Nemaska Lithium veut conserver sur place certains contaminants

Le site de l'ancienne papeterie Laurentide de Shawinigan... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le site de l'ancienne papeterie Laurentide de Shawinigan est l'endroit que Nemaska Lithium a choisi pour s'implanter à Shawinigan.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le plan de réhabilitation préparé par l'entreprise Nemaska Lithium comprend une demande au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour conserver sur place certains contaminants qui se sont infiltrés sur cette propriété durant le long règne de la papeterie Laurentide.

Ces découvertes indésirables ont été effectuées sous des bâtiments où seront exploitées l'usine de phase 1 et celle de la phase commerciale, grâce à des études complémentaires commandées par la Société de développement de Shawinigan. Des matériaux contaminés en métaux, hydrocarbures aromatiques polycycliques et soufre ont été identifiés.

«Ces contaminants sont sous nos bâtiments», explique Simon Thibault, directeur, responsabilité sociale et environnementale chez Nemaska Lithium. «C'est impossible de les enlever; on ne peut pas excaver le sol et les sortir de là. On veut donc les maintenir en place.»

La Loi sur la qualité de l'environnement prévoit des dispositions à cette fin. Ainsi, l'article 31.55 souligne que le plan de réhabilitation «peut prévoir le maintien dans le terrain de contaminants dont la concentration excède les valeurs limites réglementaires, à condition cependant d'être accompagné d'une évaluation des risques toxicologiques et écotoxicologiques ainsi que des impacts sur les eaux souterraines».

Cette intention doit être formulée dans un avis public, qui est apparu dans notre édition du 2 décembre. Une assemblée d'information doit aussi être organisée dans le cadre de ce processus et elle se déroulera mardi soir à compter de 19 h 30, à la Maison de la culture Francis-Brisson.

«On ne veut pas simplement laisser ça en place», appuie M. Thibault. «Il y a une approche de réhabilitation. Un suivi permanent des eaux souterraines et des sols sera assuré, des restrictions d'usages seront aussi mises en place. C'est ce que nous allons présenter à l'assemblée d'information.»

Nemaska Lithium doit déposer un nouveau plan de réhabilitation parce qu'au sens de la Loi sur la qualité de l'environnement, il s'agit d'un changement d'usage.

«On passe d'une usine de pâte et papier à une usine hydrométallurgique», nuance M. Thibault. «Au sens de la loi, il y des définitions précises d'usages et ces activités sont des usages différents au sens de la loi. Si on ne continue pas directement dans la même suite d'activités, une étude doit être faite pour évaluer la qualité de l'environnement.»

M. Thibault ne sait pas trop à quoi s'attendre en terme de participation, mais il souligne qu'à la rencontre d'information organisée par l'entreprise le 12 novembre dernier, plus de 500 personnes s'étaient déplacées.

«Les gens qui veulent avoir de l'information sur l'historique du site et savoir comment nous le prendrons en charge pour améliorer la situation, ce sera le meilleur moment», résume le porte-parole.

Du côté de Produits forestiers Résolu, le plan de réhabilitation, mis en oeuvre en juillet, vient d'être complété.

«Cette semaine, je devrais être en mesure de faire parvenir mon rapport au ministère, comme quoi notre plan de remédiation est complété», confirme Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales pour la multinationale. 

«Les travaux ont permis de remettre le terrain dans l'état que prévoit le zonage, soit une utilisation industrielle.» 

Il n'a pas voulu dévoiler les coûts de ces opérations. «Ça correspond à ce que nous avions évalué», se limite-t-il à dire.

L'usine chemine

Quant au projet industriel comme tel, Nemaska Lithium poursuit l'aménagement de la phase 1 selon l'échéancier et les coûts prévus. 

Jusqu'ici, 20 techniciens d'opération ont été embauchés. La mise en service de l'usine est prévue au cours du premier trimestre 2017. L'entreprise prévoit une exploitation continue, 24 heures par jour et sept jours sur sept, vers une production de 435 tonnes par année en équivalent de carbonate de lithium.

L'usine de phase 1 repose sur un budget de 38 millions $, soit 25 millions $ pour la construction et 13 millions $ pour deux années d'exploitation, en 2017 et 2018. Par la suite, l'usine commerciale prendra la relève.

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