Pour contrer la radicalisation

Le Centre culturel musulman de Shawinigan avait ouvert... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le Centre culturel musulman de Shawinigan avait ouvert ses portes au printemps 2015, sur l'avenue Saint-Marc.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Au plus fort de la controverse l'an dernier, Philippe Bégin Garti, président du Centre culturel musulman de Shawinigan, soulignait qu'une mosquée ne devait pas être considérée comme une forteresse de radicalisation, mais plutôt comme un rempart contre l'isolement qui peut justement mener à succomber à l'appel des djihadistes sur le web. Son opinion est renforcée par ce qu'il a vécu au cours de la dernière année.

«Quelqu'un qui veut s'isoler va toujours le faire», explique-t-il. «La mosquée nous donne un point de convergence. On peut échanger entre nous, voir comment les gens se sentent. On sait tout de suite si quelqu'un est malade, s'il vit des problèmes. Ça peut contribuer à réduire les risques, même si ce n'est pas une garantie à 100 %. Mais je crois que lorsque des musulmans habitent une ville, c'est mieux qu'il y ait un lieu de prière.»

«Dans tous les cas, l'isolement est négatif», fait remarquer Abdoulaye Souley, vice-président du Centre culturel musulman de Shawinigan.

«Quand il y a une communauté autour, on peut se conseiller et s'entraider. La mosquée est faite pour ça. On y va tous les jours! Quand on passe deux jours sans voir quelqu'un qui a l'habitude de venir, on prend le téléphone.»

À la Sûreté du Québec, Annie Thibodeau, responsable des relations médias, n'a retracé aucun appel particulier relié à la nouvelle mosquée au cours de la dernière année.

«Nous n'avons eu aucune intervention, aucun appel sur le plan criminel ou de demande d'enquête en lien avec cette adresse», commente-t-elle.

«Sur le plan de la prévention, le sergent Francis Trudel, responsable des relations communautaires pour le poste de Shawinigan, est allé dans les premiers jours de l'ouverture de la mosquée», ajoute-t-elle.

«C'était une rencontre de courtoisie et il avait été très, très bien accueilli. Il avait expliqué notre mandat et les avait invités à ne pas hésiter à nous appeler au besoin.»

À la recherche de réactions

Les deux porte-parole observent que chaque attentat revendiqué par le groupe État islamique ou autre Boko Haram de ce monde provoque des appels de médias qui veulent obtenir des réactions.

Des demandes d'entrevues refusées systématiquement, parce que l'islam pratiqué au Centre culturel musulman de Shawinigan ne porte pas la signature terroriste, martèlent-ils. Cette petite communauté préfère vaquer à ses affaires sans lever de poussière.

«Les gens avec qui on vit, avec qui on travaille, comprennent que ce n'est pas nous», partage M. Souley.

«Eux aussi trouvent malheureux que des médias nous appellent pour des événements qui se sont passés en France ou en Belgique. Ça arrive à tous les jours à travers le monde; on n'a pas à répondre à ça. Nous trouvons aussi ça malheureux. On condamne toute forme de violence.»

«Les médias décident la direction du vent», image le vice-président du Centre culturel musulman de Shawinigan. 

«Le membre de notre communauté est comme n'importe qui: il aspire à élever sa famille, à aller travailler, à mettre du pain et du beurre sur la table. Il ne pense pas à faire du mal.»

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