considère que l'église Saint-Pierre devrait susciter plus d'intérêt. Il cite également la triste fin de l'Auberge Grand-Mère et de la Ferme Desaulniers. Les coûts estimés pour conserver cette gare le laissent aussi perplexe.

«Je n'ai pas de Renoir ou de Picasso, pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je n'ai pas d'argent pour ça», image-t-il. «Personnellement, je ne garderais pas cette gare parce que nous n'en avons pas les moyens.» Il suggère de raser l'immeuble et d'aménager une aire de repos.

Une proposition qui ne séduit guère le maire, qui répète que le conseil municipal n'est animé d'aucun sentiment d'urgence. Il rappelle que les élus se sont engagés à plafonner à 16 millions $ par année les emprunts en immobilisations et dans ce contexte, des choix seraient effectués au cours des prochaines années. Quant à la situation de l'église Saint-Pierre, elle relève du diocèse de Trois-Rivières, fait-il remarquer. «On ne peut pas toucher à des infrastructures qui ne nous appartiennent pas.»

Faible participation

Les échanges n'ont finalement pas permis d'apprendre grand-chose de nouveau sur ce projet de reconversion. La Ville attend des idées de promoteurs et formulera une demande d'aide financière pour réaliser les travaux de restauration. Quant à l'intérêt manifesté pour l'assemblée publique, Pierre-André Hamel, président du conseil local du patrimoine, n'y voyait pas un baromètre populaire.

«Je suis très satisfait que des gens soient venus», commente-t-il. «Ça ne me tente pas de parler en termes de nombre de personnes. Les gens qui n'étaient pas ici, nous les reverrons quand nous aurons quelque chose de plus concret. On présentait un projet de citation; ce n'est peut-être pas intéressant pour tout le monde. Probablement que l'intérêt va se manifester au fur et à mesure que la Ville fera des travaux.»

Le maire ajoute que les citoyens semblent satisfaits du travail effectué à l'ancienne Wabasso et que maintenant, ils souhaitent une cure de beauté à la gare. 

«Les gens n'en sont pas à se demander quelle utilité nous voulons lui donner», nuance M. Angers. «Ils veulent savoir quand nous en occuperons-nous!»




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