Assainissement des eaux au lac à la Tortue: Shawinigan voudrait modifier le projet

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Le lac à la Tortue

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire n'a toujours pas donné son approbation finale au projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue parce que la Ville de Shawinigan chercherait à sortir des cadres du plan approuvé, ce qui impliquerait un plus grand nombre de résidences desservies et des modifications encore imprécises au système de traitement.

La ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet et le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, sont allés aux nouvelles vendredi. Rappelons que cette semaine, le maire, Michel Angers, déplorait être tenu dans l'incertitude par le gouvernement du Québec, malgré le résultat concluant du registre consultatif organisé au début avril.

Dans ce contexte, il déplorait la confusion que pouvait semer l'entreprise Busch Vacuum Technics dans sa volonté de présenter un système d'égout sous vide à la population, lors d'une assemblée d'information.

Les deux députés n'ont pas senti que cet élément pouvait constituer un irritant à Québec. Ancien conseiller municipal du district Val-Mauricie, M. Giguère rejoint cependant l'opinion du maire en mentionnant que la technologie d'égout sous vide a déjà été analysée et que le choix est arrêté.

Mais alors, qu'attend donc le ministère avant d'approuver le projet?

«Pierre Giguère et moi avons demandé un état de la situation au sous-ministre adjoint aux Affaires municipales», explique la députée de Laviolette. «La réponse est la suivante: il manque des précisions dans le dossier de Shawinigan. Tant que le ministère n'aura pas ces précisions, il ne pourra pas l'envoyer au fédéral. J'en ai été la première étonnée!»

Pierre Giguère précise que la Ville laisse planer la possibilité d'augmenter le nombre de résidences desservies par le nouveau réseau d'égout si les travaux n'atteignent pas les 40,2 millions $ prévus. M. Angers a évoqué cette possibilité à plusieurs occasions, notamment en séance publique du conseil municipal pour répondre à des citoyens qui se demandaient pourquoi leur rue n'était pas raccordée.

Or, si la Ville veut procéder de la sorte, elle doit produire ses intentions clairement par écrit, souligne le député de Saint-Maurice.

«Avec le même budget, Shawinigan veut plus de raccordements», explique-t-il. «Mais le ministère ne connaît pas le nombre exact. Il y a aussi une question de bassin. Il se peut que celui de Grand-Mère soit agrandi, ou qu'un nouveau soit fait au Lac-à-la-Tortue. Alors finalement, c'est quoi le projet?»

M. Giguère avoue que le sang ne lui a fait qu'un tour cette semaine, lorsque le maire de Shawinigan a pelleté la responsabilité du retard dans la cour du gouvernement du Québec.

«Il sait très bien que la Ville n'a pas déposé tous ses documents», rage-t-il. «Le travail de la Ville n'est pas complet. Le ministère est catégorique là-dessus. Il y a un travail à faire et après, il faut déposer le dossier à Ottawa.»

«On peut bien envoyer l'avis tout de suite au gouvernement fédéral», fait remarquer M. Giguère. «Mais ce serait sur la base du protocole sur lequel on s'est entendu au départ. Or, la Ville appelle au ministère et se demande si elle peut ajouter des maisons, elle dit qu'elle n'est pas sûre des bassins. À un moment donné...»

Le député de Saint-Maurice ne sent pas nécessairement une fermeture complète à l'idée d'ajouter des résidences au projet. Présentement, un millier de propriétés du secteur Lac-à-la-Tortue seraient desservies par le nouveau réseau d'égout et près de 200 du côté d'Hérouxville.

Par contre, si le projet approuvé ne coûte que 36 ou 38 millions $, l'aide financière sera ajustée en conséquence. Le 22 février, M. Giguère avait annoncé que Québec et Ottawa verseraient chacun 13,4 millions $ pour ce projet. Le solde doit être assumé proportionnellement par Shawinigan et Hérouxville, mais sur le base d'une estimation de 40,2 millions $.

«Pour le moment, ce n'est que du verbal», mentionne M. Giguère. «Nous leur demandons seulement de faire une demande officielle pour qu'on puisse prendre une décision.»

«C'est carrément la faute de la Ville», insiste le député de Saint-Maurice. «Qu'on arrête de mettre la faute sur le gouvernement ! C'est toujours la faute des autres. Que la Ville prenne ses responsabilités!»

«Je souhaite que le dossier se règle le plus rapidement possible», réitère Mme Boulet. «Ça fait des années que ça traîne. Les citoyens ont été grandement patients. C'est vrai que c'est toujours compliqué avec des programmes gouvernementaux, mais il faut trouver une conclusion à ce dossier, dans l'intérêt de tout le monde.»

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