Tenues de registres à Shawinigan: suspense à Saint-Jean-des-Piles

Le Groupe Terrestria souhaite investir au moins 45... (Sylvain Mayer)

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Le Groupe Terrestria souhaite investir au moins 45 millions de dollars pour la réalisation d'un projet récréotouristique d'inspiration western dans le secteur Saint-Jean-des-Piles, mais une poignée d'opposants pourraient provoquer la tenue d'un référendum.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le développement récréotouristique d'inspiration western à Saint-Jean-des-Piles se retrouve en situation délicate à la suite de la procédure d'enregistrement tenue jeudi, à l'hôtel de ville de Shawinigan.

En effet, 19 signatures ont été recueillies au registre entre 9 h et 19 h, soit le minimum requis pour forcer le conseil municipal à organiser un référendum sur ce projet ou à l'abandonner carrément. Le greffe doit procéder à la vérification de l'une de ces signatures aujourd'hui et le résultat pourrait faire basculer cet investissement de 45 millions $.

Il s'agit d'un nouveau rebondissement pour le Groupe Terrestria, à la grande déception du porte-parole, Jean Cloutier. Présent jeudi soir pour le dévoilement du résultat, il a quitté la salle du conseil municipal en coup de vent.

Autant du côté du promoteur que de la Ville de Shawinigan, tout le monde paraissait convaincu que la rencontre d'information sur ce projet, organisée au centre communautaire de Saint-Jean-des-Piles le 30 novembre, avait convaincu les plus sceptiques.

Pour répondre aux préoccupations soulevées lors de l'assemblée de consultation, le Groupe Terrestria avait accepté d'abandonner sa marina, ce qui semblait paver la voie vers l'acceptation du projet par les personnes qualifiées dans les zones visées, même s'il n'en fallait que 19 pour suspendre l'adoption du projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble.

Me Chantal Doucet, greffière adjointe, a dévoilé le résultat de ce registre vers 19 h 15.

«Nous avons reçu 19 demandes. Toutefois, une vérification juridique doit être faite par rapport à la signature d'une personne qui était mandatée par une société en nom collectif, qui est régie par le Code civil du Québec. À ce stade, il faut faire une vérification avant de savoir si la signature est recevable. Ça a des conséquences importantes, parce qu'on est vraiment sur la ligne.»

La question devrait être tranchée dès aujourd'hui. Mis au courant de cette situation en début de soirée, le maire, Michel Angers, paraissait complètement abasourdi.

«Je ne comprends pas», commente-t-il. «Après avoir fait une rencontre d'information sur un projet de 45 millions $ avec des gens qui pensent qu'on doit trouver des revenus, des perspectives de développement et de la création d'emplois, on nous propose de faire un référendum qui nous coûterait des milliers de dollars.»

«C'est un peu paradoxal, comme message», ajoute-t-il. «On nous dit que les taxes ne doivent pas être trop élevées, qu'il faut créer des emplois et diversifier notre économie. On s'y acharne, on travaille très fort pour ça, on déniche des promoteurs et oups ! Une poignée d'individus décident qu'ils ne veulent pas être dérangés.»

M. Angers convient que mobiliser 19 opposants ne représente pas un très grand défi, mais du même souffle, il se souvient de la fin de l'assemblée d'information du 30 novembre, qui s'était terminée par des applaudissements bien sentis. Selon les informations dont il disposait jeudi, le maire semblait confiant que la fameuse signature ne soit pas valide. Reste que ce suspense lui laisse un goût amer.

«Quand on est obligé de travailler sur un base juridique pour aller de l'avant avec un projet de 45 millions $ et des centaines d'emplois avec de nouvelles attractions, je vous avoue que je suis un peu déboussolé», confie M. Angers.

Si jamais le nombre de signatures est bel et bien atteint, les élus devront décider, lundi, s'ils poussent la consultation en référendum. Le maire ne veut rien présumer, mais ses intentions transpirent dans ses commentaires.

«La question de base, c'est de savoir si on a les moyens de se priver d'un projet de 45 millions de dollars», laisse-t-il tomber.

Ancien karting

De son côté, le mystérieux promoteur qui se cache derrière la construction d'un poste d'essence avec dépanneur, restaurant et immeubles commerciaux et industriels sur l'ancienne piste de karting, dans le secteur Grand-Mère, peut dormir tranquille. Une seule personne a signé le registre jeudi, alors qu'il en fallait 21 pour provoquer un scrutin référendaire ou forcer le conseil municipal à abandonner le changement de zonage nécessaire. En conséquence, le règlement est réputé approuvé par les personnes habiles à voter.

Peggie Lacerte, propriétaire de la station libre-service La Rose des vents tout près de ce secteur, a donc convaincu les opposants qu'elle avait obtenu les assurances nécessaires pour ne plus s'opposer au projet.

Une belle victoire pour elle et pour la Ville de Shawinigan, se réjouit M. Angers. Rappelons que près de dix millions de dollars sont prévus pour l'ensemble des trois phases annoncées lors de l'assemblée de consultation.

«C'est un beau projet et je salue l'initiative de Mme Lacerte, qui a réussi à gagner son point», commente-t-il. «C'est une bonne femme d'affaires qui s'est bien défendue! J'ose espérer que ce projet verra le jour le plus rapidement possible.»

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