Shawinigan se serre la ceinture

Tous les conseillers municipaux de Shawinigan ont participé... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Tous les conseillers municipaux de Shawinigan ont participé au dévoilement de la stratégie sur les finances publiques, mardi matin à l'hôtel de ville. On reconnaît notamment, entourant le maire Michel Angers, les conseillers Jean-Yves Tremblay, Lucie DeBons, Josette Allard-Gignac et Martin Asselin.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Dans une volonté de réduire l'endettement de la Ville, les élus de Shawinigan s'engagent à limiter à 16 millions de dollars les montants annuels d'emprunts par règlements jusqu'en 2035.

Une cible qui ne sera pas indexée et qui engage implicitement les cinq prochains conseils municipaux.

La mesure entre en application dès cette année. Alors que le dernier programme triennal d'immobilisations adopté en décembre prévoyait des investissements par règlements d'emprunts de 23,8 millions $ en 2016, l'administration municipale a réduit ce montant à 15,7 millions $ pour se conformer à sa nouvelle cible.

Pour donner une idée de l'ampleur de l'effort, précisons que les emprunts en immobilisations assumés par la Ville de Shawinigan ont atteint 26,6 millions $ en 2013, 10,1 millions $ en 2014 et 36,3 millions $ en 2015.

Le maire, Michel Angers, se défend bien d'annoncer un plan de resserrement des dépenses à des fins électoralistes. Le scrutin municipal est prévu en novembre 2017.

«Ce n'est pas un plan de campagne électorale», assure-t-il.

«Nous avons commencé cette réflexion en début d'année. Ceux qui me connaissent savent très bien que je ne regarde pas les échéanciers électoraux. Nous prenons les décisions quand elles doivent être prises.»

Deux facteurs

La Ville de Shawinigan établit cet objectif ambitieux notamment grâce à la combinaison de deux facteurs.

Primo, les urgences ont été réalisées au cours des dernières années. Il reste évidemment le fameux dossier d'approvisionnement en eau potable à digérer; c'est d'ailleurs pourquoi le maire reconnaît que la dette poursuivra son ascension jusqu'en 2020.

Quant à l'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue, la participation de la Ville sera assumée par une taxe du secteur concerné et non par l'ensemble des Shawiniganais.

Secundo, les nouveaux programmes d'aide gouvernementaux permettront aux municipalités de poursuivre leurs investissements en sollicitant moins directement leurs contribuables. La Ville donne l'exemple du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées, qui réduit sa participation financière de 33 % à 17 % dans ces projets d'infrastructures.

«Notre objectif est simple», explique M. Angers. «Nous voulons léguer, aux générations futures, une ville avec des infrastructures qui ont été remises à niveau, tout en prenant nos responsabilités en adoptant une stratégie de diminution de la dette afin de maintenir les finances de la ville en santé.»

L'administration municipale ne joue-t-elle pas un peu à la roulette russe en basant sa stratégie sur la générosité de programmes gouvernementaux, qui risquent de changer d'ici 2035? Déterminé, le maire assure que même dans cette éventualité, le plafond ne bougerait pas.

«Si les programmes gouvernementaux sont moins généreux, la cible de 16 millions $ va rester parce que pour nous, l'objectif est de diminuer la dette», maintient-il.

«Les programmes sont là pour les prochaines années et les gouvernements ont tout intérêt à continuer à investir dans les infrastructures.»

Le maire ne semble pas indisposé à embarquer les futurs conseils municipaux dans ce train.

«Je suis assez convaincu que ceux qui vont venir après nous auront le même souci de prendre leurs responsabilités, soit de maintenir des infrastructures de qualité en étant capable de penser aux générations futures.»

La dette fondrait après 2020

Conscient que la dette de la Ville a connu une hausse impressionnante depuis son arrivée en poste, le maire de Shawinigan, Michel Angers, propose de la réduire de 24 % entre 2020 et 2035.

En conférence d'information mardi matin toutefois, il a bien pris le temps d'expliquer pourquoi, sous son règne, la dette nette était passée de 82 millions $ en 2009 à 149,4 millions $ en 2014.

Il faut noter que la Ville ne tient plus compte des dépenses d'investissement à financer, des projets qui restent donc à venir, dans son endettement net.

Selon cette logique, ce montant s'établit plutôt à 129,8 millions $ en 2014. Là-dessus, 95,3 millions $ ont été investis dans la réfection de conduites d'égout et d'aqueduc, la voirie et les parcs. Les bâtiments municipaux ont hérité de 21,9 millions $ et 11,1 millions $ ont été consacrés à l'achat de véhicules et d'équipements divers.

M. Angers présente ces investissements comme des éléments incontournables. Le reste de la dette, soit 1,5 million $, a servi à financer des terrains sportifs, de l'ameublement et du matériel informatique.

«Près de 99 % de la dette de la Ville de Shawinigan va pour trois volets (infrastructures, bâtiments, véhicules et équipements)», résume le maire. «Ces travaux étaient essentiels.»

«On a pris nos responsabilités», martèle-t-il. «On n'a pas fait de flafla, ni de projets qui n'étaient pas à notre portée. Au cours des prochaines années, nous allons nous donner les moyens pour continuer à faire ce qui doit être fait.»

Le conseil municipal comprend toutefois que le rythme d'investissements des dernières années ne peut être maintenu. Dans son budget 2016, la Ville prévoyait consacrer 10,5 millions $ au seul remboursement de sa dette.

Il faut toutefois rappeler que les principaux règlements d'emprunts pour la réalisation du projet d'approvisionnement en eau potable n'ont même pas encore été adoptés. La Ville ne cache pas que son endettement net doit bondir de 129,8 à 158 millions $ d'ici 2020.

Mais en 2035, M. Angers croit que le plafonnement des investissements aura permis de réduire le boulet à environ 120 millions $. Si ce défi est relevé, l'administration municipale aura retranché 24 % de sa dette nette sur une période de 15 ans.

Difficile, pour le moment, de connaître l'impact de cette orientation sur les prochains budgets. Chaque exercice fait l'objet d'une profonde réflexion des élus à l'automne et rien ne changera sur ce plan, mentionne le maire.

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