Shawinigan doit verser près de 1,8 million $ à Continental

Les automobilistes et les commerçants n'ont certainement pas... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste.)

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Les automobilistes et les commerçants n'ont certainement pas oublié les travaux de réfection du boulevard des Hêtres en 2011, qui avaient duré onze mois de plus que prévu

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'interminable saga des travaux de réfection du boulevard des Hêtres, à Shawinigan, s'est finalement conclue sur une note salée mardi soir, en assemblée publique.

Près de quatre ans après le dépôt de la requête de l'entrepreneur général, la Ville doit signer un chèque de 1 778 172,31 $ à Continental, une division de construction DJL.

Le maire, Michel Angers, n'avait pas tellement le goût de rigoler en expliquant à la vingtaine de personnes présentes le cheminement qui a mené à ce règlement hors cour. Le début du procès était prévu le 7 mars, au palais de justice de Montréal.

Cette histoire remonte à l'été 2010, alors que la Ville de Shawinigan confie le contrat de réaménagement du boulevard des Hêtres à Continental. Sa proposition s'établit à 5,481 millions $ lors du processus d'appel d'offres, pour un total de 6,1 millions $ en incluant les taxes. Le conseil municipal y voit une bonne affaire, puisqu'il avait prévu un budget de 7,95 millions $, dont 7,6 millions $ spécifiquement pour la réalisation des travaux.

Or, ce chantier s'est déroulé sur un fond de controverse. Autant l'entrepreneur général que les firmes de consultants ont dénoncé un nombre incalculable de changements imposés par la Ville de Shawinigan, dans des délais extrêmement serrés.

Dans sa requête introductive d'instance déposée le 30 mai 2012, l'entreprise souligne la «quantité anormale de modifications, de directives de changement (plus d'une centaine) et de travaux supplémentaires commandés en régie contrôlée, bien souvent dans une séquence préjudiciable, tardivement ou à contretemps».

Continental réclame alors 2 422 207 $, plus taxes et intérêts, pour des travaux impayés, des paiements en retard et les préjudices subis.

Prévue en décembre 2010, la fin des travaux s'est finalement pointée onze mois plus tard. Même que des corrections autour de certains trous d'hommes devraient être enfin apportées l'été prochain.

En assemblée publique, M. Angers a mentionné qu'il ne s'agissait pas d'un contrat très compliqué en principe, puisqu'il fallait simplement refaire le boulevard des Hêtres entre Biermans et la 25e Rue. Mais une centaine de directives de changement plus tard, les coûts atteignaient près de 10,5 millions $, une invraisemblance pour le maire de Shawinigan.

Compte tenu des intérêts, la Ville estimait qu'un jugement défavorable lui aurait coûté au moins 3,1 millions $. À près de 1,8 million $, le conseil municipal a jugé que le temps était venu de mettre un point à cette saga.

«C'est la fin de cette histoire d'horreur», se console le maire.

Une résolution confirmant cette transaction et quittance avait été adoptée le 12 janvier, mais le règlement d'emprunt de 1,762 million $ a été voté mardi soir. Il est légèrement moins élevé que l'entente de 1,778 million $, parce qu'il tient compte de l'habituel retour de taxes du gouvernement du Québec.

Plus de 2 millions $

Rappelons qu'en juin 2014, le consortium Groupe S.M. International et les Consultants Mesar avait également obtenu un règlement hors cour dans le même dossier, au montant de 375 000 $. Les péripéties du boulevard des Hêtres ont donc coûté plus de deux millions de dollars supplémentaires aux contribuables.

«Je ne dis pas que nous étions blancs comme neige», reconnaît M. Angers. «Nous avons été pressés par le temps. Mais dans ce cas, ça a été compliqué à partir du début.»

«Pendant cette période, il y avait une pratique selon laquelle dans tous les contrats qui étaient donnés, il y avait de fameux extras. On commençait avec un montant et ça montait tout le temps. Nous avons accepté 105 directives de changement!»

Le maire croit que dans le contexte d'aujourd'hui, une dérive semblable ne pourrait plus se produire.

«Nous avons entendu des histoires comme ça partout à travers le Québec», fait-il remarquer. 

«La Commission Charbonneau est arrivée et, par magie probablement, on se retrouve maintenant sous les estimations.»

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