«On ne veut rien savoir de Shawinigan»

Des citoyens ont initié une pétition demandant la... (François Gervais)

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Des citoyens ont initié une pétition demandant la défusion du secteur Lac-à-la-Tortue de la ville de Shawinigan. La loi ne permet cependant pas de créer une nouvelle municipalité.

François Gervais

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(Shawinigan) Même si le cadre législatif actuel ne permet pas les défusions municipales, des citoyens de Lac-à-la-Tortue sont décidés à faire bouger les élus. Leur pétition demandant la défusion de ce secteur de Shawinigan compte déjà un peu plus de 1530 noms.

«Nous avons parti la pétition en sachant que les gens étaient frustrés, mais nous ne savions pas que ça serait à ce point», affirme François Bonenfant, l'instigateur avec Claude Garceau de la pétition. «Il n'y a que 200 personnes qui n'ont pas voulu signer.»

Depuis que leur démarche a été rendue publique par des médias, François Bonenfant avoue que plusieurs résidents, temporaires ou permanents, du secteur Lac-à-la-Tortue souhaitent signer la pétition.

Insatisfaits de la ville centre, les deux instigateurs estiment que les résidents de Lac-à-la-Tortue n'ont aucun sentiment d'appartenance envers Shawinigan. Ils dénoncent de plus que les taxes municipales ont plus que doublé depuis la fusion. De plus, ces citoyens se sentent abandonnés par l'administration municipale en place et rares sont les signataires de la pétition à accepter l'harmonisation des noms de rues.

«Les gens [de Lac-à-la-Tortue] n'ont jamais été Shawiniganais», soutient M. Bonenfant. «La fusion a été imposée. Il n'y a pas d'équité entre les secteurs. Et nous n'avons pas de services.»

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a accepté de vérifier la conformité de la pétition des citoyens de Lac-à-la-Tortue et de la déposer à l'Assemblée nationale.

Cette démarche des citoyens pourrait bien être un coup d'épée dans l'eau. L'attaché du ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau, est catégorique. «Le cadre législatif actuel ne permet pas de constituer une municipalité à partir d'une municipalité existante», souligne Jean-Félix Lévesque.

Le processus de défusion mis en place par le gouvernement libéral de Jean Charest à la suite de son élection de 2003 était ponctuel. Il n'est donc plus possible pour une population de demander un référendum sur la création d'une municipalité en fonction de la législation actuelle, soit la Loi sur l'organisation territoriale municipale. Même s'il est considéré pour le moins paternaliste, le vieil adage qui dit que les municipalités sont des créatures de Québec s'applique encore.

«Selon cette loi, il est seulement possible de créer une municipalité à partir d'un territoire non organisé (TNO)», ajoute M. Lévesque.

N'acceptant pas cette réalité, les instigateurs de la pétition estiment que la population doit être écoutée en démocratie. Même si le cadre législatif ne permet pas des défusions, ils souhaitent être entendus par les élus de l'Assemblée nationale. «Si nous sommes en démocratie, le gouvernement se doit d'écouter le peuple», soutient François Bonenfant. «C'est un mariage qui n'est pas heureux. On ne veut rien savoir de Shawinigan.»

De son côté, le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne se formalise pas trop du cri du coeur lancé par les deux instigateurs de la pétition.«Il faut se rappeler quand ça s'est fait et dans quel contexte», souligne-t-il, faisant allusion au débat sur l'harmonisation des noms de rues. «Qu'ils commencent par venir m'expliquer leurs arguments. Les deux moineaux étaient là lors de la dernière séance du conseil municipal et ils n'ont pas dit un mot. Qu'ils viennent me le dire!»

«On travaille assez fort sur plein de dossiers, à Lac-à-la-Tortue comme dans tous les secteurs. Je vais attendre qu'on me fasse un signe, qu'ils déposent leur pétition à l'Assemblée nationale.»

Par ailleurs, Québec est davantage enclin à favoriser les alliances entre les municipalités, les MRC ou les régions plutôt que le contraire. Lors de son allocution au dernier congrès annuel de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) tenu en septembre dernier, le ministre Pierre Moreau a notamment cité en exemple l'Ontario où on retrouve beaucoup moins de municipalités pour une population pourtant bien plus importante.

«Soyons clairs: des fusions forcées, il n'y en aura plus! Mais je vous le dis tout crûment: on ne m'a pas encore expliqué clairement pourquoi l'Ontario, avec ses 12 millions d'habitants, sur un territoire habité qui se compare presque à celui du Québec, compte 400 municipalités, alors que le Québec, avec ses 8 millions d'habitants, en compte 1133», avait alors déclaré le ministre après avoir avoué que les fusions municipales ont permis de réaliser des économies mais ont «laissé un goût amer quant au sentiment d'appartenance», particulièrement dans les régions.

Avec la collaboration de Guy Veillette

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