Frais pour les services supralocaux: Shawinigan a fait son nid

Michel Angers, maire de Shawinigan.... (Olivier Croteau)

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Michel Angers, maire de Shawinigan.

Olivier Croteau

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La saga des compensations que la Ville de Shawinigan cherche à obtenir pour les services qu'elle offre à la population environnante tire à sa fin. Le conseil municipal vient de prendre connaissance de la grille des nouveaux tarifs, de sorte que le maire, Michel Angers, s'attend à expliquer les changements lors d'un point de presse la semaine prochaine.

En assemblée extraordinaire en fin d'après-midi lundi, les élus ont adopté une résolution pour prolonger le moratoire de l'entrée en vigueur d'une modification au règlement général de la Ville de Shawinigan, concernant la tarification des biens et services pour les non-résidents. 

En juillet 2016, le conseil municipal avait repoussé au 30 avril 2017 l'entrée en vigueur des tarifs controversés. La résolution adoptée lundi prolonge le moratoire jusqu'au 30 juin 2017.

D'ici là, il faut toutefois s'attendre à une nouvelle modification de ce règlement. En effet, devant le tollé suscité par l'entrée en vigueur de nouveaux tarifs, il serait étonnant que le conseil municipal maintienne la ligne dure. 

Rappelons qu'à l'automne 2015, en plein débat avec neuf municipalités avoisinantes, la Ville de Shawinigan distribuait sa programmation du service de loisirs et culture dans tous ses foyers.

On y apprenait que pour plusieurs activités hivernales et printanières organisées sur son territoire, les non-résidents allaient passer à la caisse: 200 $ pour la passe saisonnière de patinage libre, 1028 $ pour un cours de sauveteur national, 1542 $ pour 20 semaines d'activités aquatiques pour les 40 ans et plus: la liste des nouveaux tarifs avait frappé les esprits. Pour la prochaine saison de hockey mineur, les parents des jeunes devaient s'attendre à débourser 1700 $ par enfant.

Ces nouveaux coûts d'inscriptions étaient justifiés par une étude réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, avec 2014 comme année de référence. Sa principale conclusion portait sur une différence d'environ 476 000 $ entre la valeur des services offerts par la Ville de Shawinigan aux résidents des neuf municipalités visées et la tarification qui leur était imposée.

Ces tarifs avaient été publiés pour convaincre les autres maires d'intégrer les montants réclamés pour leurs résidents à l'ensemble de leur population. Mais Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Boniface, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Tite, Saint-Paulin, Hérouxville, Grandes-Piles, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Mathieu-du-Parc sont demeurées solidaires. 

En cours de négociation, Shawinigan a ajouté Charette aux bénéficiaires de ses infrastructures. Tout au long du processus, les maires ont maintenu la nécessité d'adopter le principe de l'utilisateur payeur. Ils estimaient que Shawinigan devait exiger des tarifs qu'elle jugeait équitables pour les utilisateurs de l'extérieur.

En fait, ces derniers doivent déjà payer un surplus lorsqu'ils s'inscrivent à la grande majorité des activités offertes par la Ville. Mais l'étude de RCGT démontrait que la compensation reçue ne couvrait que 12 % des frais engendrés.

Devant le cul-de-sac, le conseil municipal de Shawinigan avait adopté une résolution, le 15 décembre 2015, pour repousser l'adoption de sa nouvelle grille tarifaire au 1er juin 2016. Puis, le 27 juillet, elle allongeait son moratoire jusqu'au 30 avril 2017. Lundi, les élus prolongeaient de deux mois l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs.

Jusqu'où ira le conseil municipal de Shawinigan? La réponse dans quelques jours.

«Nous sommes prêts», mentionne M. Angers. «Quelque part la semaine prochaine, nous indiquerons l'orientation qu'on s'est donnée.»

«Les maires voulaient le principe de l'utilisateur payeur», rappelle-t-il. «Ils nous ont dit de tarifer et que les gens paieraient, mais qu'il fallait que ce soit juste et équitable. Nous avons regardé ça avec l'objectif de rallier tout le monde.»

Le conseil municipal de Shawinigan a toujours considéré que la répartition des coûts à l'ensemble des communautés ciblées représentait la meilleure solution. Mais en décembre, le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, annonçait qu'il ne demanderait pas l'intervention de la Commission municipale du Québec pour dénouer l'impasse. Pour Shawinigan, les carottes étaient cuites.

«À partir du moment où le ministre dit qu'il ne trempera pas la commission là-dedans, on se retrouve devant pas grand-chose», convient M. Angers. «On va donc établir nos principes et nos façons de faire, qui seront tout à fait corrects pour tout le monde.»




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