Services supralocaux: nouveau bras d'honneur à Shawinigan

Dans la dernière proposition de Shawinigan, les municipalités... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Dans la dernière proposition de Shawinigan, les municipalités avoisinantes ne sont plus facturées au prorata de la population pour les spectacles au Centre des arts.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Il ne reste plus beaucoup d'options au conseil municipal de Shawinigan pour obtenir une compensation pour les services supralocaux offerts aux citoyens des dix municipalités avoisinantes.

Même avec une facture considérablement réduite, les élus de ces communautés maintiennent leur fin de non-recevoir à cette offre de partenariat, préférant toujours maintenir le principe de l'utilisateur-payeur.

Au cours des derniers jours, plusieurs conseils municipaux ont adopté une résolution pour confirmer le refus de la dernière proposition de la Ville, déposée le 12 octobre. La vague a débuté le 1er novembre à Hérouxville, puis le lendemain à Saint-Paulin. Le 7 novembre, les élus de Saint-Boniface, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Mathieu-du-Parc, Grandes-Piles et Notre-Dame-du-Mont-Carmel ont suivi le mouvement. Saint-Tite confirmera la même position à son assemblée régulière du 6 décembre, assure le maire, André Léveillé. 

Du côté de Charette enfin, Claude Boulanger estime qu'il ne sert à rien de répéter la résolution déjà adoptée le 2 février 2015. Le conseil municipal avait alors réagi promptement à l'intention exprimée par le maire de Shawinigan, Michel Angers, devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie quelques jours plus tôt.

La résolution indiquait que les citoyens de cette municipalité contribuent à l'économie shawiniganaise et que l'entente proposée n'intéressait pas les élus. 

«On dit la même chose, alors on n'adoptera pas de nouvelle résolution», tranche M. Boulanger.

Les maires reconnaissent l'effort déployé par l'administration shawiniganaise, qui a tenté de séduire les municipalités avoisinantes en réduisant considérablement la facture. En fait, la contribution des dix municipalités visées passait de 539 179 $, selon l'étude réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton pour l'année 2014, à 128 854 $. Il faut préciser que Charette n'était pas comprise dans l'étude initiale, mais le conseil municipal de Shawinigan l'a intégrée dans les discussions en adoptant une résolution à cet effet en mars.

Il s'agit tout de même d'une réduction de 76 % par rapport aux demandes formulées à l'automne 2015. Elle est rendue possible en raison de la décision de la Ville de Shawinigan de retirer plusieurs frais inclus dans l'étude initiale, soit les investissements immobiliers, les coûts indirects, les subventions aux organismes, le service de la dette, les spectacles et les expositions au Centre des arts ou à la Maison de la culture Francis-Brisson, de même que les coûts associés à l'exploitation du Parc de l'Île-Melville.

La Ville recherche maintenant une contribution pour l'organisation d'activités sportives intérieures et extérieures, le sport organisé tels que le hockey et le curling, ainsi que les activités aquatiques et culturelles.

Toujours solidaires

La proposition n'a pas réussi à fissurer le bloc de solidarité des dix municipalités. 

«Cette stratégie n'a pas beaucoup touché les gens autour de la table», constate Réjean Audet, maire de Saint-Élie-de-Caxton. 

«Même si c'était 5,23 $ pour les trois prochaines années, on sait très bien que ça permettrait à Shawinigan de mettre le pied dans la porte.»

«On ne s'entend pas sur le principe de base», constate Serge Dubé, maire de Saint-Paulin. «Nous avons toujours défendu l'approche de l'utilisateur-payeur, tandis que la Ville de Shawinigan a toujours défendu la facturation aux municipalités. Ce sont deux positions parallèles. Il n'y a pas moyen de se rejoindre.»

«Shawinigan prétend qu'ils offrent des services à une population autour et que ce n'est pas équitable pour leurs citoyens», reprend M. Dubé.

«Moi, je dis que si le fait que nos citoyens aillent chez vous n'est pas équitable, refusez-les! Shawinigan a un problème de financement de services. Leur façon de le régler, c'est d'aller voir les municipalités autour pour les taxer. On ne peut pas élargir notre assiette fiscale comme ça. Si j'ai un problème de financement de services chez nous, je ne peux pas compter le régler en allant facturer les voisins!»

Notre-Dame-du-Mont-Carmel garde la même ligne même si la facture réclamée passait de 276 000 $ à 96 000 $.

«Comme Shawinigan, je prône l'équité», fait remarquer le maire, Luc Dostaler. «Or, le principe que Shawinigan propose n'est pas équitable pour ma population. On est dans un débat qui est sans fin.»

Même désintérêt à Saint-Boniface. «On garde la même philosophie», résume le maire, Claude Caron. «Demandez des pièces d'identité et exigez le prix en conséquence. Si c'est trop cher, il n'y aura pas de monde!»

«Il y a eu un effort qui a été fait», reconnaît Claude McManus, maire de Saint-Mathieu-du-Parc. «Mais le message lancé par notre conseil, c'est qu'on ne veut pas de facturation.»

«La façon dont Shawinigan veut nous collecter de l'argent n'a pas de sens», opine Daniel Petit, maire de Grandes-Piles. «C'est mal parti depuis le début et maintenant, le maire de Shawinigan pense s'en sortir comme ça. J'aurais peut-être fait la même chose à sa place; qui n'essaie rien n'a rien. Mais ça risque de finir en queue de poisson.»

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