Refoulement d'égouts à Shawinigan en 2015: l'anxiété n'a pas quitté les citoyens

Des citoyens du boulevard des Laurentides sont toujours... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Des citoyens du boulevard des Laurentides sont toujours angoissés par le refoulement d'égout du 12 avril 2015. Parmi eux, on compte Laurent Cossette, Jacques Pleau, Richard Decelles, Ginette Veillette, Louise Gauthier-Marchand et Claude Grenier.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La date du 10 janvier 2016 ne représente déjà plus qu'un vague souvenir pour la majorité des gens, mais pas pour Laurent Cossette. Ce jour-là, il pleuvait à boire debout dans la région, au point où ce résident du boulevard des Laurentides, à Shawinigan, s'est demandé s'il ne s'apprêtait pas à revivre le cauchemar du printemps dernier.

À ce moment, une vingtaine de résidences avaient subi des dommages considérables en raison du ruissellement provoqué par la fonte des neiges. Un fossé mal drainé avait entraîné des dommages estimés à environ un demi-million de dollars par les sinistrés, non seulement en pertes matérielles, mais aussi de revenus.

Le boulevard des Laurentides ne possède pas d'égout pluvial, de sorte que l'eau s'accumule dans le réseau sanitaire... jusque dans les maisons.

Depuis ce cauchemar, la moindre averse évoque de mauvais souvenirs. Le 10 janvier, M. Cossette n'a pas passé une très belle journée.

«Y avez-vous pensé ?», demande-t-il spontanément à ses voisins, réunis dans une salle de conférence située au sous-sol du domicile de Claude Grenier et Sylvie Bureau. Le 12 avril 2015, le même endroit était noyé par un débordement d'égout.

«Il y avait une pluie torrentielle, la neige fondait... Avez-vous vu un camion de la Ville pendant la journée ?», reprend M. Cossette. «Ils nous ont dit que s'il y avait des risques, ils viendraient surveiller régulièrement...»

La Ville de Shawinigan avait été sévèrement blâmée par les citoyens pour avoir tardé à se présenter dans ce secteur, le 11 avril 2015, afin de déboucher le fameux fossé. Lorsqu'une excavatrice s'est finalement présentée sur les lieux, le mal était fait.

L'an dernier, la Ville a creusé le fossé le long de ses champs, ce qui semble avoir amélioré la situation. Mais à l'autre extrémité, un ruisseau paraît encore obstrué par la végétation. Certains résidents se croient donc toujours vulnérables à une saute d'humeur de Dame Nature.

«Dans la vie, tu veux ou tu ne veux pas faire quelque chose», soupire M. Cossette. «Quand tu veux, tu prends les moyens pour le faire...»

Même si la neige ne s'est pas autant accumulée que l'an dernier, des résidents s'imaginent déjà les pires scénarios lorsque s'amorcera le dégel.

En fait, M. Grenier confie sans ambages qu'il sort dehors pour uriner lors de fortes pluies, afin d'éviter d'actionner la chasse d'eau de sa toilette et ainsi, donner une fenêtre à la montée du liquide indésirable ! Quand il part pour quelques jours à l'extérieur, il téléphone chez un voisin pour être rassuré sur les conséquences d'une averse annoncée. Des exemples qui illustrent le degré d'anxiété chez ces résidents.

«Ça crée de l'angoisse, du stress, la perte du sommeil», énumère M. Grenier. «Tout le monde est affecté !»

Les citoyens se demandent encore si les travaux de correction réalisés en 2003 n'ont finalement pas empiré la situation, en raison de la configuration des lieux. Dans un monde idéal, la Ville en aurait profité pour installer un égout pluvial, plutôt que de simples puisards surplombant le réseau sanitaire.

«Ça me coûte 500 $ de plus en assurances par année pour un problème que la Ville connaît !», se désole Jacques Pleau. «Les taxes augmentent, les assurances augmentent, mais la valeur de nos maisons baisse...»

Communication déficiente

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a rencontré les citoyens à deux reprises depuis cette déveine. À chaque fois, il laisse une bonne impression, mais les résidents s'attendent à un peu plus.

Par exemple, après la réunion du 18 décembre à l'hôtel de ville, les participants devaient recevoir un résumé de la rencontre. Ce document devait notamment inclure les engagements de la Ville pour remédier aux risques de refoulement d'égout dans le secteur. Une preuve écrite très précieuse pour Louise Gauthier-Marchand, qui tente de vendre sa maison dans ce contexte pour le moins désavantageux.

Plus d'un mois s'est écoulé depuis cette rencontre et les citoyens n'ont toujours rien reçu. Ce genre d'oubli ajoute à leur insécurité.

«J'aime les gens polis, mais j'aime aussi ceux qui bougent!», laisse tomber la dame.

«Le maire a l'air de vouloir tenir parole», détecte M. Pleau. «Il a une attitude très constructive et positive... mais nous n'avons jamais d'écrit.»

«On n'a pas beaucoup de retours d'appels de l'hôtel de ville», ajoute M. Grenier. «On a de la misère à avoir une bonne communication. Le printemps s'en vient ; c'est inquiétant. Il ne faut pas que ça recommence. Nous avons toujours été polis, il n'y a jamais eu d'esclandre, mais il faut aller au-delà de la parole.»

Michel Angers se fait rassurant

Le conseil municipal de Shawinigan a prévu un investissement de 357 000 $ dans son dernier programme triennal d'immobilisations pour régler le problème d'accumulation des eaux sur le boulevard des Laurentides et le maire, Michel Angers, assure que les travaux appropriés seront réalisés cette année. Même que, selon lui, les manoeuvres déjà effectuées pour débloquer le fossé maudit anéantissent tout danger de refoulement pour le printemps.

«Il y avait deux étapes», explique-t-il. «Nous avons dévié le fossé pour qu'il passe sur notre terrain, donc nous pourrons nous en occuper. La deuxième étape, c'est de faire des détournements vers des égouts pluviaux, afin que l'eau de pluie emprunte un canal différent.»

«Ça va se faire en 2016», confirme le maire. «J'ai rencontré les citoyens pour leur garantir; c'est inscrit au PTI. C'est sûr que ce sera fait l'été prochain, parce qu'une pluie abondante peut encore causer des problèmes.»

M. Angers confie que la fonte du printemps sera suivie de très près dans ce secteur cette année.

«On va surveiller», indique-t-il. «On va s'assurer que l'eau s'écoule. De toute façon, l'eau ne pourra pas monter, parce que notre canal est prévu pour ça et nous allons le surveiller. Si ça bouche à cause de la glace ou de n'importe quelle raison, nous aurons ça à l'oeil. Le printemps, pour nous, n'est pas une inquiétude. Notre inquiétude, c'est au cas où il surviendrait une pluie diluvienne en plein été. Ça peut arriver, mais c'est pour ça qu'on va faire des travaux.»

François St-Onge, directeur des communications à la Ville de Shawinigan, précise que l'administration municipale s'est engagée auprès des citoyens à refaire le fossé le long des terres et à aménager un égout pluvial.

Pour travailler dans le ruisseau qui longe le quartier toutefois, il faut obtenir un certificat d'autorisation du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. La Ville ne dit pas non, mais elle n'a pas encore statué sur la nécessité de cette opération.

Du côté du MDDELCC, Stéphanie Lemieux, porte-parole régionale, confirme des «échanges» avec la Ville de Shawinigan pour des travaux sur l'égout sanitaire et l'aménagement d'un réseau pluvial, mais aucune demande de certificat d'autorisation n'a encore été déposée au ministère à ce jour.

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