Eaux usées: Angers ne cache pas sa nervosité

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a hâte... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a hâte d'avoir des nouvelles de Québec au sujet du projet d'assainissement des eaux usées du lac à la Tortue.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Ville de Shawinigan attend toujours la confirmation écrite du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire pour la réalisation du projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue.

Cette situation indispose le maire, Michel Angers, qui n'a pas besoin qu'une entreprise privée vienne mêler les cartes pour complexifier encore davantage le dossier.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le gouvernement du Québec n'a toujours pas donné son interprétation des résultats des registres consultatifs organisés les 3 et 4 avril, à Shawinigan et Hérouxville. À ce moment, seulement 133 citoyens s'étaient manifestés contre le projet, une infime fraction par rapport aux quelque 1246 personnes éligibles.

Dans ce contexte, M. Angers accueille plutôt mal la démarche initiée par l'entreprise Busch Vacuum Technics et son porte-parole, Christian Dubois, pour suggérer une autre technologie.

«C'est extrêmement fragile», explique le maire. «Nous n'avons pas encore les réponses du gouvernement. Ça a pris beaucoup d'énergie et de temps pour le convaincre. De voir arriver des joueurs qui peuvent mettre du sable dans l'engrenage, c'est toujours un peu inquiétant.»

«Est-ce que des pressions pourraient faire en sorte que Québec se demande si tout a été fait selon les règles de l'art ?», se questionne-t-il. «L'inquiétude qu'on a, c'est que tout ça retarde indûment le projet. Ce serait dommage pour les gens qui attendent.»

M. Angers répète que l'analyse des technologies disponibles a déjà été réalisée par Pluritec, qui a sans doute tenu compte des améliorations apportées au système d'égout sous vide proposé par Busch Vacuum Technics avant de l'écarter.

«On se fie à des firmes professionnelles et quand nous avons des recommandations, on les propose au gouvernement», explique-t-il. «Vous imaginez-vous qu'il laisserait passer l'occasion d'économiser six millions $?»

Le maire questionne l'éthique de la démarche de l'entreprise, qui revient à la charge pour proposer une solution après la présentation des plans, le 7 mars dernier à Espace Shawinigan, alors que la technologie retenue et les coûts sont bien arrêtés.

«De quel droit une entreprise privée peut-elle solliciter des citoyens sur des projets déjà sur la table? Avez-vous déjà vu ça?», questionne-t-il.

«C'est assez particulier, comme démarche. Depuis quand peut-on faire ça? Nous avons fait la consultation, les analyses. Est-ce que ça veut dire que Pluritec n'a pas fait son travail?»

«Je n'ai pas l'expertise pour savoir quel est le meilleur système», mentionne M. Angers. «Je me fie à des experts. Un vendeur de balayeuses va toujours dire que ses balayeuses sont les meilleures, c'est normal. Ceux qui sont capables d'évaluer les technologies, ce sont les ingénieurs.»

Insistance

De son côté, M. Dubois considère que Pluritec aurait dû entrer en contact avec Busch Vacuum Technics lors de la révision des coûts du projet. Voilà pourquoi l'entreprise tient tant à sa démonstration. Les citoyens pourraient ensuite décider en toute connaissance de cause.

«L'argumentaire n'est pas compliqué», commente le porte-parole. «La Ville dit qu'elle a 100 % confiance en Pluritec, qu'elle a étudié toutes les solutions possibles. Attendez, on n'a jamais eu un appel d'eux depuis cinq ans!»

«Il y a une réticence, chez les ingénieurs de la Ville, pour aller à une solution autre que le système qui existe depuis Napoléon», ajoute M. Dubois.

«Or, la compagnie AIRVAC, aux États-Unis, a repris l'ensemble des résidences et refait les plans. Nous avons les détails et c'est ce qu'on voulait montrer aux citoyens. On enlève toutes les pompes dans les résidences. Il y a 22 systèmes de pompage dans le système gravitaire; nous en avons trois avec AIRVAC. Mais c'était réglé d'avance qu'un système était décidé.»

M. Dubois prétend que le projet du lac à la Tortue deviendrait un terrain de jeu sur mesure pour une technologie d'égout sous vide.

«Notre système ne fonctionne pas dans une grande agglomération, parce que c'est trop compliqué. Mais autour du lac, il n'y a pas de pente. C'est un site idéal pour faire du sous vide.»

«C'est sûr qu'il y a une raison économique derrière ça; on ne le fait pas pour le plaisir. Mais on trouve que les gens n'ont pas été bien informés.»

M. Dubois maintient qu'une rencontre sera organisée au lac à la Tortue, à la fin juin ou au début juillet. L'endroit exact et la date devraient être dévoilés sous peu.

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