Nemaska Lithium: l'ex-Laurentide et nulle part ailleurs

L'ancienne papeterie Laurentide de Shawinigan.... (François Gervais)

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L'ancienne papeterie Laurentide de Shawinigan.

François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La direction de Nemaska Lithium reconnaît sans peine que la compagnie n'a pas informé autant la population de Shawinigan qu'elle l'aurait souhaité jusqu'ici, mais du même souffle, elle sert un sérieux avertissement.

Si la construction d'une usine pilote et de l'unité de production ne peuvent se réaliser sur les terrains de l'ex-papeterie Laurentide, ce projet industriel aboutira dans une autre ville.

Simon Thibault, directeur, responsabilité sociale et environnementale chez Nemaska Lithium, réitère que la présence d'infrastructures de qualité explique la décision de l'entreprise. Cette dernière n'a donc aucun intérêt à construire un nouveau complexe dans le parc industriel à grand gabarit dans le secteur Saint-Georges, tel que le proposent des citoyens du secteur Grand-Mère.

Rappelons qu'une opposition s'est soulevée pour contrer l'adoption d'une modification de zonage pour permettre une exploitation d'industrie lourde dans la même zone où la papeterie Laurentide a existé de 1887 à 2014.

L'usage était toutefois exclusivement réservé à une «industrie de pâte mécanique», d'où la nécessité d'apporter une modification à la grille de spécification pour permettre l'arrivée du producteur de lithium.

«Ce n'est pas compliqué», explique M. Thibault. «La raison pour laquelle on va à Shawinigan, c'est parce qu'on a ce site. Si ce n'est pas ce site, c'est difficile, pour nous, d'envisager aller à Shawinigan.»

En fait, Nemaska Lithium prévoyait un investissement de 310 millions de dollars à Salaberry-de-Valleyfield jusqu'à l'an dernier. La disponibilité de l'ancienne papeterie a chamboulé les plans.

«Si on nous dit que ce ne sera pas dans cette usine, mais ailleurs, eh bien ailleurs, fort probablement que ce ne serait pas à Shawinigan», résume M. Thibault. «On perdrait tous les avantages associés à ce site. Si j'ai à choisir un endroit pour implanter une usine neuve, ce serait sur le bord du fleuve Saint-Laurent, à côté d'un port où je n'aurais pas à faire de transport ferroviaire.»

Nemaska Lithium refait actuellement son étude de faisabilité pour estimer l'investissement nécessaire pour s'établir à Shawinigan. Devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie le 20 janvier, le maire, Michel Angers, parlait d'un projet de quelque 200 millions $.

Manque d'information

En ce qui concerne la tenue de registre prévue le 1er février, M. Thibault partage l'étonnement de toute l'équipe, tout en comprenant les interrogations de la population du secteur concerné.

«Nous sommes conscients que les craintes qui sont exprimées sont dues à un manque d'information», détecte-t-il. «Nous aurions dû organiser des séances d'information plus tôt pour expliquer à quel point notre projet est différent par rapport à ce qui est véhiculé.»

«Nos techniques de procédé sont très respectueuses de l'environnement», ajoute le directeur. «Nous avons remis à jour tous nos procédés pour développer des techniques qui recirculent l'eau, qui n'ont presque pas d'émission atmosphérique. Les rejets sont propres, on respecte tous les critères de rejets applicables.

Nous avons un projet porteur, tant du point de vue économique qu'environnemental. On veut aussi s'inscrire dans la filière d'électrification des transports. Notre objectif n'est clairement pas de faire une usine polluante pour avoir des autos dont l'objectif est de diminuer la pollution! Nous voulons être conséquents dans nos choix.»

M. Thibault explique que ces séances d'information n'ont pas encore été organisées tout simplement parce que Produits forestiers Résolu demeure toujours propriétaire du site.

Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales chez la multinationale, précise que la transaction avec la Ville de Shawinigan devrait être complétée d'ici le 30 janvier. 

«On attend que le dossier se règle entre la Ville et PFR», résume M. Thibault. «Tant qu'on n'est pas propriétaire, on ne peut pas organiser une séance d'information sur un projet. Notre objectif, c'était de rencontrer les gens avant Noël et faire une deuxième rencontre en février ou en mars.»

M. Thibault n'exclut quand même pas la possibilité d'organiser une séance d'information en toute urgence cette semaine ou après la tenue de registre, surtout si le nombre de 68 signatures pour contrer le changement de zonage proposé est atteint.

M. Angers ouvre également la porte à inviter les citoyens à une rencontre, même si, rappelle-t-il, personne ne s'était présenté à l'assemblée publique de consultation le 15 décembre.

«C'est sûr que nous le ferons éventuellement», confirme le maire. «Leur objectif est de se présenter comme investisseurs, d'être de bons citoyens corporatifs, d'expliquer à quoi sert l'hydroxyde de lithium... C'est sûr que les gens sont intéressés.»

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