Pas d'élections scolaires jumelées au scrutin municipal

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Même si le premier ministre du Québec a exprimé un préjugé favorable à cette solution en fin de semaine dernière, le conseil de Shawinigan s'oppose au jumelage des élections scolaires avec celles des municipalités en 2017.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Même si le premier ministre du Québec a exprimé un préjugé favorable à cette solution en fin de semaine dernière, le conseil de Shawinigan s'oppose au jumelage des élections scolaires avec celles des municipalités en 2017.

Les élus ont exprimé cette position dans le cadre de l'adoption d'une résolution d'appui à la Commission scolaire de l'Énergie, mardi soir en assemblée publique.

En fait, le conseil municipal de Shawinigan souhaite le maintien de ce palier de gouvernement. Mais il rejette clairement l'idée d'organiser deux élections en même temps.

Dans sa résolution, la Ville de Shawinigan «appuie la démarche de la CS de l'Énergie auprès du ministre de l'Éducation du Québec afin qu'il favorise le maintien des élections scolaires», mais elle «demande au gouvernement du Québec de rejeter l'idée de la simultanéité des élections municipales et scolaires».

Elle souhaite aussi que le gouvernement provincial développe «d'autres solutions pour remédier à la problématique du faible taux de participation aux élections scolaires.»

Samedi dernier, dans son bilan de mi-mandat, Philippe Couillard confiait à La Presse que non seulement il envisageait le maintien des élections scolaires, mais qu'il verrait très bien l'organisation de ce scrutin en même temps que les municipalités.

Cette proposition, déjà appliquée en Ontario, a maintes fois été avancée au cours des dernières années pour stimuler l'intérêt de la population aux élections scolaires, aux prises avec des taux de participation rachitiques de 5 % du côté francophone.

Une mauvaise idée, plaide le maire de Shawinigan, Michel Angers. «Nous avons eu cette discussion à l'Union des municipalités du Québec», explique-t-il.

«La commission scolaire est un partenaire important pour nous, dans toutes sortes de domaines. On croit encore à l'élection de commissaires. Ce qu'on ne veut pas, c'est diluer notre propre élection.»

En fait, M. Angers craint que la confusion s'installe chez les électeurs et qu'au bout du compte, ils se désintéressent de ce double rendez-vous démocratique.

«Le danger serait qu'on multiplie les candidatures pendant la campagne électorale», croit-il. «On peut mêler la population. On considère donc que chaque institution doive faire sa propre campagne électorale, sa propre promotion. Si ça fonctionne moins, ce n'est pas en diluant une campagne électorale qu'on va améliorer les choses, au contraire.»

«C'est comme si on demandait au gouvernement qu'on fasse notre élection en même temps que le fédéral. Peut-être que de cette façon, notre taux de participation grimperait à 70 % ou 75 %! Faudrait-il voter pour le député, le maire et le conseiller en même temps?

C'est cette logique qui est en cause. Nous avons quatre institutions démocratiques différentes: fédéral, provincial, municipal et scolaire. Je pense qu'il faut établir une distinction. Les commissions scolaires doivent faire leurs propres campagnes, parler de leurs propres enjeux.»

Dans le préambule de la résolution, le conseil municipal insiste sur l'importance de maintenir les élections scolaires, compte tenu notamment de l'intensification du partenariat entre la Ville et la CS de l'Énergie. Un appui apprécié par le président de cette commission scolaire, Jean-Yves Laforest. Il reconnaît qu'un support équivalent pour le scrutin était souhaité, même s'il comprend qu'il s'agit d'une position de l'UMQ.

«C'est sûr qu'on souhaite que les villes nous appuient dans le principe de l'élection scolaire et municipale simultanée», convient-il.

«Mais d'abord, on voulait un appui à la démocratie scolaire et Shawinigan vient de le faire avec sa résolution. On est bien heureux de ça.»

«Quant à l'autre principe, on le souhaite encore», ajoute M. Laforest. «Nous savons que des municipalités nous appuient pour la simultanéité des élections. On pense qu'il y aurait beaucoup d'avantages, tant pour le taux de participation que pour l'intérêt des citoyens à la chose scolaire. Ça enverrait le message que le gouvernement se préoccupe autant de l'éducation que des dossiers municipaux. C'est sûr qu'on aurait préféré un appui complet de Shawinigan, mais le plus important, c'est de préserver la démocratie scolaire.»

CPE

Lors de la même assemblée publique, les élus de Shawinigan ont tenu à manifester leur appui dans un autre dossier chaud, celui du financement pour les services de garde éducatifs.

La Ville souhaite la consolidation des centres de la petite enfance «pour maintenir l'égalité des chances, la qualité des services aux enfants et à leur famille et préserver des milliers d'emplois.»

À noter que la conseillère du district Almaville, Josette Allard-Gignac, s'est retirée des délibérations et du vote pour l'adoption de cette résolution, puisqu'elle travaille comme directrice du CPE Le Pipandor.

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