Services supralocaux: Shawinigan réduit son appétit

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Les intentions du maire, Michel Angers, ont été plutôt bien accueillies par les maires lors de la rencontre convoquée par la ministre régionale, Julie Boulet, ainsi que les députés de Saint-Maurice, Pierre Giguère et de Maskinongé, Marc H. Plante, lundi matin à Louiseville.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Dans une volonté de favoriser une entente avec les municipalités avoisinantes, la Ville de Shawinigan propose de réduire considérablement la facture réclamée pour ses services supralocaux.

Elle y parviendrait en éliminant des éléments utilisés comme base de calcul dans la fameuse étude réalisée l'an dernier par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, ainsi qu'en biffant certaines infrastructures de l'équation.

Les intentions du maire, Michel Angers, ont été plutôt bien accueillies par les maires lors de la rencontre convoquée par la ministre régionale, Julie Boulet, ainsi que les députés de Saint-Maurice, Pierre Giguère et de Maskinongé, Marc H. Plante, lundi matin à Louiseville.

Difficile de connaître précisément l'ampleur de la révision proposée, mais la facture initiale serait fortement réduite. Rappelons que dans son étude, RCGT estimait que la Ville de Shawinigan pouvait légitimement réclamer une somme totalisant entre 456 000 $ et 476 000 $ à neuf municipalités avoisinantes pour l'utilisation d'une large palette de services supralocaux.

La différence de montants s'expliquait par l'application ou non de tarifs plus élevés pour l'utilisation de l'amphithéâtre par les hockeyeurs de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Pour réduire cette facture, l'administration shawiniganaise aurait charcuté de grands pans de l'étude. RCGT était guidée par trois principes pour en venir aux estimations présentées: les frais d'exploitation, les très controversés frais indirects et les coûts des immobilisations.

Dans sa nouvelle proposition, la Ville de Shawinigan ne réclamerait que les frais d'exploitation et réduirait la liste des équipements considérés comme supralocaux.

Le maire, Michel Angers, ne souhaite pas détailler son offre sur la place publique. Il convient toutefois que les maires travailleront avec des montants bien différents.

«Nous avons réduit sensiblement les frais associés à des sports et à la culture pour les non-résidents, en échange d'ententes intermunicipales», commente-t-il. «Mes collègues se sont montrés disposés à poursuivre les discussions sur la base de cette nouvelle proposition. Nous avons eu de bons débats à l'interne et dans une perspective d'ouverture, nous avons fait, je dirais, un pas de géant dans la grille de calcul proposée.»

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc et porte-parole des municipalités ciblées, Claude McManus, partage cette lecture.

«Shawinigan révise un peu, et même pas mal, leurs coûts», convient-il. «Mais nous n'avons pas de chiffres clairs. Ça devrait nous être produit d'ici deux semaines et après, nous organiserons une réunion pour prendre position.»

La rencontre a duré environ trois heures et les dix municipalités visées par Shawinigan étaient représentées. Rappelons qu'il s'agit de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Boniface, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Mathieu-du-Parc, Grandes-Piles, Saint-Paulin, Hérouxville, Saint-Tite et Charette.

«Je suis très heureuse du dénouement», commente Mme Boulet. «La Ville de Shawinigan avait fait ses devoirs, avec une nouvelle proposition. Les dix maires vont en discuter et vont nous revenir avec leur lecture. Ça a été très constructif, très positif.»

Les députés continueront à suivre le dossier de près, mais pour le moment, ils comptent laisser les maires négocier entre eux. Si le besoin s'en fait sentir, ils pourraient toutefois organiser une nouvelle rencontre.

Mme Boulet assure que le gouvernement n'impose aucun échéancier dans ce dossier, malgré la demande d'intervention formulée en mars par le conseil municipal de Shawinigan au ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux.

Utilisateur-payeur ou pas?

La Ville de Shawinigan tient toujours à son principe d'encaisser une compensation pour des services utilisés par des citoyens de l'extérieur, comme d'autres municipalités ont réussi à obtenir à travers le Québec au cours des dernières années. La particularité de ce dossier réside dans le fait que la ville-centre négocie une entente avec des municipalités de trois MRC différentes.

Une facture réduite compensera-t-elle l'abandon d'un principe cher aux maires, celui de l'utilisateur-payeur? Les municipalités visées réclameraient-elles ces frais supplémentaires directement aux citoyens concernés?

Les élus devront étudier ces questions au cours des prochaines semaines, eux qui souhaitaient que la Ville de Shawinigan continue à établir une tarification pour les non-résidents au moment de leur inscription aux activités. Ils ne s'objectaient pas à ce que la facture représente le coût réel; le citoyen paierait alors en toute connaissance de cause, sans que le montant soit dilué à l'ensemble de la communauté dans un compte de taxes. 

«Comme c'est le cas pour plein d'ententes intermunicipales, on convient d'un montant et la municipalité paye une somme à celle qui donne le service. Par la suite, elle peut faire ce qu'elle veut. Mais nous, on veut des ententes intermunicipales, comme c'est le cas partout au Québec», témoigne M. Angers.

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