Services supralocaux: Shawinigan ferme le dossier

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie du directeur du service de loisirs, culture et vie communautaire, Robert Desjardins.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À compter de cet automne, les parents qui voudront inscrire leurs enfants au hockey mineur à Shawinigan devront payer deux fois plus cher s'ils n'habitent pas à l'intérieur des limites de la ville.

En effet, la tarification pour les non-résidents passera de 400 $ à 800 $ pour cette discipline, une conséquence directe du cul-de-sac dans lequel ont abouti les négociations pour l'utilisation des services supralocaux.

Toujours amer de la conclusion de ce dossier, le maire, Michel Angers, a dévoilé les grandes lignes de la réflexion du conseil municipal, mercredi après-midi à l'hôtel de ville.

Un an et demi après avoir présenté l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton sur la valeur des services supralocaux, les élus shawiniganais ont décidé de tirer un trait sur la négociation et d'accéder à la volonté des représentants des municipalités environnantes, soit d'imposer des tarifs conformes aux coûts d'exploitation des activités organisées sur le territoire.

Le maire n'a pas voulu dévoiler, mercredi après-midi, l'entièreté de la nouvelle grille. Le règlement sur la tarification applicable aux activités pour les résidents de Shawinigan et ceux de l'extérieur sera adopté en séance publique, le 13 juin.

M. Angers s'est limité à l'exemple du hockey mineur, notamment en raison de son impact dans l'étude réalisée en 2015. En fait, les sports de glace, incluant toutefois le patinage artistique, représentaient 36 % du coût total des services de loisirs offerts par la Ville de Shawinigan en 2014.

Dans son étude, RCGT en arrivait à la conclusion que l'admission d'un jeune hockeyeur de l'extérieur représentait des coûts annuels de 1698 $. En imposant dorénavant des frais de 800 $ aux non-résidents dans cette discipline, le maire estime avoir réduit son appétit de moitié par rapport aux coûts réels.

Il précise que le nouveau tarif reflète les frais d'exploitation réguliers pour l'organisation de cette discipline. Comme il l'avait annoncé en août 2016, le conseil municipal a décidé de renoncer aux fameux frais indirects et aux coûts d'immobilisation, qui gonflaient la facture dans l'étude.

Utilisateur-payeur

RCGT estimait à 539 179 $ la contribution nécessaire des neuf municipalités visées au départ pour bénéficier des infrastructures aux mêmes conditions que les Shawiniganais. En août 2016, la Ville avait déposé une nouvelle proposition, réduisant la facture à 128 854 $. Les maires ne voulaient rien entendre, privilégiant le principe de l'utilisateur-payeur.

Le conseil municipal de Shawinigan accède finalement à cette demande, mais visiblement à regret.

«Nous avons toujours souhaité des ententes intermunicipales, avec l'objectif de mieux servir nos citoyens et les municipalités autour», témoigne M. Angers. «Cette entente évitait beaucoup de complications administratives et elle permettait d'éviter ceux qui avaient la tentation de tricher le système.»

Sans vouloir quantifier le phénomène, le maire assure qu'il n'est pas rare de découvrir un citoyen de l'extérieur se trouver une adresse à Shawinigan pour éviter de payer la tarification pour les non-résidents. Une entente aurait réglé cette situation, puisque tous les participants à une activité auraient payé les mêmes tarifs.

Robert Desjardins, directeur du service de loisirs, culture et vie communautaire, estime qu'au cours de la dernière année, trois personnes à temps plein durant près de deux mois ont dû vérifier la conformité des inscriptions concernant le lieu de résidence.

Le maire de Shawinigan n'a pas voulu donner une idée des hausses de tarifs qui seront appliquées en moyenne pour l'ensemble des disciplines. M. Desjardins précise qu'au hockey, ces frais n'avaient pas bougé depuis 1998.

«Je rappelle que nous sommes toujours heureux de pouvoir accueillir tous ceux qui veulent profiter des services et des installations de notre municipalité», indique M. Angers.

«Nous avons décidé de faire un ajustement de grille tarifaire qui vise à rétablir une certaine équité entre les citoyens de Shawinigan, qui payent la totalité des coûts, et les utilisateurs non résidents, qui contribuent avec une tarification un peu mieux adaptée.»

Dorénavant, les participants devront s'inscrire directement à l'association sportive concernée. Cette dernière transmettra au service de loisirs, culture et vie communautaire de Shawinigan la liste des non-résidents.

La Ville enverra alors la facture aux municipalités concernées pour être remboursée. Pour les autres types d'activités, les participants devront simplement s'inscrire à leur municipalité, qui mettra ensuite en branle le même processus.

M. Angers ne cache pas que cette méthode, inspirée de la pratique avec Notre-Dame-du-Mont-Carmel pour les sports de glace, réduira au minimum les procédures administratives pour Shawinigan. Toutefois, les municipalités environnantes devront se charger de percevoir la nouvelle tarification à leurs citoyens. 

«C'est ce qu'on a décidé de faire pour mettre fin à cette saga qui, à mon avis, était de trop», résume M. Angers.

Le maire de Shawinigan n'a pas voulu estimer les sommes supplémentaires attendues par l'imposition de ces nouveaux tarifs, répétant qu'il ne s'agissait pas de l'objectif recherché.

«C'est simplement une question d'équité», réitère-t-il.




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