Dette: le plan de Shawinigan accueilli dans l'indifférence

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a repris... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a repris les arguments qui ont guidé les élus dans leur réflexion sur le plan de réduction de la dette.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une semaine après avoir présenté son plan de contrôle des investissements et de réduction de la dette d'ici 2035, le maire de Shawinigan pouvait s'attendre à recevoir quelques commentaires lors de l'assemblée publique de mardi soir.

Un seul citoyen a abordé le sujet, ce qui n'a pas empêché Michel Angers de profiter de l'occasion pour reprendre les arguments qui ont guidé les élus dans leur réflexion.

L'inépuisable Robert Houle s'est présenté au micro, à la période de questions, pour exprimer sans ambages sa déception à la suite du dévoilement de ce plan. Il déplore que la dette continuera à croître d'ici 2020, avant de subir une cure d'amaigrissement de 24 % jusqu'en 2035. 

M. Houle comprend mal qu'une administration municipale puisse s'engager sur une aussi longue période, qui réservera assurément son lot d'impondérables. «Il y a 20 ans, qui aurait pu prévoir la fermeture de la Belgo, de Laurentide, d'Alcan?», questionne-t-il. «Comment pouvez-vous engager les cinq prochaines administrations à votre plan de redressement?»

Le citoyen a pris pour exemple le conseil municipal de Trois-Rivières, dont la dette a progressé beaucoup moins rapidement qu'à Shawinigan depuis 2009.

Le maire a patiemment repris son argumentation sur la composition de la dette, essentiellement conçue avec des investissements dans des services de base ou le remplacement d'équipements désuets.

«Je vous mets au défi de nous dire ce qu'on aurait pu éviter de faire», lance M. Angers.

Ce dernier rappelle que la dette augmentera d'ici 2020 en raison du projet d'approvisionnement en eau potable, qui entraînera un investissement incontournable d'au moins 16 millions $ sur un projet de 64 millions $. Seule consolation, Shawinigan s'en tire mieux que si le scénario initial de puiser l'eau potable dans la rivière Saint-Maurice avait été maintenu, indique le maire.

«Je pense que notre stratégie est raisonnable», résume M. Angers. «Si vous saviez le nombre de personnes qui nous interpellent pour nous demander de faire ceci ou cela...»

M. Angers réitère que la dette de Shawinigan demeure un défi, mais il ajoute que la charge fiscale moyenne de ses citoyens se compare à celle des villes équivalentes à travers la province.

De son côté, M. Houle s'appuie sur l'édition 2016 du palmarès des municipalités du Québec du Centre sur la productivité et la prospérité de l'École des Hautes études commerciales de Montréal pour démontrer que l'administration locale a encore des croûtes à manger pour réduire significativement ses dépenses.

Par exemple, ce document note que les cols bleus possédaient une rémunération globale moyenne de 22 % supérieure à ceux de Drummondville en 2014. De plus, les cadres, professionnels et contremaîtres de Shawinigan détiennent un avantage de traitement de 18 % par rapport à la même ville.

Sur ce plan, le maire a donné raison à M. Houle.

«Nous sommes conscients de cette situation», convient M. Angers. «On ne reviendra pas sur le passé. Nous négocions actuellement une nouvelle convention collective dans l'intérêt des citoyens.»

Inépuisable

Lorsque la question des finances municipales est abordée en séance publique, le maire de Shawinigan prend toujours de longues minutes pour développer son argumentation. Il mentionne qu'il tient à marteler le message auprès des gens qui n'assistent pas régulièrement aux assemblées ou qui suivent moins attentivement les affaires municipales.

«Ce n'est pas que ça me chatouille», commente M. Angers. «Je me permets, en séance publique, de donner l'ensemble des informations parce qu'il y a de nouvelles personnes. Je suis transparent; j'aime expliquer les choses. 

M. Houle connaît tout ça, mais il fait une lecture erronée de la situation. Il regarde des chiffres et compare des pommes avec des oranges.»

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