Eaux usées: Shawinigan empêche la tenue d'une séance d'information

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Une centaine de citoyens de Shawinigan et d'Hérouxville ont perdu leur temps en voulant participer à l'assemblée d'information qui devait être animée par la firme Busch Vacuum Technics, mardi soir à la salle communautaire Lupien du secteur Lac-à-la-Tortue.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une centaine de citoyens de Shawinigan et d'Hérouxville ont perdu leur temps en voulant participer à l'assemblée d'information qui devait être animée par la firme Busch Vacuum Technics, mardi soir à la salle communautaire Lupien du secteur Lac-à-la-Tortue.

Vers 19 h, Christian Dubois, président de la... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Vers 19 h, Christian Dubois, président de la firme Onix International et représentant de la compagnie Busch Vacuum Technics, a pris la parole pour expliquer à la centaine de citoyens présents qu'il ne pourrait présenter son projet, la Ville ayant verrouillé les portes de la salle Lupien. 

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

En effet, lundi après-midi, la Ville avait sommé le représentant de cette entreprise, Christian Dubois, de ne pas utiliser cet immeuble pour faire sa présentation, de sorte que les gens ont dû repartir chez eux avec leur petit bonheur.

Le stationnement de la salle communautaire Lupien était pourtant bondé peu avant le début de cette rencontre, prévue à 19 h. Personne ne pouvait pénétrer à l'intérieur, puisque les portes étaient verrouillées. Même que des employés municipaux avaient changé les serrures pour s'assurer que la consigne serait respectée.

Tout ça pour empêcher M. Dubois et les représentants de Busch Vacuum Technics de présenter la mise à jour de leur projet aux citoyens. Son système d'égout sous vide AIRVAC avait été rejeté par la firme Pluritec en 2009, parce qu'elle le jugeait alors trop dispendieux et trop complexe à construire.

Deux ans plus tard, Busch Vacuum Technics, établie à Boisbriand, présentait sa solution à l'Association pour la protection du lac à la Tortue. L'entreprise avait mis ses démarches sur la glace par la suite, jusqu'à ce que Québec et Ottawa confirment l'aide financière essentielle à la réalisation de ce projet.

Busch Vacuum Technics serait néanmoins parvenue à mettre la main sur les plans, tels que présentés lors la grande rencontre du 7 mars à Espace Shawinigan. À partir de ces documents, M. Dubois estime à six millions de dollars les économies par rapport au système d'égout gravitaire retenu. C'est ce qu'il voulait présenter aux gens concernés, mardi soir, avant que l'accès à la salle lui ait été formellement interdit.

François St-Onge, directeur des communications à la Ville, explique que cette permission n'aurait jamais dû être accordée.

«Les immeubles municipaux ne doivent pas servir à des entreprises privées qui veulent faire des ventes», mentionne-t-il.

«S'il veut faire des activités de lobbying pour vendre des procédés, qu'il se loue une salle commerciale. Ce n'est pas la vocation d'une salle communautaire.»

Voyage blanc

Les citoyens présents semblaient curieux de prendre des informations sur cette nouvelle technologie, mais certains d'entre eux souhaitaient également dire aux représentants qu'ils arrivaient trop tard dans cette interminable saga. Peu importe la position adoptée, les gens comprenaient mal la décision de la Ville.

«Le droit à l'information vient d'être brimé», déplore Michel Goulet, un peu abasourdi par ce nouvel épisode. «L'immeuble de la Ville est fermé! J'espère que ça ne fera pas déraper le projet.»

«Laisser un paquet de monde se déplacer pour rien, je trouve ça bizarre», réagit Jacques Huot. «Il n'y a rien de mal à avoir accès à de l'information. Je ne pense pas que les gens seront heureux de la situation. Peut-être qu'on peut parler d'abus de pouvoir. Si le système existe ailleurs, il doit y avoir quelque chose de bon là-dedans.» 

François Gélinas n'est même pas directement concerné par le projet, mais il s'était déplacé parce qu'il était intrigué par la technologie proposée.

«Il faut croire qu'on ne peut pas s'instruire!», sourit-il.

«Ça fait trente ans que j'habite au lac et c'est moi qui paye cette salle», rage Réjean St-Louis. «Ce n'est pas (Michel) Angers ou (Martin) Asselin, le fantôme. La salle aurait dû être ouverte. Si on était moins peureux, on défoncerait les portes et on entrerait. La Ville n'avait pas d'affaire à changer les serrures. Il n'y a pas que l'opinion d'Angers qui compte!»

De son côté, Danielle Parent assure qu'elle aurait profité de cette assemblée pour dire sa façon de penser aux promoteurs.

«Ils créent la zizanie!», s'écrie-t-elle. «C'est assez! J'aurais aimé dire ce que j'avais à dire. Je me disais qu'on reculerait encore et que la merde coulerait encore à côté de chez nous (dans la baie des Daniel) et je n'en veux plus!»

Claude Vaugeois, président de l'Association pour la protection du lac à la Tortue, croit que la Ville a adopté une curieuse attitude en interdisant cette présentation.

«Je trouve ça un peu dommage», reconnaît-il. «C'était tout simplement de l'information transmise à la population. Cette technologie a quand même été regardée par Pluritec dans le cadre de l'analyse des diverses options possibles. Il fallait donner la chance au coureur. Personnellement, je ne voyais pas de craintes. La priorité des gens, c'est que le projet ne soit pas retardé d'une demi-heure, peu importe la technologie.»

Ce n'est que partie remise?

Pendant une quarantaine de minutes mardi soir, Christian Dubois, chargé de projet pour la société Busch Vacuum Technics, a répondu aux questions ou aux insinuations des nombreux citoyens qui s'étaient déplacés à la salle Lupien pour son activité d'information.

Épaté par l'intérêt manifesté par la population, il glisse qu'une personne lui a proposé la location d'une salle privée, de sorte que la présentation devrait être reprise assez rapidement.

«C'est une agréable surprise de voir autant de gens», commente-t-il. «Ils trouvaient assez particulier qu'on leur interdise l'accès à une salle communautaire. Ils disaient qu'ils étaient pourtant chez eux! Mais la Ville a décidé que c'était sa salle, en changeant les serrures et en m'informant 24 heures à l'avance pour être sûr que je ne pourrais pas dire aux citoyens que ça n'aurait pas lieu.»

M. Dubois assure qu'il ne veut pas mettre de pression sur les gens, seulement les informer adéquatement. La technologie d'égout sous vide a considérablement évolué au cours des dernières années, d'où la pertinence de reprendre la présentation avec des coûts actualisés, indique-t-il.

Par contre, le représentant a bien senti que la population n'était aucunement intéressée à repousser l'échéancier, si près du but.

«Quand on parle de 2017 pour les travaux, ce n'est pas lundi prochain», fait-il remarquer. «Il reste du temps. Les gens sont inquiets, avec raison. On ne parle pas de tout refaire: on a fait une étude comparative avec les mêmes plans, du même réseau et on l'a chiffrée. Les plans sont là, il s'agit simplement de changer la technologie. Ce sont les mêmes maisons, les mêmes égouts. Ce n'est donc pas une question d'années pour faire ces changements.»

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