Angers n'est pas en guerre contre les référendums

Projet de loi 122 ou pas, le maire... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Projet de loi 122 ou pas, le maire de Shawinigan, Michel Angers, assure que la consultation citoyenne demeurera un phare pour le conseil municipal.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Bien qu'il puisse agacer des promoteurs, le processus d'approbation référendaire ne constitue pas un irritant pour la Ville de Shawinigan, selon le maire, Michel Angers.

Ce dernier rappelle que depuis son arrivée à l'hôtel de ville, il a multiplié les consultations citoyennes, des exercices qui lui ont permis de bien informer et de rassurer les gens devant des projets qui pouvaient être mal reçus au départ.

La Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs (projet de loi 122) pourrait bouleverser les processus de consultation publics lors des modifications de zonage.

Si la version est adoptée telle quelle, Montréal et Québec n'auraient plus à se soumettre à l'approbation référendaire pour les changements aux règlements d'urbanisme. Pour les autres municipalités, des zones de requalification seraient établies sur leur territoire.

Le processus d'approbation référendaire serait également supprimé dans ces secteurs. Pour déterminer ces zones, qui entraîneraient des modifications au plan d'urbanisme, un processus d'«information et de consultation» devrait quand même être réalisé. 

À Shawinigan comme dans la plupart des municipalités de la région, l'étape référendaire pour autoriser un changement de zonage demeure une procédure exceptionnelle. Habituellement, les élus préfèrent abandonner le projet si la contestation devient telle que le résultat du vote est connu d'avance.

Le conseil municipal de Shawinigan ne s'est rendu à cette étape qu'une seule fois depuis la fusion. Ça se passait le 5 mai 2013, alors que Sylvie Doucet souhaitait déménager sa clinique d'acupuncture sur une rue voisine, dans le secteur Shawinigan-Sud. Une opposition s'était formée, mais le jour du référendum venu, 68 % des personnes habiles à voter avaient appuyé la modification au zonage pour autoriser le commerce.

Des dossiers plus récents tels que le projet récréotouristique équestre dans le secteur Saint-Jean-des-Piles ou le développement résidentiel au lac Vincent ont suscité l'interrogation, sinon la grogne de citoyens. Mais lorsque le conseil municipal estime qu'il s'agit d'une initiative qui respecte les orientations de la Ville, le maire prend plaisir à organiser des séances d'information pour démystifier et même, apporter des modifications qui permettront aux opposants de se rallier.

Dans cet esprit, M. Angers laisse entendre que l'élimination du processus référendaire, dans les zones qui seront établies par le conseil municipal, ne constituerait pas un gain indispensable au plan local. Les maires de Montréal et Québec en font bien davantage un enjeu, en raison de réalités différentes.

L'Union des municipalités du Québec s'est également prononcée en faveur de l'abolition du processus référendaire, «un outil devenu dysfonctionnel et, surtout, qui ne favorise ni la participation citoyenne, ni l'intérêt collectif», selon un communiqué publié la semaine dernière.

«À Shawinigan, on est allé en référendum une seule fois», témoigne le maire. «Jusqu'ici, nous avons toujours réussi, malgré certains dossiers un peu plus discutables, à faire des débats de citoyens. Ça a toujours bien fonctionné.»

«Nous avons eu des discussions sur des modifications de zonage qui ont été plus ardues», convient-il. «On revient une deuxième, une troisième fois. Je préfère travailler comme ça. Je n'ai pas besoin d'un plein contrôle, de dire aux gens de se tasser parce qu'on est élu et que si ça ne fait pas leur affaire, il y a des élections aux quatre ans. Moi, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. On préfère écouter.»

L'exaspération, convient le maire, est davantage ressentie du côté des promoteurs, qui doivent suspendre leur plan pendant que les élus tentent de faire passer la pilule. Le cas de Nemaska Lithium, l'an dernier, constituait le parfait exemple.

Avis publics

Le projet de loi 122 prévoit également une disposition selon laquelle dorénavant, les municipalités pourraient uniquement diffuser leurs avis publics sur leur site Internet. 

À la Ville de Shawinigan, on estime sommairement à une centaine de milliers de dollars les montants investis annuellement pour ces publications, principalement dans L'Hebdo du Saint-Maurice.

Encore une fois, le cas échéant, le conseil municipal devrait adopter un règlement pour préciser ses intentions.

Les auditions publiques sur le projet de loi 122 se sont terminées le 23 février. Après la relâche, le rapport de la Commission de l'aménagement du territoire sera déposé à l'Assemblée nationale. Par la suite, les parlementaires s'attelleront à l'adoption du principe du projet de loi, avant son étude détaillée en commission. Des amendements pourraient alors être présentés.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer