Projet du Groupe Château Bellevue: seulement 29 opposants

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers et le responsable de la division du développement des affaires du Groupe Château Bellevue, Grégoire Turcotte, lors de l'assemblée de consultation à l'hôtel de ville le 18 avril.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La mobilisation pour contrer le projet de construction d'un immeuble de 300 logements sur dix étages sur l'avenue des Cèdres, à Shawinigan, n'était finalement pas suffisante pour contrecarrer sa réalisation.

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C'est sur ce terrain que sera construit le nouveau complexe de 300 logements.

François Gervais, Le Nouvelliste

Lors de la tenue de registre organisée lundi à l'hôtel de ville, seulement 29 résidents des zones qualifiées se sont enregistrés, alors qu'il en fallait 47 pour prolonger le suspense. La modification au zonage est donc réputée approuvée par les personnes habiles à voter et le chantier pourra se mettre en branle au début 2018.

Le projet du Groupe Château Bellevue suscitait un certain mécontentement en raison de l'obstruction visuelle que cet immeuble allait créer et de la circulation supplémentaire que provoquerait l'arrivée d'autant de nouveaux résidents.

En plus d'une séance de consultation le 18 avril, la Ville avait organisé deux séances d'information avec les citoyens du secteur. Certaines demandes particulières ont été acceptées par le promoteur, comme par exemple l'orientation de l'immeuble.

Après ces échanges, le projet a visiblement été bien accueilli dans le secteur, puisque les cinq zones qualifiées pour la procédure d'enregistrement de lundi contenaient 358 personnes habiles à voter. Seulement 8 % d'entre elles se sont manifestées, à la grande satisfaction du maire, Michel Angers.

«Ça correspond exactement à ce que je m'attendais», commente-t-il. «On va pouvoir passer à l'autre étape. Nous sommes très heureux de cette situation.»

Le Groupe Château Bellevue projette un investissement d'une cinquantaine de millions de dollars à Shawinigan pour la construction d'une résidence pour retraités autonomes. Dans l'esprit du maire, il n'existait pas de plan B, au sens où les promoteurs tenaient absolument à s'établir sur l'emplacement de cet immeuble à bureaux, tout près du Centre Gervais auto. Voilà pourquoi M. Angers avait déclaré, la semaine dernière, que le conseil municipal irait jusqu'au bout pour permettre la réalisation de ce projet. 

Si le nombre de 47 signatures avait été atteint, les élus auraient dû choisir entre l'abandon de la modification réglementaire pour changer le zonage ou l'organisation d'un référendum dans le bassin qualifié. La deuxième option était clairement privilégiée.

«Tous les maires du Québec se sentent un peu mal pris avec des situations où 25, 30 ou 40 personnes peuvent bloquer des projets de 50 millions de dollars», souligne M. Angers. «Beaucoup de conseils municipaux reculent lorsque le nombre de signatures est suffisant. À Shawinigan, l'information que nous donnons pour chacun des projets est garante des succès que nous avons obtenus.»

«Les gens font une bonne distinction entre les projets porteurs pour l'avenir et des projets qui n'ont pas de bon sens», ajoute le maire. «Jusqu'ici, à Shawinigan, je n'en ai pas présenté, des projets qui n'ont pas d'allure. Quand ça n'a pas de sens, on dit non.»

Les conseillers Alain Lord et Serge Aubry ont assisté au dévoilement du résultat en début de soirée, en compagnie de deux autres citoyens. Une opposante s'est également présentée à la toute dernière minute, mais elle n'a pas voulu commenter le résultat.

Conseiller du district de la Cité, M. Lord poussait aussi un soupir de soulagement.

«Les gens ont le droit de s'exprimer», commente-t-il. «Mais je suis content de la façon dont ça s'est passé. C'est quand même 300 logements de plus au centre-ville. Ça va aider les commerces. Ce sera un plus pour le centre-ville.»

«Aujourd'hui, c'est déjà difficile d'attirer un promoteur pour investir», fait remarquer M. Lord. «Ces promoteurs ne sont pas arrivés avec leurs gros sabots, au contraire. Ils ont modifié des choses, ils ont été à l'écoute. Des promoteurs comme ça, j'en prendrais à la pelletée!»

Compte tenu du résultat de cette consultation, on peut conclure que les trois zones contiguës qui s'étaient qualifiées n'étaient pas toutes opposées au projet. En ajoutant des zones, les gens en faveur auraient pu mettre leur poids dans la balance lors d'un éventuel référendum.

Le maire de Shawinigan ne nie pas cette interprétation.

«Je pense que c'est ce qui s'est passé», reconnaît-il. «Il y a des citoyens qui se lèvent et qui se demandent comment ils peuvent aider pour qu'un projet comme celui-là passe. Pourquoi les gens en faveur d'un projet ne pourraient pas s'exprimer? La démocratie, ce n'est pas seulement pour ceux qui sont contre!»

«Bravo!»

Au fil des années, le Groupe Château Bellevue s'est habitué au processus de modification de zonage dans les municipalités où il souhaite s'implanter. Des contestations surgissent régulièrement, mais dans le cas de Shawinigan, l'affaire est maintenant classée.

«Bravo, je suis bien content!», s'exclame Grégoire Turcotte, responsable de la division du développement des affaires de l'entreprise beauceronne, en apprenant le résultat du registre de lundi. «Vous allez avoir un château à Shawinigan!»

M. Turcotte ne cache pas que cette période inquiète toujours un peu les promoteurs. «Nous avons vécu le processus à Saint-Georges-de-Beauce et il avait fallu aller en référendum», raconte-t-il. «Nous avons gagné, mais il reste que ce sont des délais et ça coûte de l'argent à la Ville pour organiser ça.»

Le représentant des promoteurs glisse qu'il avait bien apprécié la sortie du maire de Shawinigan la semaine dernière, qui avait confié que le conseil municipal irait jusqu'au bout pour permettre la réalisation de cet investissement de 50 millions $.

«Il avait annoncé ses couleurs», constate-t-il. «J'apprécie que les villes se trempent un peu. Comme on dit en Beauce, on va s'arranger pour que le film se finisse bien. Nous allons faire tout le nécessaire pour que tout le monde soit content.»

Le Groupe Château Bellevue deviendra maintenant propriétaire de l'immeuble à bureaux du site choisi. Il sera détruit au début 2018 et la construction suivra, avec une ouverture prévue en juillet 2019.




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