La mosquée laisse les voisins indifférents

Le conseiller du district de la Cité, Alain... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le conseiller du district de la Cité, Alain Lord, n'a entendu aucun écho négatif depuis l'arrivée de la mosquée sur l'avenue Saint-Marc.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À la salle de billard Monarque, la serveuse apporte un repas chaud à un client en haussant les épaules. La mosquée? Des musulmans?

«Je peux te dire qu'il y a actuellement des sujets pas mal plus chauds à Shawinigan», témoigne la dame.

«D'habitude, on s'attend à voir des femmes voilées, mais ici, je n'en ai pas vu», renchérit l'homme attablé. «On remarque pas mal plus le monde de Sainte-Thérèse qu'eux!»

La mosquée n'a rien changé dans le quartier Saint-Marc au cours de la dernière année. Pour les commerçants, effectivement, les patients du centre régional de santé mentale préoccupent beaucoup plus leur quotidien.

Julie Vincent, propriétaire d'un salon de coiffure, se surprend même parfois à verrouiller son commerce à 14 h quand les passants ne lui inspirent pas trop confiance.

L'arrivée d'un centre de prière pour les musulmans n'a pas bousculé son quotidien. Elle assure qu'elle n'avait aucune appréhension particulière lorsque la mosquée a été aménagée, juste de l'autre côté de la rue.

«On ne les voit jamais», résume Mme Vincent. «J'en ai aperçu deux ou trois, dont une femme voilée. À chacun sa vie. Tant qu'ils font leurs affaires...»

«Ça n'a rien changé», confirme une employée du restaurant Chez Carmen. «On en voit surtout le soir. Le jour, c'est très tranquille. Il y a pas mal pire que ça. Il y a beaucoup de gens malades dans le coin. C'est plus dangereux!»

Rencontré sur la rue, Michel Tousignant, qui habite dans un appartement tout près de la mosquée, n'en fait pas d'histoire non plus.

«Je n'ai pas de problème avec ça; je ne suis pas raciste», indique-t-il. «Je n'ai rien contre ça. Ils ne me dérangent pas.»

Même genre du commentaire de la part de Jean Charette, qui habite le quartier depuis cinq ans.

«Je n'ai pas de nouvelles d'eux et je n'ai pas de craintes», laisse-t-il tomber.

Contexte

Bref, difficile de saisir comment une population ait pu convaincre des conseillers municipaux de bloquer le changement de zonage dans un parc industriel du secteur Shawinigan-Sud l'an dernier pour éviter l'arrivée d'une mosquée.

Alain Lord, représentant du district de la Cité, confirme également que le centre culturel musulman s'est introduit dans le quartier sans faire d'histoire. Il est située à un jet de pierre de son commerce, la taverne Moderne.

«Je n'ai pas entendu parler d'eux de l'année; c'est silence radio», confie-t-il. «Ils font leurs affaires. Personne ne m'a téléphoné là-dessus.»

En repensant à la tempête suscitée par leur demande de l'an dernier pour le changement de zonage au parc industriel Albert-Landry, M. Lord croit qu'il s'agissait simplement d'un mauvais concours de circonstances.

«C'était à cause des événements (chez Charlie Hebdo)», croit-il. «Je ne pense pas qu'on va avoir de troubles avec eux. En plus, il y a plein d'autres communautés religieuses dans le coin. On est bien protégés!»

M. Lord rappelle qu'à l'été 2014, un même processus de changement de zonage pour accueillir la mosquée s'était déroulé sur l'avenue Tamarac et encore là, personne n'avait soulevé la moindre opposition.

«Sans ces événements, ils auraient peut-être établi leur mosquée dans le parc industriel et on n'en aurait pas entendu parler», avance le conseiller municipal.

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