Nicolas Duvernois: un pur modèle d'acharnement

L'histoire de Nicolas Duvernois peut ressembler à celle... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'histoire de Nicolas Duvernois peut ressembler à celle de bien des entrepreneurs, mais il raconte la sienne avec une verve peu commune.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'une des coqueluches de l'heure dans le monde de l'entrepreneuriat a gardé environ 80 membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan sur le bout de leur chaise, mercredi matin, dans le cadre d'un déjeuner - conférence organisé à l'Auberge Gouverneur.

Charismatique, drôle, passionné et humble, Nicolas Duvernois est venu partager son invraisemblable parcours vers la création de la meilleure vodka au monde, un récit qui ne peut que donner espoir à l'entrepreneur qui s'arrache les cheveux de la tête en souhaitant la concrétisation de son rêve.

L'histoire de ce touche-à-tout féru de basket-ball séduit partout où il passe. Sa toute première conférence, il l'avait donnée devant quelque 300 membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Trois-Rivières, en septembre 2013.

«Ils m'avaient approché parce qu'ils avaient vu un article dans un journal», se remémore-t-il. «Ils m'avaient demandé si j'avais envie de la raconter. J'ai dit OK, parfait. Mais il y avait 300 personnes et j'étais terrorisé!»

À sa première visite à vie à Shawinigan, il a dégagé une belle assurance. Il convient qu'il a pris goût à l'exercice. «Ça pourrait être l'histoire de n'importe quel entrepreneur», fait-il remarquer.

«J'aime parler, je ne suis pas gêné. Ça fait 120 fois que je fais la conférence, alors je suis maintenant beaucoup plus à l'aise. C'est comme tout: on est en perpétuel apprentissage, dans la vie. Quand on est passionné, on peut parler pendant une heure de n'importe quoi!»

Même si la conférence s'est un peu étirée, personne n'a quitté son siège avant la fin. Le parterre était envoûté par l'enthousiasme contagieux et la touche d'autodérision de l'homme d'affaires de 35 ans.

Nicolas Duvernois a ainsi raconté comment PUR Vodka avait pu être primée meilleur produit au monde avant même qu'une seule bouteille ait été vendue.

La Société des alcools du Québec venait de lui refuser le privilège d'accueillir cette marque sur ses tablettes et de guerre lasse, il avait décidé de s'inscrire au World Vodka Masters de Londres.

Dans la fiche d'inscription, il avait mentionné avoir vendu 10 800 bouteilles dans la dernière année, ce qui correspondait plutôt au nombre d'unités embouteillées... mais qui ne pouvaient toujours pas être distribuées.

Le reste appartient à l'histoire : le 1er décembre 2009, il reçoit un appel qui lui confirme que PUR Vodka remporte le premier prix. Son chien, Roméo, est le premier témoin de son explosion d'incrédulité.

Quelques années plus tard, il le récompensera en associant son nom au premier gin de l'entreprise, qui se retrouvera sur les tablettes des SAQ à travers le Québec au printemps après avoir écoulé 8000 bouteilles en quelques jours en décembre.

Persévérance

Avant d'en arriver à cette consécration, M. Duvernois s'est perdu dans les méandres de son identité professionnelle, entre un travail de concierge à l'hôpital Sainte-Justine et le lancement d'un restaurant qui ne lui attirait que des ennuis.

Avant de trouver l'idée qui allait le lancer en apesanteur, il en a exploré une kyrielle. «J'ai un doctorat en début de plans d'affaires!», s'esclaffe-t-il.

Dans son restaurant, il a pris conscience de la popularité de la vodka. Un jour, il s'informe de la disponibilité d'une marque québécoise de cette eau-de-vie à un employé de la Société des alcools. Or, il apprend que ce qu'il cherche n'existe pas. Une étrange sensation l'envahit aussitôt.

«C'est comme si je venais de voir la Sainte Vierge à la SAQ!»

Les institutions financières ne croient pas en lui, jusqu'à ce que son insistance fasse plier Desjardins, «par pitié», détecte-t-il. 

Il finit par entrer en contact avec un grand distillateur et lui explique qu'il veut que sa vodka goûte la pureté. Après quatre ans et demi de labeurs, les papilles de Nicolas Duvernois entrent finalement en contact avec le nirvana. C'était le 24e échantillon de vodka sur un palette de dégustation qui en comptait 26.

En janvier 2010, la première bouteille de PUR Vodka est vendue à Montréal. Depuis, ce produit a été décoré de 43 prix internationaux, dont quatre fois le titre de meilleure vodka au monde. «Un entrepreneur, c'est un créateur de fierté», image-t-il.

Or, le meilleur conseil qu'il peut donner à ceux qui osent, c'est de toujours être à l'affût. Pour illustrer son propos, il raconte que la recette de son nouveau gin provient des mêmes ingrédients qu'une soupe qui avait complètement déstabilisé sa conjointe dans un restaurant: concombre, aneth, lavande, amande et citron. «Ça goûtait la fraîcheur!», résume-t-il.

«Il n'y a pas de bon ou de mauvais moment pour avoir une idée. C'est ce qu'on en fait qui est important.»

«L'entrepreneuriat, ce n'est pas une carrière, c'est une vie», philosophe-t-il. «C'est 24 heures sur 24.»

L'agenda de Nicolas Duvernois prévoit une cinquantaine de conférences en 2016. «Je suis presque devenu un produit pour ma propre entreprise!», sourit-il.

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