Déneigement: la sécurité en jeu

Le conseiller du district des Hêtres, Jean-Yves Tremblay,... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le conseiller du district des Hêtres, Jean-Yves Tremblay, n'en peut plus de voir des rues de quartiers résidentiels d'une telle étroitesse qu'elles constituent des dangers pour la circulation.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La généreuse distribution de flocons blancs de Dame Nature au cours des dernières semaines continue à mettre beaucoup de pression sur les équipes de déneigement de la région.

À Shawinigan, le conseiller du district des Hêtres, Jean-Yves Tremblay, dénonce l'ordre de priorités établi par la division des travaux publics pour le ramassage de la neige, rendant certaines rues de quartiers résidentiels carrément dangereuses.

Mardi, il s'est promené dans son secteur, autour de la Plaza de la Mauricie, pour constater que ses doléances ne trouvent toujours pas d'oreilles attentives à l'hôtel de ville. Les accumulations de neige rétrécissent considérablement la largeur des rues, surtout qu'une seule opération de ramassage a été effectuée depuis le début de l'hiver sur plusieurs d'entre elles.

«Les citoyens doivent eux-mêmes pousser la neige, puisqu'on ne la ramasse jamais!», dénonce le conseiller.

Selon lui, le problème réside dans le système de classification de priorité d'intervention dans les rues, établi depuis une dizaine d'années. Il existe quatre niveaux et disons que M. Tremblay n'est pas très impressionné par le résultat sur son territoire.

«La rue Châteauguay est une priorité 3», cite-t-il en exemple. «Pourtant, il y a l'école Saint-Joseph! La circulation des autobus est devenue problématique. Ces résidents paient les mêmes taxes que tout le monde!»

M. Tremblay parle des autobus, mais aussi des camions de pompiers qui parviennent difficilement à tourner certains coins de rue. S'il fallait qu'un appel pour un incendie se complique en raison de l'étroitesse des voies de circulation...

«Il y a des enjeux de sécurité», résume M. Tremblay. «Ça fait trois fois que je ramène le cas des rues Verchères, Argenteuil, Beauharnois... Je suis allé au garage municipal, j'en ai parlé au directeur général, j'en ai parlé à mes collègues à la réunion plénière de lundi soir. Je n'accepte pas ça, surtout sur Châteauguay, avec l'école!»

M. Tremblay comprend très bien les nombreux citoyens qui l'interpellent sur cet enjeu. «Je sais que le service est débordé, mais il faut mettre les priorités aux bonnes places!»

Faire de son mieux

En séance publique mardi soir, le déneigement s'est à nouveau invité à la période de questions, mais sur un ton moins dramatique que le mois dernier. Le rétrécissement des voies de circulation, le manque d'abrasif dans le secteur du lac Bournival et des bornes-fontaines ensevelies sous un épais tapis blanc dans le secteur Lac-à-la-Tortue sont venus aux oreilles des élus.

«Le souffleur est passé sur l'avenue du Tour-du-Lac, mais des poteaux de terrain ont été arrachés», fait remarquer Roger Langevin, mi-figue, mi-raisin sur son appréciation du travail effectué.

Le maire, Michel Angers, comprend les frustrations de tout un chacun, mais il pointe que les accumulations de cet hiver font en sorte que la plupart des rues des quartiers résidentiels sont devenues plus étroites. Il ne semble pas très enthousiaste à l'idée de passer au peigne fin les niveaux de priorités des rues de Shawinigan, même si un cas particulier comme celui de la rue Châteauguay et de l'école Saint-Joseph peut être analysé.

«Ce n'est pas appelé à changer», indique-t-il à propos des priorités. «Dans ma rue, on ne passe pas deux autos de large. De la neige, il y en a partout.»

«Les priorités ont été analysées par notre service», ajoute M. Angers. «On ne peut pas mettre toutes les rues en priorité 1 ou 2. Règle générale, où il faut de la sécurité pour les enfants, on s'en occupe. S'il faut faire des efforts particuliers, on va faire notre bout de chemin.»

«Ce que les élus disent, c'est simple: techniquement, on ne connaît pas ça», confie-t-il. «Il faut faire le meilleur déneigement possible. Mais on ne doublera pas notre personnel pour deux ou trois fois par année parce que c'est plus intense.»

Depuis le mois dernier, M. Angers estime que le nombre de plaintes a diminué sur la qualité du déneigement. La Ville a serré la vis, autant envers ses employés que ses sous-traitants.

D'ailleurs, elle avait publié un communiqué de presse pour dénoncer le travail d'Excavations R.M.G. pour le déneigement d'une partie des secteurs Saint-Georges, Lac-à-la-Tortue et Shawinigan-Sud. L'entreprise a reçu des pénalités totalisant environ 10 000 $, confirme Éric Provencher, directeur aux travaux de construction et au déneigement municipal. Il ne sait pas encore si la sanction sera contestée.

«Présentement, on s'occupe de nos contrats pour offrir le meilleur service possible», commente-t-il. «L'hiver est dur. On mettra du temps sur les choses juridiques plus tard.»

En séance publique, M. Angers a glissé qu'à l'avenir, la Ville de Shawinigan allait porter une attention particulière à la qualité de l'équipement des soumissionnaires. Un bon prix perd de l'attrait si l'entreprise est mal équipée pour rendre le service, convient le maire.

«On va être plus sévère là-dessus», mentionne-t-il, en réponse à une observation de M. Langevin. «Nous avons l'intention d'être plus précis sur la qualité de l'équipement, afin de ne plus revivre ce que nous avons vécu l'an dernier et cette année.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer