Les cols bleus de Shawinigan passent leur message

Les cols bleus de la Ville de Shawinigan... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les cols bleus de la Ville de Shawinigan ont envahi la salle du conseil municipal lors de la séance publique régulière de mardi soir.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Très discrets depuis le début des négociations entourant le renouvellement de leur convention collective, les cols bleus de la Ville de Shawinigan ont envahi la salle du conseil municipal lors de la séance publique régulière de mardi soir.

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Alain Thiffault, président des cols bleus de Shawinigan, s'est présenté à la séance publique de mardi soir en compagnie d'une soixantaine de membres. 

François Gervais, Le Nouvelliste

Portant tous un gilet bleu à l'effigie de leur syndicat, la soixantaine de membres sont demeurés très disciplinés pendant l'assemblée, laissant leur président, Alain Thiffault, faire le point sur la situation à la période de questions.

Le contrat de travail des cols bleus a pris fin le 31 décembre 2014. Depuis ce temps, «dix-sept ou dix-huit» rencontres de négociation se sont déroulées sans avancée significative. Les deux parties s'accrochent sur les horaires de travail, sans oublier les discussions complexes sur le régime de retraite en considérant l'entrée en vigueur de la nouvelle Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal. Ce volet est d'ailleurs rendu en arbitrage.

En ce qui concerne la convention collective, très peu de progrès ont été effectués jusqu'à maintenant. La question des salaires n'a même pas encore été abordée, puisque les deux parties ne s'entendent pas sur les horaires de travail.

«À chaque fois qu'on fait un petit bout de chemin, qu'on est près d'une entente, la rencontre suivante, la Ville en voulait encore plus», déplore le représentant syndical.

Pour M. Thiffault, le problème touche les employés qui travaillent à l'extérieur, tels que les unités de voirie, au traitement de l'eau potable ou des eaux usées. Il souhaite maintenir une lettre d'entente convenue au cours de la dernière convention pour limiter la perte de temps en déplacements sur l'heure du midi en compensant les employés pour manger sur leur lieu de travail, mais l'employeur préférerait revenir aux termes de la dernière convention collective.

«Imaginez toute la machinerie, les véhicules que nous avons, les horticulteurs, tout ce beau monde qui doit redescendre au garage municipal (sur l'heure du midi). Imaginez combien ça coûte! En toute honnêteté, on ne comprend pas!», dénonce M. Thiffault.

Ironiquement, fait-il remarquer, le conseil a adopté, en séance publique, une résolution endossant la Déclaration du sommet des élus locaux pour le climat, qui propose que les élus municipaux s'engagent à lutter contre le dérèglement climatique.

Pour le maire Michel Angers, cette position s'inscrit dans un cadre global de négociations.

«Nous nous sommes rencontrés, nous nous étions entendus sur les priorités de chaque côté», raconte-t-il. «Nous avons livré la marchandise en donnant à peu près ce qu'ils souhaitaient pour le régime de retraite. Mais quand ça a été le temps de parler de flexibilité, ça a été une fin de non recevoir. Nos négociateurs ont donc simplement décidé d'appliquer la convention collective qui était là avant.»

Munitions en réserve

Le ton est demeuré courtois mardi soir lors des échanges entre le maire et les représentants syndicaux, mais M. Thiffault prévient qu'il n'hésitera pas à citer des exemples d'utilisations douteuses des fonds publics si les négociations ne débloquent pas.

«Avant de respecter la capacité de payer des citoyens, il faut respecter les citoyens en premier. La Ville dépense de l'argent à plein d'endroits, vous ne croiriez pas ça. La caserne de pompier, c'est beau. Mais quand on voit les états financiers de la Ville et qu'on voit comment c'est arrangé à l'intérieur, on se dit qu'on n'est pas à Shawinigan. Au garage municipal, on n'a pas des fauteuils en cuir, mais des tables de McDonald's!»

Un conciliateur a été désigné dans le cadre de la négociation pour le renouvellement de la convention collective. La prochaine rencontre est prévue le 21 juin. Le maire a réitéré sa volonté ferme d'en venir à une entente négociée.

«Je ne suis pas inquiet pour la suite des choses», laisse-t-il tomber. «Quelques rencontres de négociation et ça va se régler.»

Précisons qu'en séance publique, le conseil municipal a autorisé la signature d'une nouvelle convention collective avec le Syndicat des pompiers et pompières du Québec section locale Shawinigan. Ce contrat prévoit notamment la création d'un régime à cotisation déterminée, ainsi qu'une hausse de salaire de 2,55 % en 2014, un gel en 2015 et une augmentation correspondant à l'indice des prix à la consommation, avec un minimum de 2 %, pour 2016.

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