Installations septiques autour du lac à la Tortue: des équipements usés

Michel Angers a rediscuté du dossier des installations... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Michel Angers a rediscuté du dossier des installations septiques autour du lac à la Tortue, mardi soir, en séance du conseil de Shawinigan.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Si vous faites partie des rares propriétaires prévoyants qui ont changé leur champ d'épuration ou leur fosse septique depuis cinq ans, vous devrez payer en double si le projet d'assainissement des eaux autour du lac à la Tortue est accepté.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, reconnaît qu'aucune mesure spéciale n'est envisagée pour dédommager les riverains soucieux de l'environnement qui n'ont pas attendu la confirmation des subventions gouvernementales avant de rendre leurs installations conformes.

En fait, la loi de la majorité favorise cette orientation. Selon un inventaire rendu public par la Ville de Shawinigan lundi soir, seulement 2 % des systèmes de traitement autour du lac à la Tortue étaient installés depuis moins de cinq ans.

La très forte majorité des riverains, précisément 79 %, se débrouillent avec une fosse septique et un champ d'épuration en place depuis plus de 16 ans.

Claude Larocque, directeur des services techniques à la Ville de Shawinigan, rappelle que ces systèmes demeurent vraiment efficaces sur une période de 15 à 20 ans.

Pour la plupart des propriétaires, l'aide financière de 26,8 millions $ de Québec et d'Ottawa sur un projet de 40,2 millions $ ne pouvait donc mieux tomber.

Plutôt que payer pour un nouveau champ d'épuration ou un système de traitement secondaire avancé dont la facture peut atteindre 40 000 $, ils n'ont qu'à accepter le projet d'égout municipal, dont la facture variera entre 10 000 $ et 14 000 $, selon le type de branchement requis.

Pour ceux qui venaient d'investir au moins 10 000 $ pour changer leur fosse septique ou modifier leur champ d'épuration, la pilule passe plus difficilement.

Lundi soir, des citoyens se sont d'ailleurs demandés si la Ville ne pouvait pas envisager un crédit quelconque pour alléger la facture des égouts dans ce cas précis, mais M. Angers n'a montré aucune ouverture.

Serge Ayotte, résident d'Hérouxville, a soulevé cet enjeu. «Je comprends la partie communautaire, mais ne devrait-on pas bénéficier d'une exonération minimale quand nous avons rendu nos fosses conformes ou remplacé notre champ d'épuration? Bien sûr, la valeur de nos maisons va augmenter, mais quand on l'habite, ça nous coûte simplement plus cher de taxes!»

M. Angers rappelle que la Ville de Shawinigan a fait preuve d'une très grande tolérance au cours des dernières années afin de ne pas forcer inutilement les riverains à remplacer leurs installations alors que se dessinait l'aboutissement d'un investissement attendu depuis une quarantaine d'années.

«Si on donne une compensation à ceux qui ont changé leur système depuis cinq ans ou moins, elle sera transférée aux autres citoyens», fait remarquer le maire de Shawinigan. «Quand on sait que près de 80 % ont des installations de plus de 16 ans, nous avons pris une décision en fonction de la majorité.»

«La durée d'un réseau d'égout sera nettement supérieure», ajoute le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson. «À long terme, vous serez gagnant. Je comprends que ce soit frustrant quand on vient de faire son champ d'épuration, mais la décision d'attendre ou pas reste personnelle. Pensez à ce que les égouts vont apporter au lac à long terme!»

En entrevue, M. Angers refuse d'interpréter cette décision comme un cadeau pour les propriétaires qui sont demeurés passifs par rapport à ceux qui se sont assurés de l'efficacité de leur système de traitement.

«On ne peut pas dire qu'on récompense ceux qui ont été négligents», corrige-t-il. «Des gens ont été obligés, par nous et par le ministère de l'Environnement, à se mettre conformes à la suite de plaintes. Il n'y avait pas beaucoup de fosses septiques qui ont été récemment reconstruites. C'est un choix qui a été fait. Nous avons vérifié ce qui s'était fait ailleurs et à un moment donné, il faut tracer une ligne.»

De toute façon, le maire mentionne que des installations plus récentes nécessiteront des investissements majeurs d'ici douze à quinze ans, de sorte qu'à long terme, un réseau d'égout public s'avérera inévitablement plus avantageux.

L'ex-maire Bernard Cayouette est déçu que des secteurs soient exclus du projet

Spectateurs très attentif lors de la présentation du projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue lundi soir à Espace Shawinigan, Bernard Cayouette se désole de constater que les secteurs de la Forteresse et du lac Lafontaine soient exclus du projet sans même que les citoyens aient pu juger des coûts supplémentaires que ces prolongements auraient entraînés.

L'ex-maire et ancien conseiller municipal du district des Boisés croit toutefois que la population appuiera le projet.

M. Cayouette s'est impliqué dans ce dossier pendant une vingtaine d'années. Lundi soir, il assistait à la présentation et aux interventions des citoyens en constatant que jamais ce fameux réseau d'égout n'avait été aussi près de se réaliser. Mais tant qu'à toucher au but, il se demande pourquoi la Ville a sacrifié deux portions du plan prévu à l'origine.

L'estimation réalisée en 2012 par la firme Pluritec établissait les coûts du projet à 55,1 millions $. L'an dernier, Québec et Ottawa ont accepté de subventionner aux deux tiers un projet réduit à 40,2 millions $ qui soustrayait les secteurs du lac Lafontaine et de la Forteresse.

«Je suis un peu déçu», commente M. Cayouette. «Je pensais que les secteurs de la Forteresse et du lac Lafontaine seraient inclus. Quand nous étions allés déposer le rapport à Québec au moment où j'étais conseiller, nous avions mis la priorité sur toute (l'ancienne) municipalité. Ce n'est plus que la ceinture du lac et le village.»

Cette décision exclut environ 400 citoyens du projet, dont M. Cayouette qui habite le secteur de la Forteresse. Il aurait aimé, à tout le moins, que la Ville présente le coût par propriété en incluant les deux secteurs prévus initialement afin que les citoyens se fassent une idée par eux-mêmes.

Présent à l'assemblée, le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, a toutefois mentionné que l'hypothèse d'une desserte complète n'était pas abandonnée pour toujours.

Il répondait alors à Marc Brunelle, un résident du secteur de la Forteresse depuis une vingtaine d'années qui ne s'attendait certainement pas à être mis de côté si près du but.

«Une fois que le tuyau passe, il pourrait se connecter à d'autres résidences éventuellement», fait remarquer M. Giguère. Mais à quel coût la prochaine fois, se demande M. Cayouette?

En attendant, le maire de Shawinigan, Michel Angers, souligne que certaines rues écartées du projet pour le moment pourraient s'ajouter si elles peuvent entrer dans l'enveloppe de 40,2 millions $. Mais pas question de défoncer ce budget, puisque les dépassements seront assumés par les résidents du secteur.

«Les coûts sont très abordables comparativement à ce qui était élaboré dans le passé», reconnaît M. Cayouette. «Je pense que les citoyens vont accepter. Ils ne peuvent pas refuser ça !»

L'actuel conseiller du district des Boisés, Martin Asselin, détecte aussi une brise favorable.

«J'ai un très bon pressentiment», indique-t-il. «Depuis le temps que les gens attendent et compte tenu de la participation à l'assemblée, je crois que le message est bien passé. Il ne nous reste plus qu'à attendre la réponse !»

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