Lac à la Tortue: un registre, finalement

Bernard Thompson, maire de Hérouxville.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Bernard Thompson, maire de Hérouxville.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Contrairement à ce qu'il avait annoncé en séance publique le 7 mars, le maire de Shawinigan, Michel Angers, doit maintenant reconnaître qu'une tenue de registre sera organisée pour permettre aux résidents visés par le projet d'égout et d'aqueduc autour du lac à la Tortue d'approuver le règlement d'emprunt de 40,8 millions $ adopté lors de cette séance.

Du côté de Hérouxville cependant, les citoyens ne possèdent plus aucun moyen d'exprimer leur désaccord, puisque leur conseil municipal a délégué ses pouvoirs à la ville voisine pour mener cet important projet à terme.

Lors de la dernière séance publique régulière, M. Angers avait mentionné qu'étant donné que Québec et Ottawa finançaient plus de 50 % de l'investissement, le règlement d'emprunt adopté le 7 mars n'était pas soumis à l'approbation des personnes habiles à voter. Or, cette information n'était pas exacte.

Dans son édition du 22 mars, L'Hebdo du Saint-Maurice publiait un avis portant sur la démarche d'approbation référendaire. On y apprend qu'un registre sera ouvert de 9 h à 19 h le 3 avril, à l'hôtel de ville. Pour forcer l'organisation d'un scrutin référendaire pour approuver le projet, il faut que 201 personnes habiles à voter en fassent la demande. Il s'agit évidemment de résidents directement visés par les travaux.

En début de semaine, M. Angers semblait un peu embarrassé par cette confusion. En fait, la disposition à laquelle le maire faisait référence avait pris fin le 14 juin 2015, en vertu de la Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.

«Alors il y aura un registre», comprend M. Angers. «Ce n'était pas l'information que j'avais.»

Hérouxville

Du côté de Hérouxville, il semble que les citoyens doivent tacitement donner leur appui au projet, puisqu'ils ne peuvent intervenir dans le processus d'approbation du règlement d'emprunt de 40,8 millions $ adopté par le conseil municipal de Shawinigan. 

En fait, une entente intermunicipale est intervenue entre les parties pour la réalisation des travaux. La Ville de Shawinigan s'occupe de l'emprunt pour le projet et du processus d'appel d'offres. Hérouxville remboursera éventuellement sa partie, évaluée à 2,7 millions $ l'an dernier pour 197 unités.

En pratique, cela signifie que les résidents de Shawinigan touchés par ce projet peuvent manifester leur désaccord lundi, mais pas ceux de Hérouxville. L'observation a pris un peu de court le maire, Bernard Thompson. Après vérification, il concède que la Municipalité n'est liée à aucune obligation d'organiser une tenue de registre dans les circonstances actuelles.

«On délègue nos pouvoirs à la Ville de Shawinigan pour qu'elle complète le dossier, mais on se réserve un droit de regard sur les travaux», précise-t-il. «La Ville fait un emprunt et nous sommes liés par une quote-part annuelle qu'on versera à Shawinigan. Dans ces circonstances, il n'y a pas de registre.»

De toute façon, M. Thompson rappelle qu'une première consultation avait donné un écho assez significatif de l'appui de sa communauté au projet.

Rappelons qu'à pareille date l'an dernier, les citoyens du secteur Lac-à-la-Tortue et de Hérouxville étaient invités à se prononcer dans le cadre d'une démarche exceptionnelle. Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire avait demandé un signal clair des résidents sur l'approbation sociale du projet. 

Les 3 et 4 avril 2016, les deux municipalités avaient donc organisé un «registre consultatif» pour obtenir une idée de l'opposition qui pouvait se dresser contre le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac à la Tortue. 

À Shawinigan, 117 personnes s'étaient exprimées contre l'investissement tandis qu'à Hérouxville, seulement 16 citoyens avaient manifesté leur opposition.

Dans cet esprit, personne ne s'attend à ce que la barre des 201 signatures requises pour soumettre le projet à un référendum, lundi, soit atteinte.

«Avec 83 % de subvention, on devrait être correct», avance M. Angers. «Je n'entends que des gens heureux de cette situation. Lors de la consultation l'an dernier, l'aide financière était à 66 %. Les gens nous disaient qu'ils en voulaient plus. Nous sommes allés chercher plus, à 83 %. Nous avons probablement satisfait 95 % des gens qui trouvaient qu'ils payaient trop.»

Même réaction à l'Association pour la protection du lac à la Tortue.

«On n'est pas trop craintifs pour le registre», commente la présidente, Kathy Béliveau. «Ça s'était bien passé lors de la consultation publique. Si les gens avaient eu à se prononcer, ils l'auraient fait à ce moment. Nous sommes assez confiants.»




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