«Vous faites la preuve qu'on n'a jamais fait partie de Shawinigan»

François Bonenfant en avait long à dire au... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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François Bonenfant en avait long à dire au maire de Shawinigan, mardi soir en assemblée publique.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Même si tous les résidents touchés par le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac à la Tortue se réjouissent des efforts déployés par la Ville de Shawinigan afin d'obtenir une aide bonifiée pour financer ces travaux de 43 millions de dollars, la décision du conseil municipal de ne pas partager les coûts d'asphaltage à l'ensemble des contribuables laisse un goût amer.

Ce mécontentement s'est transporté à la séance publique régulière du conseil mardi soir, plus précisément pendant la période de questions qui s'est étendue sur près de 80 minutes.

Le projet d'assainissement des eaux usées et la piètre qualité du déneigement au cours du dernier hiver ont monopolisé l'attention. De nombreux résidents du secteur Lac-à-la-Tortue s'étaient déplacés pour cette assemblée, qui affichait salle comble avec une soixantaine de personnes présentes. Par un curieux concours de circonstances, le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin, était absent. Il profite de vacances à l'extérieur du pays.

Rappelons que contrairement à ce qu'elle avait annoncé en mars 2016, la Ville de Shawinigan a finalement décidé de ne plus faire partager à l'ensemble de ses citoyens les frais d'asphaltage pour le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac à la Tortue.

Le maire, Michel Angers, a beau souligner à grands traits le fait que les citoyens concernés n'absorberaient plus que 17 % de la facture plutôt que les 33 % prévus l'an dernier, ou que la Ville a mis la priorité sur ce projet au détriment de cinq autres, rien n'y fait. Plusieurs citoyens acceptent très mal ce recul.

François Bonenfant, qui avait entrepris des démarches pour la défusion du secteur Lac-à-la-Tortue l'an dernier, considère que la décision des élus lui amène de l'eau au moulin.

«Shawinigan nous prouve que nous sommes un cas particulier», explique-t-il. «Les cinq projets qui ont été enlevés, on va payer l'asphalte quand ce sera le temps de les faire! Le pavage au lac à la Tortue, il appartient à la Ville de Shawinigan. Nous sommes fusionnés! C'est sa responsabilité de prendre en charge ces travaux.»

Stimulé par les applaudissements de la salle, M. Bonenfant s'est vidé le coeur. Il a même laissé planer la possibilité d'un recours collectif.

«Vous faites la preuve que le lac à la Tortue n'a jamais fait partie de Shawinigan!», tonne-t-il. «Depuis 15 ans, on paye des taxes et nous n'avons aucun retour. Les gens sont écoeurés de payer. Les subventions à 83 %, c'est fameux, c'est un beau travail, je vous félicite. Sauf que vous créez un précédent et ça crée un préjudice grave aux citoyens.»

En point de presse la semaine dernière, M. Angers précisait que les coûts totaux d'asphaltage du projet dans la partie de Shawinigan s'élevaient à 2,6 millions $. Puisque le chantier est financé à 83 %, il reste donc une facture d'environ 440 000 $ à la charge des citoyens.

L'an dernier, lorsque l'aide gouvernementale n'atteignait que 66 %, la Ville avait annoncé qu'elle répartirait la facture de l'asphaltage à l'ensemble des Shawiniganais, ce qui représentait alors un montant de 880 000 $.

«L'asphalte est à la Ville», insiste M. Bonenfant. «S'il n'est pas à elle, redonnez-nous nos billes. On va payer notre asphalte et on va sortir de Shawinigan!»

Robert Houle, un habitué des séances publiques, dénonçait également la position du conseil municipal.

«Les gens sont en désaccord total», observe-t-il. «Quand la Ville a rénové la 5e Rue, l'avenue de Grand-Mère, vous ne m'avez pas demandé si je devais payer ou pas. Et là au lac à la Tortue, seulement les citoyens touchés par le projet devraient payer? Non, monsieur le maire!»

«Vous avez perdu une maudite belle occasion», ajoute M. Houle. «Quand vous parlez du sentiment d'appartenance à Shawinigan, Sainte Bénite, vous avez manqué un bon coup!»

André Pombert, résident du secteur Shawinigan-Sud qui s'était déplacé pour parler de déneigement, s'est permis d'appuyer les doléances de ses concitoyens du secteur Lac-à-la-Tortue.

En plus de revenir sur le financement plus généreux, le maire de Shawinigan a mentionné qu'étant donné que les services publics n'étaient pas intégrés autour du lac, le conseil municipal considérait qu'il fallait appliquer la même politique qu'un nouveau développement domiciliaire pour la répartition des coûts. À la différence que l'aide financière de 83 % fait passer la facture moyenne de chaque unité de 42 000 $ à environ 7000 $.

De plus, M. Angers fait remarquer qu'au dépôt du dernier budget fédéral, le volet 2 du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées bénéficiera d'une aide financière d'Ottawa de 40 %, plutôt que de 50 % dans la première phase. Le projet du secteur Lac-à-la-Tortue constituera donc le seul à bénéficier de ce support exceptionnel.

À noter que cette soirée vive en échanges s'est conclue avec une minute de silence. Le conseiller du district des Montagnes, Serge Aubry, a invité l'assistance à se recueillir en sympathie pour les familles touchées par le triple meurtre de la semaine dernière.




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