Décontamination: le conseil municipal de Shawinigan lève le pied

L'ancien garage municipal de Shawinigan.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'ancien garage municipal de Shawinigan.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le conseil municipal de Shawinigan a décidé de réduire ses ambitions au sujet de son plan de décontamination de plusieurs sites industriels, en raison de coûts beaucoup plus importants que prévu.

Ainsi, seulement deux des six dossiers bénéficieront de l'attention annoncée lors de la visite du ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, en novembre 2015.

Le conseiller du district des Montagnes, Serge Aubry, a présenté un avis de motion, lors de la séance extraordinaire du 24 octobre, qui annonce les intentions de l'administration municipale. Son libellé prévoit l'adoption prochaine d'un règlement qui fera passer de 5,092 à 2,228 millions $ le montant de l'emprunt nécessaire à la réalisation de travaux de décontamination.

Le 24 novembre 2015, M. Heurtel s'était déplacé au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins pour confirmer des subventions totalisant 2,3 millions $ pour couvrir six projets. L'aide provenait du programme ClimatSol, via le Fonds vert.

Cette subvention devait permettre à la Ville de Shawinigan de procéder à la réhabilitation et à la caractérisation des terrains de l'ancienne usine Shawbec, de l'ancien lieu d'élimination de neige sur Broadway, des anciennes usines DuPont et ICI Canada, de l'ancien garage municipal de Shawinigan, de l'intersection de la 5e Avenue et de la 3e Rue et d'une dizaine d'autres terrains dans divers secteurs.

Or, le conseil municipal constate maintenant que les subventions annoncées ne suffiront pas à réaliser le plan prévu. Les ambitions ont donc été revues à la baisse, pour le moment du moins.

«La hauteur des subventions par rapport à ce que nous avons à payer fait en sorte que les montants sont trop élevés», explique le maire, Michel Angers. «Nous voulons donc rencontrer le ministre éventuellement pour être considéré comme une région particulière, étant donné que nous avons hérité d'un méchant paquet de terrains contaminés. Certains, comme Rio Tinto, ont bien fait les choses, mais ça n'a pas été le cas partout.»

M. Angers ne cache pas que cette décision représente une conséquence tangible du plan de redressement des dépenses du conseil municipal, annoncé au début septembre. À compter de cette année, les élus s'engagent à limiter à 16 millions de dollars les règlements d'emprunt, et ce, jusqu'en 2035 afin de réduire la charge de la dette.

«Ça fait partie de notre stratégie de s'assurer qu'on peut faire des travaux pour les montants qu'on est capables», réfère le maire. «Les subventions sont là, mais quand on a seulement le quart des coûts et qu'il faut en payer les trois quarts, ça fait beaucoup d'argent.»

«Idéalement, on pourrait se lancer et tout décontaminer (ce qui avait été annoncé)», ajoute le maire. «Mais financièrement, on fait des choix.»

La Ville décide de décontaminer, à court terme, les terrains de son ancien garage municipal et de l'ancien lieu d'élimination des neiges sur Broadway. Le conseil municipal a choisi ces deux emplacements parce que les activités de la Ville ont provoqué leur contamination. Le MDDELCC doit verser finalement une aide financière de 767 193 $ pour ces deux projets.

«Les autres, on ne les fait pas pour le moment», indique M. Angers.

Lors de la visite du ministre Heurtel, les six terrains retenus par la Ville étaient considérés comme des propriétés à fort potentiel de développement. Le projet de réaménagement de l'écocentre de la Régie de gestion de matières résiduelles de la Mauricie et de reconversion des terrains de l'ancienne usine Shawbec faisaient particulièrement rêver, sur le bord du Saint-Maurice.

«Un jour, on va s'en occuper», s'encourage le maire. «Avec le ponceau qui vient de débarquer (dans le rang Saint-Pierre), ça va nous coûter quelques dollars. C'est ce genre de chose qui nous oblige à faire des choix.»

Au MDDELCC, la décision du conseil municipal de Shawinigan ne contrevient pas à la signature de l'an dernier.

«Le protocole d'entente n'oblige pas la Ville à effectuer les travaux de réhabilitation ou de caractérisation», nuance Sophie Gauthier, responsable des communications au ministère. «Le protocole prévoit seulement les conditions de versement de l'aide financière pour les travaux effectués par la Ville.»

«S'il n'y a pas de travaux réalisés selon les délais prévus au programme, l'entente devient caduque et chacun est libéré de ses obligations», ajoute-t-elle. 

«Comme chaque terrain fait l'objet d'un protocole d'entente distinct, la Ville pourra procéder pour les deux terrains qu'elle entend réhabiliter.»

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