L'APL souhaite plus d'argent de la Ville

Les coûts d'aménagement d'un égout sanitaire autour du... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Les coûts d'aménagement d'un égout sanitaire autour du lac à la Tortue sont évalués à 9 587 332 $ pour les citoyens de Shawinigan.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) S'il existe une déception dans le projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue, elle touche l'implication financière de la Ville de Shawinigan.

Plusieurs commentaires en ce sens avaient été émis lors de la soirée d'information du 7 mars et les réponses du maire, Michel Angers, n'ont visiblement pas convaincu les citoyens.

L'Association pour la protection du lac à la Tortue enverra donc une lettre au conseil municipal au cours des prochains jours pour demander une contribution plus significative.

Rappelons que les coûts d'aménagement d'un égout sanitaire sont évalués à 9 587 332 $ pour les citoyens de Shawinigan. À l'origine, ce montant devait être entièrement financé par les résidents des 1008 unités concernées.

L'APL a cependant réussi à convaincre l'administration municipale de répartir les coûts d'asphaltage à l'ensemble des contribuables de la ville, soulageant ainsi les riverains d'un montant de 842 146 $.

Un bel effort, qui reste cependant insuffisant, martèle Claude Vaugeois, président de l'APL.

«L'investissement de la Ville dans ce projet constitue une grosse déception», reconnaît-il. «Il y a toujours un sentiment d'iniquité.»

M. Vaugeois estime que la Ville pourrait assumer également les coûts des fondations de l'avenue du Tour-du-lac. Même si les techniques ont sans doute changé depuis son aménagement, on ne peut prétendre qu'il s'agira d'une toute nouvelle structure de voirie, comme on ne pouvait prétendre qu'il s'agira d'une nouvelle route, insiste-t-il.

Dans un monde idéal, l'APL souhaiterait que l'ensemble des contribuables de Shawinigan supportent 20 % de la part du projet réservé à la Ville. Il s'agirait donc d'un investissement de 1,9 million $.

Le conseil municipal s'est déjà engagé pour un peu plus de 840 000 $ pour la route, de sorte qu'il manquerait environ 1,1 million $ pour satisfaire entièrement l'APL.

«Je ne pense pas que les politiciens déterminent les pourcentages», avance le porte-parole. «Ça vient probablement de recommandations de fonctionnaires et on dirait parfois que certains ont en grippe le secteur de Lac-à-la-Tortue.»

«C'est normal qu'on paye pour un service qu'on n'a jamais eu», comprend M. Vaugeois, en parlant du réseau d'égout.

«Mais les gens qui ont signé la pétition pour la défusion voulaient surtout manifester leur mécontentement des investissements de la Ville pour le secteur Lac-à-la-Tortue. Ils disent qu'ils paient des taxes et qu'ils n'ont pas de retour.»

Effectivement, François Bonenfant, l'un des responsables de la pétition, entend beaucoup de commentaires ces jours-ci au sujet de l'effort de la Ville.

«Des gens m'appellent pour me dire que si Shawinigan ne paie pas, ils vont signer le registre», rapporte-t-il.

«Ils disent qu'on ne fait que payer pour Shawinigan depuis 15 ans. Nous avons payé pour la 5e Rue, pour tous les développements... Je sens qu'il y a un mouvement qui se dessine. On n'a jamais rien eu de Shawinigan !

Ils veulent qu'on fasse partie de la ville, ils ne veulent pas qu'on s'en aille, mais ils ne veulent pas payer. Pourtant, on paye des taxes comme les autres. Si la Ville ne veut pas payer, ce serait la preuve qu'elle ne fonctionne pas.»

M. Bonenfant affirme n'avoir reçu encore aucun suivi de la rencontre avec le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, le 23 février.

Il se demande si l'issue du fameux registre sur le projet d'assainissement des eaux usées ne dictera pas la suite des événements pour la demande de défusion.

Questionné sur le même sujet, la direction des communications du MAMOT répète simplement que «le cadre législatif actuel ne permet pas de constituer une nouvelle municipalité à partir du territoire d'une municipalité existante».

Le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin, entend surtout des gens qui souhaitent que la pétition sur la défusion ne nuira pas à la réalisation de l'investissement de 40,2 millions $. Il reconnaît quand même que des citoyens lui mentionnent qu'ils apprécieraient une contribution plus significative de la Ville dans ce projet.

«Pour tout nouveau développement, une taxe de secteur s'applique», rappelle-t-il. «C'est ce qui se produit pour les égouts et au moins, nous mettons l'asphalte sur la taxe générale parce que ça existait déjà. Je me suis débattu pour ça. Mais pour le reste, c'est une question d'équité. Si on le fait une fois...»

M. Vaugeois ne s'attend pas à ce que le mécontentement augmente au point de mettre le projet en danger lors du registre consultatif des 3 et 4 avril. M. Asselin partage son avis.

«Mais on ne prend rien pour acquis», précise le président de l'APL.

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