10 étages, 300 chambres, 50 M$

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie du représentant du Groupe Château Bellevue, Grégoire Turcotte, lors de l'assemblée publique de consultation, mardi soir à l'hôtel de ville.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

Une quarantaine de citoyens se sont déplacés à l'hôtel de ville de Shawinigan, en début de soirée mardi, pour prendre connaissance du mystérieux projet de résidence pour personnes âgées nécessitant une modification de zonage sur deux lots de l'avenue des Cèdres.

Le Groupe Château Bellevue est ainsi sorti de l'ombre pour présenter sa construction de 300 logements sur dix étages, un investissement estimé à 50 millions de dollars qui fait saliver le conseil municipal.

Le président de la division développement des affaires de l'entreprise, Grégoire Turcotte, s'est déplacé pour présenter son projet et répondre aux questions dans le cadre de cette assemblée de consultation. Rappelons que le premier projet de modification de zonage avait été adopté en assemblée publique extraordinaire, le 27 mars.

Depuis 2006, le Groupe Château Bellevue a réalisé des projets à Sainte-Marie-de-Beauce, Baie-Comeau, Donnacona, Saint-Nicolas et Thetford Mines. Un complexe sera livré à Pont-Rouge en 2017. L'an prochain, Salaberry-de-Valleyfield et Val-Bélair s'ajouteront au portfolio.

M. Turcotte explique qu'une étude de marché avait démontré que Shawinigan pouvait facilement accueillir un nouveau projet d'envergure de résidence pour personnes âgées autonomes. 

Après avoir choisi son site, l'entrepreneur précise qu'une construction de douze étages avait été soumise au conseil municipal. Il a finalement accepté de réduire son projet à 10 étages, soit neuf pour des logements de deux à cinq pièces et demie.

Au sommet, le dernier plancher serait réservé à des services. Trois ascenseurs sont prévus. La façade donnerait sur la 9e Rue de la Pointe et non sur l'avenue des Cèdres, une demande de la Ville.

Le promoteur a également accepté d'aménager deux stationnements souterrains afin de limiter la congestion des rues du secteur, déjà fortement sollicitées par les employés de Revenu Québec et de l'école Immaculée-Conception. Une étude d'ombrage a même été réalisée pour vérifier l'impact sur l'ensoleillement des résidences sur l'avenue des Cèdres.

«Nous pensons créer environ 65 emplois permanents et une centaine en cours de construction», souligne M. Turcotte.

Le maire, Michel Angers, estime entre 600 000 $ et 800 000 $ les revenus de taxes engendrés par cette nouvelle propriété.

Quelques réserves

La majorité des citoyens présents à l'assemblée semblaient enthousiastes à l'idée d'avoir accès à un projet de cette envergure à proximité du centre-ville. Par contre, deux personnes ont tenu à exprimer certaines réserves.

Normand Leclair trouve qu'un immeuble de dix étages jurera dans le secteur. Il a demandé à M. Turcotte s'il ne pouvait pas le réduire encore un peu, mais le promoteur estime que son effort a été fait.

«Si on diminue encore, le projet ne sera plus viable», tranche-t-il. 

De son côté, Sonia Désaulniers questionne aussi l'impact de la hauteur de cette construction dans le secteur, mais également l'augmentation de la circulation dans une zone qui inclut déjà deux écoles et Revenu Québec. Elle se demande comment réagira le marché immobilier local avec l'arrivée d'un bâtiment d'une hauteur inégalée à Shawinigan.

À l'exception de ces réserves, les personnes présentes souhaitaient que ce projet démarre le plus rapidement possible. M. Turcotte ne s'attend pas à accueillir ses premiers résidents avant deux ans, si tout se déroule comme prévu. 

Normalement, le conseil municipal adoptera le deuxième projet de règlement à l'assemblée extraordinaire du 24 avril. Le processus d'approbation référendaire par les résidents du secteur concerné suivra par la suite et c'est à cette étape que le promoteur pourra vraiment juger l'acceptabilité sociale de son projet.

À la conclusion de l'assemblée, M. Turcotte semblait satisfait de la réaction générale à cette assemblée de consultation.

«Je suis très content de la présentation», commente-t-il. «C'est normal qu'il y ait des gens qui ne veulent pas ça dans leur cour. On essaie de s'adapter avec les municipalités.»

Le maire partageait cet optimisme. «Le constat que nous faisons, c'est que ça va répondre à un besoin important pour notre communauté», observe-t-il.

«Quand on est prêt à investir 50 millions de dollars, c'est parce que l'étude de marché est assez solide. En même temps, ça fait partie des orientations de la Ville de construire où les services sont déjà établis.»

Ce projet, rappelons-le, entraînerait la démolition d'un immeuble à bureaux appartenant à Gestion M.A.M., propriété d'Anne Beaumier, présidente de l'agence immobilière Re-Max de Francheville. Lorsqu'elle a été approchée pour la première fois à la fin de l'été 2016, la femme d'affaires a répliqué qu'elle n'était pas à vendre! Le sérieux des promoteurs l'a finalement convaincue.

«Tous les locataires sont avisés», commente-t-elle. «Nous allons quitter l'immeuble à la fin décembre 2017. On ne pouvait pas ne pas participer à ce beau projet pour Shawinigan.»




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