Séminaire Sainte-Marie: la direction plonge pour 2016-2017

Luc Trudel, directeur général du Séminaire Sainte-Marie, devra... (Sylvain Mayer)

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Luc Trudel, directeur général du Séminaire Sainte-Marie, devra annoncer certaines décisions à son personnel au cours des prochains jours pour respecter son budget 2016-2017.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Malgré un nouveau recul anticipé du nombre d'inscriptions pour la prochaine année scolaire, le conseil d'administration du Séminaire Sainte-Marie a adopté un budget équilibré pour 2016-2017 mercredi soir. Des décisions seront toutefois annoncées au cours des prochains jours pour respecter le nouveau cadre financier.

Le directeur général, Luc Trudel, préfère évidemment demeurer discret sur les mesures prévues pour le moment. Avant tout, il se réjouit de confirmer que la vénérable institution d'enseignement secondaire demeure bien en selle pour la prochaine année, ce qui n'apparaissait pas aussi clair au début mai. 

À ce moment, le conseil d'administration avait pris la décision de faire parvenir un avis de licenciement collectif de huit semaines à ses employés, afin de respecter la Loi sur les normes du travail au cas où la réalisation du budget de la prochaine année rencontrait des difficultés insurmontables. Une «mesure préventive» qui a évidemment alimenté le moulin à rumeurs.

«L'exercice n'était pas simple à faire», convient le directeur général. «L'école a de grands défis. Des décisions sont prises, mais il est encore trop tôt pour les annoncer.»

L'avis de licenciement collectif, une mesure exceptionnelle, a suscité quelques réactions, convient Chantal Légaré, présidente du Syndicat de l'enseignement de la Mauricie, qui représente une quinzaine d'enseignants au SSM.

«Le préavis était fait à titre préventif, alors on ne paniquait pas», commente-t-elle. «On savait que la situation du séminaire était précaire. Par contre, la démarche a été bien présentée. C'est sûr que ce n'est jamais rassurant de recevoir un avis de licenciement. J'ai eu quelques appels, mais les enseignants m'avaient dit que ça avait été présenté à titre préventif et que la direction travaillait pour garder le séminaire ouvert.»

L'adoption du prochain budget écarte donc la menace de fermeture en 2016-2017, ce qui ne règle quand même pas tout.

«C'est sûr que dans un contexte de restrictions, nous réévaluons toutes les dépenses», mentionne le directeur général. «Il y a parfois des décisions difficiles. Il y aura des discussions à avoir avec le personnel pour mettre en place les décisions qui découleront du budget. Il reste à savoir de quelle façon travaillera-t-on, avec nos équipes, pour réaliser le plan.»

M. Trudel ne veut pas s'avancer sur l'ampleur de la diminution du budget adopté. Présentement, le Séminaire Sainte-Marie table sur une rentrée «autour de 200 inscriptions» en 2016-2017. L'année en cours se terminera avec 235 étudiants. Lorsqu'il a été confirmé dans ses fonctions de directeur général pour cinq ans au début de l'année, M. Trudel mentionnait que «nous avons besoin de 260 étudiants pour faire nos frais, dans la structure de coûts dont nous disposons présentement.»

La restructuration s'effectuera sur fond de négociation pour le renouvellement des conventions collectives des deux accréditations syndicales du SSM. Le contrat de travail des enseignants se termine le 30 juin et aucune rencontre n'est encore prévue à l'agenda. En ce qui concerne le personnel de soutien, la convention collective est échue depuis un an. Des rencontres sont survenues, mais les négociations ne sont pas terminées.

«Nous avons convenu, avec les enseignants, qu'on discuterait de tout ça à l'automne», confie M. Trudel.

«Notre ronde de négociation nationale a été assez longue et les signatures ne sont toujours pas faites», rappelle Mme Légaré. «On n'embarquait donc pas dans les négociations au séminaire. Probablement que ça ira à l'automne.»

Une réflexion s'impose

Étant donné que chaque nouvelle année scolaire est accompagnée d'une brise d'incertitude au Séminaire Sainte-Marie, le directeur général, Luc Trudel, considère qu'une bonne réflexion s'impose sur l'avenir de l'institution.

«Autant sur le plan de l'organisation scolaire que sur le plan pédagogique», explique-t-il. «Comment définir la personnalité du Séminaire Sainte-Marie en français, en mathématiques et ainsi de suite? Qu'est-ce qui nous distingue? C'est une réflexion sur la définition de notre identité. Le défi, c'est de voir comment on peut ramener une partie de l'essence du Séminaire Sainte-Marie depuis ses débuts et l'intégrer au développement pédagogique, qui a été fulgurant.»

«Il y a de nouvelles technologies, des téléphones intelligents, des tablettes, des tableaux interactifs, qui sont venus au monde», poursuit-il. «Avec les réseaux sociaux, les habitudes de communication des jeunes sont complètement différentes. De quelle façon s'adapte-t-on au fonctionnement des jeunes d'aujourd'hui? L'école a un rôle de plus en plus important. Avec 74 % des couples dont les deux conjoints travaillent, ils ont moins de temps, d'énergie et de disponibilité à consacrer à l'éducation des enfants. Ce rôle incombe de plus en plus à l'école. On doit donc réfléchir sur notre approche face aux jeunes et revenir à l'essence.»

Le directeur souhaite même que les parents soient impliqués de près dans ce brassage et sur ce plan, son passage en politique lui a fourni une source d'inspiration.

«Quand j'ai vu le fonctionnement de l'école de la Tortue-des-bois (à Saint-Mathieu-du-Parc), qui a une approche un peu communautaire, j'ai été charmé par ce fonctionnement», partage-t-il. «Toute la communauté gravite autour de cette école. Des adultes viennent donner un coup de main pour certains travaux. Des grands-parents, des oncles, des tantes donnent un coup de main en classe ou au service de garde, pour appuyer des éducatrices.»

La formule est déjà appliquée dans certaines sphères au SSM, mais le directeur souhaite insister encore davantage sur l'importance de l'appropriation de cette institution.

«Quand des parents choisissent de dépenser une somme assez importante de leurs revenus disponibles pour envoyer leurs enfants à l'école privée, ça signifie que pour eux, l'éducation, ça a une valeur importante», souligne le directeur. «On le voit aux rencontres de parents: le taux de participation est très élevé comparativement à ce qu'on voit ailleurs. Les parents sont mobilisés. Dans notre club de robotique, nous avons des mentors, des parents et des grands-parents, qui donnent un coup de main. Pour la radio scolaire, j'ai des parents, des professionnels des médias, qui sont venus faire des ateliers. Les parents de nos anciens pourraient venir transmettre leur expertise aux jeunes, ce qui apporterait beaucoup à la vie étudiante. Il faut savoir comment bénéficier du talent de nos parents et de nos anciens pour offrir des opportunités d'apprentissage en dehors des cours.»

Le directeur souhaite pouvoir mettre en place certaines initiatives dès la rentrée scolaire 2016-2017

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