Surface olympique: aucun intérêt pour les Cataractes

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Martin Mondou, actionnaire et directeur général des Cataractes, n'a jamais eu le moindre intérêt à tester la surface olympique du Centre Gervais auto.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le 2 mai 2007, le conseil municipal de Shawinigan achetait la paix en décidant d'équiper son futur amphithéâtre municipal de bandes rétractables, un concept qui venait d'être implanté au Pavillon de la jeunesse d'ExpoCité, à Québec. Dix ans plus tard, cet investissement en valait-il le coup? Dans le deuxième texte d'une série de quatre, Le Nouvelliste rappelle les débats qui avaient animé la réflexion, les espoirs suscités par la présence d'une glace olympique au Centre-de-la-Mauricie, le bilan de l'utilisation de ce mécanisme innovateur et le rendez-vous manqué avec le patinage de vitesse courte piste.

Martin Mondou n'a jamais caché qu'il aurait investi son argent ailleurs que chez les Cataractes si la Ville de Shawinigan avait maintenu sa décision de n'aménager qu'une glace de dimension olympique dans son nouvel amphithéâtre. Les bandes rétractables avaient finalement constitué un honorable compromis, mais comme il s'y attendait, le mécanisme n'a pas été activé très souvent.

«La glace olympique, la Ville disait que c'était l'avenir», se souvient l'actionnaire et directeur général des Cataractes. «Je me suis battu en disant que dans le monde du hockey, il n'y avait pas beaucoup de gens qui prétendaient la même chose. Je pense qu'il y avait des visions qui ne se sont peut-être pas concrétisées...»

Une fois installées, les bandes rétractables auraient quand même pu permettre aux Cataractes de tester la glace aux dimensions olympiques ou même, de monter une équipe très rapide qui aurait pu tirer avantage de cette surface de jeu bonifiée. Mais M. Mondou assure qu'il n'a jamais approché le mécanisme avec une perche de 100 pieds.

«On ne l'utilisera jamais», tranche-t-il. «Je ne vois pas pourquoi on ferait ça. En plus, on perdrait beaucoup d'espace pour nos partisans. Jamais on ne va considérer cette possibilité.»

À Trois-Rivières, l'administration municipale envisageait d'équiper son nouveau Colisée de bandes rétractables, avant la révision du projet en 2013. Une glace aux dimensions nord-américaines, donc de 200 pieds de long par 85 pieds de large, sera aménagée dans l'enceinte principale. 

«Une surface avec bandes rétractables ne fait pas partie des plans pour le futur Colisée», confirme Cynthia Simard, coordonnatrice aux communications à Trois-Rivières. 

Rappelons que la capitale régionale compte déjà sur une glace de dimension internationale sur son territoire, au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

Spectacles

Les bandes rétractables devenaient aussi un argument de vente pour élargir le parterre lors de spectacles à l'amphithéâtre de Shawinigan. Or, les attentes n'ont pas été rencontrées sur ce plan.

En 2011, pendant les festivités entourant la Classique internationale de canots, les deux spectacles organisés n'avaient pas attiré les foules. L'année suivante, les Événements Cats présentaient Simple Plan au Centre Bionest, où 3000 personnes s'étaient donné rendez-vous. À chaque occasion, les bandes rétractables n'avaient pas été utilisées.

Depuis, plus rien. Sous la responsabilité de l'homme d'affaires Marc Ménard, également membre du conseil d'administration des Cataractes, les Événements Cats ne sollicitent plus de spectacles depuis cinq ans.

«On ne voulait pas prendre trop de risques avec ça», commente-t-il. «Pour le moment, nous avons mis ce projet de côté.»

Malgré un succès mitigé jusqu'ici, M. Ménard ne met pas une croix sur ce volet, surtout parce que le Centre Gervais auto possède une qualité acoustique exceptionnelle.

«J'ai eu des pourparlers pour autre chose», raconte-t-il, en avançant les noms de ZZ Top et de Bryan Adams. «Avec Simple Plan, trois partenaires étaient impliqués et nous étions arrivés assez justes au plan financier. Le conseil d'administration s'est demandé si ça valait la peine de prendre un risque de manger 50 000 $ ou si on se concentrait sur la partie hockey...»

«En plus, pour travailler des spectacles, ça ne prend pas un bénévole sur un conseil d'administration», ajoute M. Ménard. «C'est du temps!»

Sur ce plan, Josette Allard Gignac, présidente de la Corporation culturelle de Shawinigan et conseillère du district Almaville, assure que le Centre Gervais auto fait toujours partie de l'offre de salles disponibles.

«Nous l'avons toujours en tête», souligne-t-elle. «Le plus difficile, c'est que nous sommes dans une espèce d'entre-deux. Il faut avoir l'opportunité d'attirer un artiste à qui ce potentiel de salle conviendra. C'est là-dessus qu'on travaille et ce n'est pas si facile à trouver.»

Un acquis

Mme Allard Gignac et son collègue du district de la Cité, Alain Lord, sont les deux seuls élus toujours en poste à avoir vécu les discussions entourant l'intégration d'une glace olympique et des bandes rétractables à l'amphithéâtre municipal. La conseillère se souvient que la polyvalence avait guidé la réflexion à ce moment.

«On ne voulait pas créer un amphithéâtre pour une seule chose», corrobore M. Lord. «On voulait quelque chose de polyvalent. C'est un équipement qui va durer 75 ans au moins.»

Même avec le recul, le conseiller du district de la Cité ne croit pas que la Ville de Shawinigan ait pris une mauvaise décision.

«Ce n'est pas parce que ces bandes ne servent pas beaucoup présentement qu'elles ne serviront pas un jour», fait-il remarquer. «La vie change, les moeurs changent, les mentalités changent. C'est un acquis. Je ne pense pas que ce soit une perte. On peut s'en servir quand nous en avons besoin. On essaie de bâtir pour le futur, pas seulement pour le moment présent. Moi, je préfère avoir des bandes rétractables que ne pas en avoir et le regretter.»




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