Services supralocaux: les maires disent non à Shawinigan

Les maires des municipalités visées par l'étude de... (François Gervais)

Agrandir

Les maires des municipalités visées par l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton, dont Luc Dostaler de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et Claude McManus de Saint-Mathieu-du-Parc, étaient réunis hier après-midi pour prendre position dans le dossier des services supralocaux offerts par Shawinigan.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Notre-Dame-du-Mont-Carmel) Si la Ville de Shawinigan souhaite obtenir une juste compensation pour l'utilisation de ses services supralocaux, elle devra ouvrir un dialogue constructif plutôt que s'en remettre à la Commission municipale du Québec. Les maires des neuf municipalités concernées ont décidé, mardi après-midi, qu'ils refuseraient par résolution l'offre de médiation proposée en décembre.

Une rencontre les rassemblait à l'hôtel de ville de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et elle s'est étendue sur deux heures et demie. Visiblement, l'attitude de la Ville de Shawinigan dans ce dossier ne passe pas la rampe depuis le début et mardi, les maires ont convenu de faire connaître leur position officielle d'une seule voix.

Déjà, les conseils municipaux de Saint-Boniface, Hérouxville, Saint-Paulin, Grandes-Piles et Saint-Élie-de-Caxton ont adopté une résolution pour signifier à la Commission municipale du Québec leur désintérêt à participer à cette médiation. Ceux de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Mathieu-du-Parc, Saint-Tite et Saint-Étienne-des-Grès procéderont au début février au plus tard. 

À noter que le maire de Charette, Claude Boulanger, participait aussi à la rencontre mardi après-midi. Il s'agissait d'un geste de solidarité, puisque cette municipalité n'est pas visée par l'étude réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton sur le coût de revient du service de loisirs, culture et vie communautaire de Shawinigan. 

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, a été désigné comme porte-parole par ses pairs après la rencontre. Il n'a pas mâché ses mots pour transmettre l'état d'esprit qui règne autour de la table.

«Ce qui aurait pu être un exercice de négociation de gré à gré tourne à la confrontation avec l'appel à la médiation logé par la Ville de Shawinigan», déplore-t-il. 

M. McManus mentionne que les maires visés ne partagent pas les conclusions de l'étude réalisée par RCGT, «parce qu'ils estiment qu'elle ne tient pas compte du tout de l'environnement socio-économique et de toutes les retombées économiques résultant de l'achalandage à Shawinigan des populations voisines.»

Les maires croient que les gestionnaires municipaux de la région peuvent très bien s'entendre entre eux, d'où leur décision de ne pas participer à la médiation proposée. Selon eux, il faut instaurer une approche d'utilisateur-payeur, ce qui oblige les Municipalités «à offrir les services au coût que les consommateurs sont prêts à payer», tout en évitant de refiler la facture aux gens qui ne peuvent pas ou ne souhaitent utiliser pas ces services. Ils ne ferment pas la porte à une surcharge raisonnable, qui serait gérée entre les Municipalités et leurs citoyens et non imposée à toute la collectivité.

Le maire de Saint-Tite, André Léveillé, endosse sans problème la position de ses collègues, même si son ouverture était saluée par Michel Angers depuis le début de cette saga.

«Nous sommes ouverts à négocier, mais pas avec un ultimatum à un prix aussi fort», nuance-t-il. «On ne paiera pas 1700 $ pour envoyer un jeune jouer au hockey mineur à Shawinigan!»

Le comment

Les maires ne peuvent encore déposer aucune contre-proposition chiffrée qui pourrait correspondre à une compensation qui leur apparaîtrait acceptable. Mais pour eux, difficile d'entreprendre les négociations sur la base de l'étude réalisée par RCGT, selon laquelle il existerait un fossé de 476 000 $ entre les tarifs payés par les résidents de l'extérieur et la valeur des services obtenus à Shawinigan. M. McManus rappelle qu'il s'agit d'un document très complexe, qui nécessitait une étude approfondie bien davantage qu'une réponse précipitée ou une séance de médiation.

«Pour nous, c'est complètement déraisonnable», résume-t-il. «Les montants chargés dépassent l'entendement, tellement qu'on a vu une réaction dans la population. Les gens n'en reviennent pas! Ces coûts représentent une pression sur les organisations municipales pour nous faire passer le blâme et nous, on déplore cette attitude. On aurait souhaité des discussions préalables, avant l'engagement de la firme. On n'en aurait peut-être finalement pas eu besoin!»

Les maires demeurent ouverts à discuter du dossier, bien qu'ils ne puissent cacher une certaine frustration sur la façon dont Shawinigan leur a présenté ses demandes jusqu'à maintenant.

«On ne le cachera pas, ça a créé un certain froid entre les municipalités voisines de Shawinigan», observe M. McManus. «À Saint-Mathieu-du-Parc, nous vivons aussi nos problèmes. Personne (autour de la table) ne peut dire qu'il est riche! On est tous d'accord avec le fait que Shawinigan a besoin d'aide, mais pour avoir de l'aide, il faut qu'on se comprenne, qu'on partage des choses et qu'on collabore ensemble.»

«On est sur des perceptions»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se perd en conjectures en tentant de suivre le raisonnement de ses voisins dans le dossier des services supralocaux.  Dire qu'il est tombé des nues en prenant connaissance du rejet unanime de l'offre de médiation de la Commission municipale du Québec représente un euphémisme.

«Je suis surpris de cette position», soupire-t-il. «Quand ils se sont déplacés ici (le 20 octobre), c'est exactement ce que je leur ai offert, de travailler de gré à gré, de négocier, de prendre le temps. Mais quand ils ont vu l'étude, il y a eu un mouvement de recul et je ne suis pas certain qu'ils ont tous entendu mon appel. Pourtant, combien de fois ai-je dit que nous étions ouverts à la discussion ?»

M. Angers fait remarquer qu'une à une, les Municipalités visées ont fait connaître leur refus à participer à ce nouveau partenariat, ce qui a incité Shawinigan à lancer un appel à la Commission municipale du Québec pour qu'elle organise une médiation.

«Une instance, je le précise, qui est un tiers neutre, objectif, compétent et spécialisé dans le domaine», souligne le maire de Shawinigan. «Ce n'est pas un arbitre, un juge ; c'est un médiateur ! Si les maires ne partagent pas les conclusions de l'étude, c'est parfait : la médiation permet de faire une évaluation. Ils parlent de leur apport économique. Qu'ils viennent le dire à la Commission ! Nous avions un moment rêvé pour nous asseoir. Je ne sais pas de quoi on a peur. J'avoue que je ne comprends pas.»

«Ils ont leur façon de voir les choses, mais peuvent-ils la quantifier ?», questionne-t-il. «Là, on travaille sur des perceptions : celles que les tarifs sont trop chers, que nos coûts indirects ne devraient pas être considérés... On est sur des perceptions, alors que l'approche de la Commission municipale était justement d'enlever ces perceptions et de travailler sur des éléments concrets.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer